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Invité du matin

Marie-Noëlle Lienemann: «Il ne faut pas attendre que l'Europe nous contraigne»

Audio 07:57
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, ancienne ministre et membre de la commission des affaires économiques au Sénat.
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, ancienne ministre et membre de la commission des affaires économiques au Sénat. RFI

Le président de la République française, François Hollande, tient ce lundi 7 septembre, une conférence de presse à l’Elysée. Il sera question de la crise des migrants, de la lutte contre l’organisation Etat islamique, mais aussi du marché du travail en France et de la réduction d’impôts qu’il envisage pour l’année 2016. Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, membre de la Commission des Affaires économiques au Sénat et ancienne ministre, est l’invitée de Frédéric Rivière.

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« Tout est lié: si un pays doute de lui-même, il n’est pas dans une bonne situation pour accueillir les autres, il se rétracte. Et je pense que la France a besoin de retrouver ses valeurs dans sa politique intérieure, comme dans sa politique extérieure et dans l’accueil des migrants. »

Sur la question de l'asile, de la migration et de l'accueil des migrants en France:

« Il faut ouvrir à la réalité des flux migratoires (..) Quand on raméne au 508 millions d'habitant de l'Union europénne, notre continent a les moyens d'accueillir ces réfugiés (..) »

Marie-Noelle Lienemann est en faveur d'un accueil des réfugiés « de façon solidaire en Europe, avec une juste répartition sur l'ensemble du territoire européen».

«Je pense qu'il faut une stratégie d'incitations et de sanctions, entre guillemets, pour ceux qui ne feraient pas l'effort. »

« Il ne faut pas attendre (en France) que l'Europe nous contraigne. On a toujours été une terre d'asile. C'est un droit sacré, l'asile en France, et il faut le faire vivre».

« Nous devons signer un accord volontaire de répartition et surtout nous donner les moyens collectivement de réussir cet accueil sur le territoire national. Ca suppose d'abord qu'on reconnaisse le statut de réfugié beaucoup plus vite» suggérant que les Syriens, les Irakiens ou encore les Érythréens "bénéficient d'une présomption positive pour le droit d'asile».

« Et il faut organiser un accueil réparti solidairement sur le territoire national et ne pas ajouter les problèmes des migrants dans des secteurs où il y a déjà énormément de problèmes, de logement, de cadre de vie». Les réfugiés "peuvent constituer dans certains territoires plutôt un atout qu'un handicap».

 

Sur la question d'une intervention militaire en Syrie:

"Je ne crois pas que les frappes auront une grande efficacité et en tout cas pour l'heure elles ne me paraissent pas indispensables et nécessaires (...) Je pense qu'en revanche le renseignement, donc le survol et les drones, seraient tout à fait indispensables".

Sur la question de l'emploi, du droit du travail et da le question de la relance en France

"Il y a besoin d'une relance par l'investissement et par la consommation intérieure en France".


"La croissance mondiale est faible, la croissance européenne sera faible, si on veut s'attaquer à ce fléau qu'est le chômage, il faut produire une croissance par nous-mêmes. Ça suppose des investissements modernisateurs (...) et d'autre part une relance du pouvoir d'achat des couches populaires".

Une partie des aides aux entreprises - "autour de 7,5 - 8 milliards" - devrait être réorientée "au service de l'investissement et du pouvoir d'achat".

Elle propose un "allègement des bas niveaux de CSG", qui "rendrait la CSG progressive et permettrait la grande réforme fiscale dont le pays a besoin". "D'avoir un impôt qui cumule impôt sur le revenu et CSG pourrait être une armature d'impôt progressive donc juste, plutôt que des hausses des impôts indirects qui se sont multipliées depuis plusieurs années".

Marie-Noelle Lienemann s'est par ailleurs déclaré "pas inquiète" pour la gauche en 2017, "si on organise vite des primaires".

"Je pense que refaire les matches éternels avec toujours les mêmes joueurs n'est pas sain pour notre démocratie. Je ne suis pas inquiète pour la gauche si elle organise des primaires en son sein, et encore moins si ces primaires peuvent rassembler beaucoup de forces de gauche, toutes si possible, mais au moins les écologistes, les socialistes et une partie de la gauche de la gauche".

 

 


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