Revue de presse Afrique

A la Une: Museveni au Burundi, un petit tour et puis s'en va

Audio 04:23
© AFP/Pius Utomi Ekpei
Par : François-Xavier Freland
10 mn

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Le journal Iwacu parle d'une « course marathon de deux jours », durant laquelle le président ougandais Yoweri Museveni, arrivé mardi à Bujumbura pour jouer les médiateurs, a « rencontré les belligérants dans la crise burundaise ».

Hier en conférence de presse, juste avant son départ, M. Museveni n'a pas annoncé grand chose, à en croire Iwacu, si ce n'est que les partis d'opposition et la société civile ont accepté de négocier. Un premier pas important certes, sauf qu'on est à une semaine de l'élection présidentielle et que le président Nkurunziza ne semble pas décidé à renoncer à un troisième mandat.

Le médiateur n'a pas voulu donner plus de détails sur ses discussions avec les différentes parties, arguant dans une phrase qui restera peut-être célèbre : « On ne peut servir un repas, tant qu'il n'est pas prêt », comme le relève le quotidien burundais Iwacu. Son ministre de la Défense, Crispus Kiyonga, doit prendre le relais de la médiation dès aujourd'hui.

« Même si les guérisons miraculeuses existent, on ne peut s’empêcher de douter de l’efficacité de cette thérapie à la Museveni », ironise de son côté le quotidien burkinabè Le Pays, qui ne semble pas convaincu par cette médiation de la dernière chance.

Le Djely.com se veut lui plus optimiste. Il titre en Une : « L'espoir renait avec Museveni ». Le site d'information guinéen estime que le président ougandais, en fin stratège, a peut-être trouvé « la bonne formule », en forçant le président Nkurunziza à « partager le pouvoir, indépendamment des résultats des futures consultations ». « Le partage du gâteau étant, comme partout en Afrique, le nerf de la guerre politique », estime Djely.com.

Tunisie : un mur polémique

La Tunisie, qui a décrété l'état d'urgence après le récent attentat de Sousse, vient de lancer la construction d'un mur pour se protéger contre les terroristes et les contrebandiers, explique le journal La Presse de Tunisie. Malgré les protestations de Tripoli, Tunis estime vouloir assurer sa protection en respectant l’accord sur le tracé des frontières déjà conclu avec la Libye, sauf que le mur est en train d'être réalisée à 8 kilomètres du tracé des frontières. Et c'est là où le bât blesse. Le journal La Presse de Tunisie se demande pourquoi il a été décidé de reculer de 8 km sur le territoire tunisien pour édifier le mur en question, alors que cela pouvait être fait en reculant de deux ou trois mètres seulement.

« Qu’en est-il des Libyens qui proclament que les frontières commencent maintenant à partir du mur quand il sera finalisé ? », s'interroge le quotidien tunisien. « En décidant de reculer de 8 km de largeur, la Tunisie va perdre une surface énorme qui dépasse celle de plusieurs pays comme le Liban, le Koweït, Bahreïn ou Qatar », estime encore La Presse de Tunisie. Du côté de Tunis, on préfère calmer le jeu, estimant que le dialogue entre les deux pays reprendra la fête du Ramadan terminée.

Sénégal : Hissène Habré dénonce un « faux procès »

Au Sénégal, le procès d'Hissène Habré s’ouvre lundi prochain. Il s'annonce houleux, à en croire le journal Sud quotidien. Car la défense de l'ancien dictateur tchadien ne reconnait pas les Chambres africaines extraordinaires (CAE) et refuse de « signer l’arrêt de la condamnation » de Hissène Habré. A travers un ouvrage de 119 pages dont Sud quotidien a pu obtenir une copie, la cellule de communication, avec la collaboration des avocats, estime que « la condamnation du président Hissène Habré est acquise, on peut presque dire " achetée " ».

La défense d'Hissène Habré dénonce pêle-mêle « une justice sous ordre, une entreprise politique à relents financiers, des règlements de comptes et une guerre médiatique déformant la vérité des faits », rapporte Sud quotidien. Hissène Habré est jugé pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture.

Mali : un paix fragile, mais bien réelle

Au Mali, depuis l'accord de paix signé le 20 juin dernier, le journal L'Œil du Mali constate une certaine accalmie au nord du pays. Sur le terrain, les hostilités ont été abandonnées et le cessez-le-feu semble être respecté par toutes les parties prenantes à la crise. Reste maintenant à passer à la vitesse supérieure avec la mise en œuvre du document. « La première mesure sera de redéployer l’armée malienne sur tout le territoire. »

Les rebelles, eux, vont être intégrés dans les forces armées maliennes chargées d’assurer la sécurité et la défense du nord du pays. Le journal L'Œil du Mali parle d'une dynamique de paix, évidemment fragile et menacée, on le sait, par les groupuscules terroristes, dont Ansar Dine celui d'Iyad ag Ghali.

Deux récentes attaques meurtrières qu’a connues le Mali à ses frontières, constate le journal L'Œil du Mali, celle de Nara à la frontière Mali-Mauritanie, et celle de Fakola à la frontière Mali-Côte d’Ivoire, ont été revendiquées par Ansar Dine. L'Œil du Mali espère qu'on mettra rapidement la main sur celui qui fait couler le sang des Maliens.

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