Revue de presse Afrique

A la Une: Obama «back home» Kenya

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Même si elle est littéralement abusive, l’expression anglaise « back home », qui signifie « retour chez soi », semble appropriée à la lecture des articles que la presse africaine consacre ce matin à la troisième tournée en Afrique que le président américain entame aujourd’hui par la terre d’origine de son père.

« Karibu Obama », lui lance ainsi le journal kényan Daily Nation, étant précisé que, sans surprise, « karibu », en langue swahili, signifie « bienvenue », mais vraiment « bienvenue ».

Bien entendu, le Daily nation s’est rendu à K’Ogelo, où, malgré la déception causée par le fait que le fief de papa Obama ne soit pas au programme de la visite présidentielle, l’excitation est grande de voir celui que l’on y considère quand-même comme l’enfant du pays fouler la terre kényane. Au village, des jeunes gens enthousiastes font commerce de t-shirts et casquettes sur lesquels est inscrite l’expression « c’est ici que tout a commencé ».

A Nairobi, des sénateurs locaux ont appelé les Kenyans à taire leurs différences « ethniques » pour recevoir dignement le président des Etats-Unis, rappelant que ce dernier, justement, avait été élu car il s’était « fermement opposé à toute forme d’ethnicité », rapporte le Daily Nation.

Et puis le journal kenyan The Standard rappelle que l’association entre les deux pays a été « cimentée dans la mort, le sang et la douleur », en référence à l’attentat contre l’ambassade de Etats-Unis à Nairobi en 1998, attentat revendiqué par Al Qaïda.

Sans oublier les islamistes shebab. En France, le quotidien Le Monde rappelle les 148 personnes –en majorité des étudiants– tués en avril dernier dans une attaque terroriste à l’université de Garissa, dans le centre-est du Kenya. Les mêmes shebab qui avaient revendiqué il y a deux ans l’attaque du centre commercial Westgate au cœur de Nairobi, attentat qui avait fait 67 morts.

Obama : business as usual

Sentiment de frustration palpable dans la presse africaine. Fasozine par exemple, regrette que Barak Obama n’ait jamais reconnu ni manifesté d’attachement « ostensible », encore moins de « nostalgie » pour le pays de son père. Quand à l’accession d’un « Kenyan d’origine » à la tête des Etats-Unis d’Amérique, « [elle] n’a guère changé le destin du Kenya », souligne le site Internet burkinabè.

Justement. Outre le lutte contre le terrorisme, qui sera en premier chef à l’agenda du président des Etats-Unis lors de sa tournée en Afrique, il y sera aussi « beaucoup question d’économie », note avec intérêt L’Observateur Paalga. Le quotidien ouagalais rappelle au passage que le « "Black" de la White-House a gratifié [les Africains] d’un important programme d’électrification ».

Guinée Conakry Info n’écrit pas autre chose. Le Kenya, c’est certes la terre de son père, énonce le journal guinéen en ligne, mais c’est aussi une terre pour faire de « bonnes affaires ».

En France, le quotidien économique Les Echos prévient que Barak Obama vient en Afrique pour « contrer l’influence chinoise ». Le confrère observe que si les Etats-Unis ne sont pas absents d’Afrique, ils ont « cédé beaucoup de terrain récemment, notamment à la Chine ».

Et Le Monde signale cette prévision de la Banque mondiale, selon laquelle l'Ethiopie, où se rendra le président américain lundi, est le pays qui devrait connaître la « plus forte croissance mondiale » d'ici à 2017 (9,5 % par an en moyenne). Les affaires sont les affaires.

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