Revue de presse Afrique

A la Une: le blocage du processus de paix au Mali

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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La quatrième réunion du Comité de suivi de l’accord de paix et de réconciliation au Mali est en cours depuis hier à Bamako. Les médiateurs internationaux tentent de remettre le processus de paix sur les rails. Difficile, dans les conditions actuelles, soupire L’Indépendant  à Bamako : cette réunion du Comité de suivi « intervient dans un contexte sécuritaire très tendu, relève le journal, marqué par la reprise des hostilités la semaine dernière entre la CMA (les ex-rebelles) et la Plateforme (pro-gouvernementale). Bien que les armes se soient tues depuis l’établissement d’une zone de sécurité autour de Kidal par la Minusma, c’est un calme très précaire qui règne dans la 8e région administrative du Mali. Malgré les nombreuses pressions exercées sur elle, la Plateforme refuse de quitter la localité d’Anéfis avant le redéploiement de l’armée malienne, conformément aux dispositions de l’accord de paix. »

Qui plus est, hier, rapporte Le Républicain, la CMA a suspendu sa participation aux travaux du Comité de suivi de l’accord d’Alger. (…) « Le blocage du processus de paix était prévisible, estime le quotidien malien, et chaque acteur a sa part de responsabilité. Avant même l’éclatement des derniers affrontements entre le Gatia (l’un des éléments de la Plateforme) et la CMA, l’ONU craignait une reprise des hostilités au nord du Mali. L’alerte avait été donnée par la Minusma, rappelle Le Républicain, qui annonçait le 30 juillet dernier que certains groupes armés signataires de l’accord d’Alger violaient l’accord de cessez-le feu. Hélas, la mission onusienne n’a pas su éviter le pire dans la région de Kidal entre les éléments du Gatia et ceux de la CMA. S’agissant des causes immédiates des affrontements sanglants de la semaine dernière, chacune des parties accuse l’autre. Ce qui est certain, conclut Le Républicain, c’est que les hostilités sur le terrain portent atteinte au fragile dialogue entamé. Finalement, la paix se trouve prise en otage malgré l’espoir né de la signature du dernier des accords d’Alger. »

IBK gêné aux entournures ?

Pour sa part, pointe le quotidien Aujourd’hui au Burkina, « le président IBK doit être gêné aux entournures d’être, de façon indirecte, la cause de la mise à mal du processus de paix au Mali. Il est d’autant plus gêné qu’il n’est pas certain que le Gatia obtempèrera à une injonction de Bamako de se retirer d’Anéfis. On a la fâcheuse impression, poursuit le quotidien burkinabè, qu’il y a un poker menteur dans cette guéguerre Gatia/CMA. Si tant est que la Plateforme soit une excroissance de l’armée malienne, il n’y a pas de raison qu’elle passe outre les ordres venus de Bamako. A moins, justement, que les autorités maliennes ne jouent à se faire peur, créant du même coup une lourde hypothèque sur cet accord de paix accouché par césarienne. C’est dire, conclut Aujourd’hui, que le médiateur en chef, l’Algérien Ramtane Lamamra, doit de nouveau monter au créneau, avec le Comité de suivi des cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, et surtout le locataire de la colline du pouvoir, IBK. De ces tractations, de ces jours immédiats, dépendra l’avenir de la paix au Mali, une paix tellement fugace. »

A la Une également : quelles répercussions pour l’Afrique après les chutes boursières parties d’Asie ?

Pour le site d’information guinéen Ledjely.com, « l’Afrique devrait prier pour que le pire n’arrive pas au géant chinois ». Car « si les prévisions catastrophiques se confirmaient au sujet des menaces sur l’économie chinoise, les conséquences qui en résulteraient seraient dramatiques ». En effet, l’or, la bauxite, l’uranium, le fer, le cuivre, le cobalt et bien d’autres minerais extraits en Afrique sont exportés vers la Chine. Et si la Chine réduisait ses importations du fait de la crise, ce serait dommageable pour le continent…

Toutefois, poursuit Ledjely.com, « en partant de l’exemple de la dernière baisse du prix du pétrole, on se rappelle qu’en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, ou encore au Mali, la classe populaire s’était quelque peu réjouie. En fait, les prix de l’ensemble des denrées de première nécessité étant indexés au prix du baril à Londres, les syndicats avaient exigé et obtenu des gouvernement qu’ils revoient à la baisse le prix du litre d’essence à la pompe. Par la suite, il y avait eu des négociations laborieuses, débouchant elles-mêmes sur une baisse des prix pratiqués sur le trafic routier. Et de fil en aiguille, estime Ledejley.com, c’est le prix de la viande, du poisson, du riz, du gombo, de la tomate, du piment, etc. qui pourrait être revu à la baisse, si de la chute boursière, on débouchait sur une crise économique mondiale. Et dans bien des ménages du continent, le chômage côtoyant des salaires de misère, une telle perspective n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. »

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