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Revue de presse Afrique

A la Une: Anéfis zone à risque !

Audio 04:30
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« La situation reste toujours tendue dans la zone d’Anéfis, dans le Nord Mali, constate le journal malien Le Prétoire. Malgré l’acceptation des chefs politiques de la Plateforme de libérer cette ville, elle reste toujours sous occupation des mouvements républicains conduits par le Gatia. » Les mouvements armés proches de Bamako « ne veulent en effet rien savoir. Ils sont revenus à leur première condition : ils ne quitteront la zone que pour la remettre aux forces armées maliennes ou à la Minusma, ou aux deux. Surtout, il n’est pas question pour eux que les éléments de la CMA, les ex-rebelles, reviennent occuper la ville, une zone extrêmement importante pour le contrôle de la route de Kidal et l’axe Anéfis-Tabankort. »

« Ce refus des combattants et des chefs militaires de la Plateforme était prévisible, estime Le Prétoire, compte tenu de la réalité sur le terrain. Et la réalité, c’est le divorce quasiment consommé entre les responsables politiques des différents membres de la Plateforme et leurs bases respectives. Les troupes, en effet, sont devenues incontrôlables depuis bien avant la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, un document dans lequel la grande majorité d’entre elles ne se reconnaissait pas, mais qui a été pourtant paraphé et signé par leurs responsables. (…) Et si la Plateforme ne contrôle plus ses troupes, la CMA non plus n’a pas d’emprise sur ses combattants », pointe encore Le Prétoire.

Reprise des hostilités ?

Et dans la presse de la sous-région, l’heure n’est guère à l’optimisme… « Ceux qui avaient émis des doutes et de la prudence au lendemain de la signature, le 15 juin dernier, de l’accord inter-malien, sont en passe d’avoir raison, affirme le site guinéen Ledjely.com . (…) Déjà, plusieurs accrochages qui n’auraient pas dû se produire ont été enregistrés entre les protagonistes. Mais c’est avec la tension incarnée aujourd’hui par Anéfis que les derniers espoirs risquent de s’envoler définitivement. Car si rien n’est fait, estime Ledejely.com, la reprise des hostilités sera inévitable. »

En effet, précise le site guinéen, « bien que les responsables du Gatia aient promis de quitter la ville, suite à la colère du président Ibrahim Boubacar Keïta, ils y sont toujours les maîtres incontestés. N’ayant manifestement aucun intérêt dans la cessation effective des hostilités, ils manipulent les populations pour s’abriter derrière le supposé refus de ces dernières de les voir quitter la ville. Le prétexte étant la menace que les groupes de la CMA, basés à Kidal, ferait planer sur Anéfis et ses habitants. Or, ce retrait est une exigence non négociable de la part des mouvements armés touaregs. Si nécessaire, ils menaceraient d’envahir la ville pour en déloger les occupants actuels de force. Et à ce propos, pointe encore Ledjely.com, des informations font état d’une préparation acharnée des combattants touaregs. On parle même d’infiltration par des islamistes venus ou ayant transité de la Mauritanie voisine. Un espace interdit aux intrus, serait même spécialement réservé pour les entrainements. En gros, la CMA prépare la reprise de la guerre. »

Le dilemme d’IBK

Pour sa part, le président IBK est entre le marteau et l’enclume, note le quotidien Le Pays au Burkina : « IBK est face à un dilemme. L’accord de paix d’Alger pose comme condition, entre autres, le maintien de chaque camp dans ses positions initiales. C’est dire que dans cette affaire d’Anéfis, les milices pro-gouvernementales pourraient être celles qui auraient violé l’accord en attaquant la CMA et en reconquérant un 'territoire'. » Mais il se trouve que « cette violation du cessez-le-feu, en fait, arrange le pouvoir malien. Comment IKB qui se délecte secrètement du refus de décamper de ses partisans, peut-il exiger leur retrait sans garantie préalable ? Et un Etat ne saurait céder une portion de son territoire tant qu’il dispose de moyens d’y imposer sa souveraineté. Il reste, tempère le journal, qu’en fermant les yeux sur les agissements du Gatia, le pouvoir de Bamako risque de porter entièrement la responsabilité d’une éventuelle déflagration dans la zone. »

Et finalement, conclut le site d’information Fasozine, « en choisissant de tourner en rond au lieu d’affronter les vrais problèmes qui influencent négativement la marche vers la paix au Nord-Mali, les protagonistes de la crise malienne n’inspirent nullement confiance à leurs partenaires. Avec cette marche d'un 'pas en avant et deux pas en arrière', on n’est pas sorti de l’auberge. Le retour à la normale est plus que jamais problématique. C’est bien cela qui est inquiétant. »

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