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Revue de presse Afrique

A la Une: Habré fait son show

Audio 04:34
© AFP/Pius Utomi Ekpei
Par : François-Xavier Freland
9 mn

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Le procès Hissène Habré qui a débuté hier à Dakar a été marqué par « une première journée chaotique », selon Guinée Conakry Info.

« Habré, le bras bien levé, a scandé des slogans révolutionnaires : "A bas l’impérialisme, le néo-colonialisme…" et tutti quanti… Ironie du sort, l’ex-président soutenu autrefois par la France, sait de quoi il parle », s'amuse encore Guinée Conakry Info qui revient sur les nombreux incidents qui ont émaillé ce début de procès.

 
« C'est ce qu'on appelle vraiment être traîné à la barre », ironise pour sa part l'Observateur Paalga, à qui la scène d'un Hissène Habré contraint d'assister à l'audience n'a pas échappé. « Les forces de l’ordre se sont présentées à la résidence d’Habré hier pour le conduire manu militari devant les magistrats. Encore heureux soit-il, car il s’est présenté aux juges et non à des bourreaux comme il le fut lui-même », rappelle fort justement l'Observateur Paalga qui regrette que l'Afrique n'ait pas été capable d'en faire autant avec Jean-Pierre Bemba, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et, avant eux, Charles Taylor.

Pour Le Soleil, tout ça fait partie de la « stratégie Habré ». A en croire le quotidien sénégalais, l'ancien dictateur tchadien joue les « victimes ». Le vieil homme refuse de comparaître. Et comme, il ne peut pas s'opposer physiquement à la force des gendarmes, il a déjà provoqué une suspension du procès de trois heures, renvoyé jusqu’au lendemain, le temps que la cour demande à un huissier de lui notifier l'obligation de sa présence.

Le Soleil précise encore qu'Hissène Habré a demandé à ses avocats de ne pas le défendre. Il leur a même interdit de venir dans la salle d'audience.

La stratégie Habré

Certains journaux, sénégalais notamment, lui trouvent une certaine aura, voire, semblent lui donner raison. En effet, le journal Le Quotidien semble se réjouir de cette prestation d'Hissène Habré au premier jour de son procès à Dakar. « Hissène Habré torture la cour », selon Le Quotidien qui publie en une cette image qui restera dans l'histoire, celle d'un Hissène Habré entièrement vêtu de blanc comme un vieil ange déchu, sévèrement bousculé par les gendarmes tout de noir vêtu qui l'obligent à s'asseoir dans le box des accusés. Pour Le Quotidien, une chose est déjà sûre « Habré assure le show ». Le journal sénégalais pose cette question : « Va-t-il continuer de refuser de comparaitre ? ».

 
Pour le journal Walfadjiri, « Hissène Habré est le dindon de la force ». Le quotidien sénégalais estime que l'ancien chef d'Etat tchadien est déjà condamné avant d'être jugé. Le procès viole le principe de la présomption d’innocence, selon lui, alors qu'hier lors de son discours inaugural, l'avocate des victimes, Madame Jacqueline Moudeina aurait utilisé les expressions « dictateur redouté », ou « bourreau de son peuple » pour parler de l'accusé. Walfadjiri a constaté aussi la présence de nombreux journalistes africains, et tchadiens en particulier, ce qui est une première pour un tel événement selon le quotidien, d'habitude couvert en grande majorité par la presse occidentale. Le cinéaste tchadien Mahamat Saleh Haroun, présent hier au palais de justice de Dakar  serait même en train de réaliser un film sur le procès Habré.


Burundi : un scrutin miné


« Une présidentielle explosive », titre La Nouvelle Tribune à propos du premier tour des élections présidentielles au Burundi. Contre toutes les voix discordantes, le régime en place organise sa présidentielle ce mardi pour donner un troisième mandat à Pierre Nkurunziza, estime le quotidien béninois. Sont attendus dans les urnes, 3 800 000 électeurs inscrits sur le mystérieux fichier électoral à la connaissance du parti au pouvoir. Au total, 8 candidats sont en lice pour ce scrutin dont le grand favori est le président sortant. L’élection se fera en absence d’observateurs étrangers, constate encore La Nouvelle Tribune.

Le journal New Times, du Rwanda voisin, s'inquiète lui aussi de ce scrutin à haut risque, alors que les négociations pour une sortie de crise menées par la médiation ougandaise ont pour l'instant été suspendues... On voit d'ailleurs sur un dessin humoristique, un représentant de l'opposition assis seul à une table de négociation, avec en face une chaise vide, celle du représentant du gouvernement. Au dessus de la caricature, on peut lire cette légende : « Le Burundi discute de la paix. »

 
Enfin, l'autre grand quotidien rwandais La Nouvelle Relève évoque à propos de ces élections, « un coup d'Etat en cours contre la Constitution ». Le président Nkurunziza y est clairement accusé de ne pas respecter le jeu démocratique en cherchant à tout prix à briguer un troisième mandat.

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