Revue de presse Afrique

A la Une: Barack Obama à Addis Abeba, rêve américain contre mirage éthiopien ?

Audio 04:23
© AFP/Pius Utomi Ekpei
Par : François-Xavier Freland
9 mn

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« Bienvenue en Ethiopie, une terre d'unité et de diversité », titre en Une le journal The Ethiopian Herald. Le quotidien rappelle que cela fait longtemps que les États-Unis et l'Ethiopie entretiennent de bonnes relations. Dès 1903, l'empereur Menelik avait accueilli le premier ambassadeur américain à Addis Abeba. Richard Nixon, lorsqu'il était vice-président, était venu en 1957, mais c'est la première visite d'un président américain. Donc c'est important. Cette visite sera surtout l’occasion de montrer au monde que « l'Ethiopie est un pays en pleine croissance économique et stable ». Le journal éthiopien est allé à la rencontre des habitants du pays. Un chauffeur de taxi interrogé dans ses pages, se réjouit d'une visite qui va permettre de diffuser à travers le monde des images d'Addis Abeba, la capitale, « une ville hospitalière, avec ses hôtels cosy proposant des services ultramodernes » selon lui. Un professeur estime pour sa part que la rencontre entre Obama et le président Mulatu Teshome va permettre aussi d'échanger les points de vue sur la démocratie, toujours dans The Ethiopian Herald

Obama : le VRP des Etats-Unis en Afrique.

« Attention à Obama, le dragueur », titre en Une Ledjely.com En lieu et place de l’Afrique misérabiliste, il a dressé ce week-end à Nairobi un portrait du continent plus rayonnant, peut-on lire, « mais il faudrait bien se demander si un discours aussi lénifiant ne s’inscrit pas dans la logique de la séduction du continent par Barack Obama. Le président américain n’était-il pas notamment dans une posture bien assumée ? » interroge Ledjely.com avant de conclure : « Il s’agit d’un cinéma qui s’inscrit dans la logique de la rivalité que se livrent les grands du monde, dans l’optique d’une certaine réoccupation du continent ». 

Boko Haram : dent pour dent, musulmans contre musulmans.

De nouveaux attentats suicide de Boko Haram au Cameroun et au Nigeria font couler beaucoup d'encre.

Hier, au Nigeria, une jeune fille kamikaze de 10 ans s'est faite exploser dans un marché à Damaturu dans l'Etat de Yobe au nord du Nigeria. Bilan, 19 morts au moins. Le quotidien The Daily Sun titre en Une « Le souffle de l'enfer ». Apparemment, les terroristes avaient sympathisé avec la famille de la jeune fille en question. Ils avaient dissimulé plusieurs charges d'explosif dans le sac qu'elle portait.

Selon le journal This Day, cet attentat intervient alors que l'armée poursuit son offensive au nord, avec quelques victoires à la clef. Elle a libéré Dikwa, une ville importante qui était aux mains des jihadistes. Un officier déclare dans This Day : « l'armée ne peut pas libérer une ville pour se retirer tout de suite après, comme c'est souvent le cas. On prend alors le risque de voir Boko Haram revenir » lit-on. This Day critique le manque de suivi et de coordination dans la lutte contre Boko Haram. 

Des jeunes filles offertes au diable

A Maroua, au Cameroun, justement les mesures de sécurité ont été renforcées après l'attentat-suicide de samedi soir dans un bar qui a fait 21 morts. « C’était encore une mineur », déplore le journal La Nouvelle Tribune. « Rien ne peut être fait, selon le quotidien béninois, si des services de renseignement capables d'infiltrer les réseaux jihadistes ne sont pas mis sur pied. (…) Il est important de suivre à la trace les mouvements suspects pour pouvoir anticiper les actes terroristes. Mais dans l'attente de la mise en œuvre de ce genre de service, selon La Nouvelle tribune, la population se doit de participer plus activement à la lutte contre le terrorisme et donc à sa propre sécurité ».

Le Pays revient pour sa part davantage sur les objectifs de la secte islamiste nigériane qui cherche selon lui à justement « retourner les populations contre les velléités guerrières de leurs dirigeants ». Aussi puissantes et équipées soient les armées des pays visés, « elles ne sont pas formées pour mener une guerre asymétrique, selon le quotidien burkinabè, face à un ennemi insaisissable et dont il est quasiment impossible de dresser le portrait-robot. »

Et Le Pays relève une contradiction dans le choix des « martyrs recrutés » pour faire la sale besogne.

D'un côté, Boko Haram vise « les habitudes permissives d’un Occident athée et dépravé » selon le journal, de l'autre il s'en prend paradoxalement et indistinctement à ses frères de même religion. Des musulmans sont envoyés se faire tuer, « de surcroît des personnes jeunes, et de plus en plus, des femmes ».

Pour Le Pays, la solution au problème pour éradiquer Boko Haram n'est pas que militaire, « il faut absolument lutter à la racine contre le chômage des jeunes et l’ignorance à travers une éducation obligatoire pour tous ». C'est le seul moyen, selon le journal burkinabè « de tarir le vivier dans lequel Boko Haram puise allègrement ses adeptes ». 

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