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Revue de presse française

A la Une: l’été meurtrier des migrants fait froid dans le dos

Audio 06:08
AFP
Par : François-Xavier Freland
13 mn

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Libération l’appelle le « Camion de la honte ». Au moins vingt cadavres de migrants ont été découverts dans un camion abandonné au bord d’une autoroute autrichienne. Le quotidien publie diverses photos sur lesquelles on reconnaît les enquêteurs, masques sur le visage, uniformes blancs, s’affairer autour du camion réfrigérant, d’une marque de surgelé alimentaire. Un employé de la compagnie autrichienne des autoroutes a découvert le camion réfrigérant, étrangement garé sur la bande d’arrêt d’urgence de la voie rapide qui relie Vienne à Budapest. Il s’est inquiété de l’absence prolongée du conducteur, mais surtout de cette eau froide qui coulait abondamment, à l’arrière du véhicule immatriculé en Hongrie. Il a appelé la police et les forces de l’ordre ont découvert les corps d’au moins vingt migrants, vraisemblablement morts asphyxiés, selon des médias autrichiens. Depuis, les autorités recherchent toujours le conducteur du véhicule, de nationalité roumaine.

Alors après l’émotion suscitée par ce nouveau drame, Libération revient sur les politiques d’accueil des différents pays d’Europe et constate au passage que l’Allemagne est un modèle dans le genre. L’Autriche pour sa part l’est beaucoup moins mais demande plus de contrôles aux frontières de l’Europe, pour faire le distinguo en amont, dans les pays du Sud, entre les réfugiés originaires du Moyen-Orient et d’Afghanistan et les « migrants économiques », qui rêvent d’une vie meilleure, toujours selon Libération. Vienne veut aussi proposer un plan d’action concertée en Europe, qui s’attaquerait aux trafiquants d’êtres humains. « Combien faudra-t-il de morts ? Combien faudra-t-il d’atrocités comme celle qui vient de se dérouler en Autriche, pour que les dirigeants européens se décident à se hisser à la hauteur de leur responsabilité historique ? », s’interroge Laurent Joffrin dans Libération ce matin. « Entre l’angélisme de l’ouverture totale et la brutalité d’une vaine fermeture, il existe une solution conforme à nos principes et aux réalités de ce nouveau siècle », écrit encore le directeur de la rédaction de Libération. « Un drame dont les premières victimes sont des enfants », estime pour sa part le Journal La Croix. Près de 7 500 mineurs ont débarqué dans le sud de l’Italie depuis le 1er janvier 2015, selon le quotidien catholique. On a perdu la trace de 1 600 d’entre eux, les jeunes filles, nigérianes notamment, sont la plupart du temps exploitées dans des réseaux de prostitutions, d’après les informations de La Croix.

Réorganiser l’accueil des migrants

Dans Le Figaro, l’actuel dirigeant de Frontex tire la sonnette d’alarme. Le directeur de l’Agence européenne de surveillance des frontières redonne les chiffres officiels, l’Union européenne a enregistré 340 000 entrées irrégulières de janvier à juillet, soit une hausse de 175 %. Fabrice Leggeri estime que « l’urgence, c’est la mise en place effective de centres d’accueils, comme à Catane en Sicile et bientôt au Pirée, en Grèce ». L’Etat-membre y reçoit l’aide opérationnelle conjointe de Frontex et d’autres agences pour l’audition, la prise d’empreintes, l’identification des nouveaux arrivants, et aussi pour la lutte contre le crime organisé et les réseaux de trafiquants. C’est ce tri qui permet d’établir ceux qui relèvent du droit d’asile et ceux qui sont des migrants irréguliers, qui devront être éloignés, c’est-à-dire renvoyés chez eux, confie le directeur de Frontex dans Le Figaro.

Fermeture des frontières nationales ?

Dans les colonnes du Parisien, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignant appelle à rétablir les frontières nationales... Celui qui se réjouit de recevoir à son université d’été Jean-Pierre Chevènement, estime qu’il y a deux solutions pour stopper le drame des migrants : « En amont, il faut réorienter notre politique étrangère, notamment au Moyen-Orient. Tout faire pour abattre les islamistes de Daech [le groupe Etat islamique, ndlr] et accepter, s’il le faut, de soutenir le Syrien Bachar al-Assad. Ensuite, je veux forcer le gouvernement à lancer, comme le permet la Constitution, un référendum d’initiative populaire afin de pouvoir rétablir les frontières nationales. C’est ce que je m’apprête à annoncer », prévient le président du mouvement Debout la France dans Le Parisien Aujourd’hui en France.

Nicolas Dupont-Aignant, estime encore dans cet entretien accordé au Parisien qu’il y a « une autre voie possible entre le FN et le système, c’est-à-dire le PS et les Républicains ». C’est la voie qu’il prétend incarner.

Le Front national plus catholique qu’avant ?

Une polémique prend de l’ampleur en France, autour des rapports entre le Front national et l’Eglise catholique.

Le Parisien les qualifie de « rapports troubles». La candidate Front national aux prochaines régionales en Provence Alpes-Côtes d’Azur est attendue demain à un débat organisé par le diocèse de Fréjus-Toulon, lors de ses universités d’été. L’évêque en personne, Mgr Rey, animera les débats. Le sujet porte sur la politique, les médias et la vérité avec un grand « V ». « Marion Maréchal-Le Pen a été sollicitée bien avant qu’elle ne lance sa campagne politique », se justifie le diocèse. Mais pour Le Parisien, un nouveau tabou est tombé car jamais quelqu’un du Front national n’avait été invité à s’exprimer à l’intérieur de l’Eglise. Dans ses colonnes, Monseigneur Di Falco, porte-parole de l’épiscopat français estime qu’un tel colloque pourrait justement ouvrir les yeux de certains catholiques tentés par le vote FN.

Pour le journal catholique La Croix, le diocèse de Toulon fait le choix du dialogue avec le FN. La Croix constate encore que de 1980 aux années 2000, les évêques français se sont régulièrement élevés contre le Front national et son idéologie. Dans ses colonnes, le porte-parole de la Conférence des évêques de France, Monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas estime encore que la position de l’Eglise n’a pas changé. « D’un point de vue juridique le FN est un parti politique comme les autres. Mais un certain nombre de ses idées sont clairement en opposition avec l’évangile et la vision chrétienne de la société », précise ce dernier dans La Croix.

Le trait d’union des extrêmes

Apparemment, il n’y a pas que chez les catholiques, qu’on dénonce une attitude ambigüe vis-à vis du Front national. Le journal L’Humanité dénonce lui le soutien au Front national d’un ancien soutien au Front de gauche. L’Humanité fustige ce qu’il appelle la coupable attraction de l’économiste Jacques Sapir pour le Front national. Récemment, pour obtenir le démentiellement de l’euro, il aurait prôné une stratégie de large union incluant le Front national. « Il pousse la provocation, selon L’Humanité, jusqu’à invoquer pour son front l’exemple du Conseil national de la résistance, durant la guerre contre les allemands, qui rassemblait des communistes aux militants de l’action française », selon ses propres mots. « Les masques sont tombés », considère Olivier Dartignolles, porte-parole du PCF, toujours dans L’Humanité, « Sapir sert la soupe à un parti qui se nourrit du chaos en Europe ». Le dirigeant communiste rappelle au passage « que pas une seule fois, on n’a vu le FN aux côtés du peuple grec et des migrants... »

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