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Revue de presse française

A la Une: Fête de l’Huma, 80 printemps – 80 automnes

Audio 06:18
© AFP/Pius Utomi Ekpei
12 mn

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Traditionnel rendez-vous de rentrée politique pour le Parti communiste français, la Fête de l’Huma, du nom du quotidien communiste français L’Humanité, fondé par Jaurès, bat son plein en cette fin de semaine près de Paris. Militants et artistes s’y donnent rendez-vous pour faire la fête mais aussi pour parler politique. Et le journal Le Parisien y consacre sa Une.

Alors, 80 printemps est sans doute une expression légèrement abusive, car en l’occurrence, il conviendrait sans doute de parler plutôt de l’automne, voire de l’hiver du communisme français, tant le PCF décline inexorablement, et Le Parisien le rappelle. Mais rien n’y fait, et les derniers militants demeurent « communistes malgré tout », lance le quotidien. Le Parti communiste français ? Il « existe bel et bien, assure le journal. Il revendique même 120 000 adhérents, soit plus que le Parti socialiste ou le Front national. Des militants bien réels, suffisamment portés par leurs convictions pour affronter les vents contraires de l’histoire. Des militants irréductibles, mais des électeurs de moins en moins nombreux », admet Le Parisien. Qui concède que le Parti communiste « ne sait plus parler aux Français. Il est devenu une force politique en trompe-l’œil, une image du passé que l’on observe, au choix, avec ironie ou nostalgie ». Bon anniv' quand même. Et bonne fête...

Corbyn : un sans-culotte chez les travaillistes

Au Royaume-Uni, en tout cas, les travaillistes pourraient bien donner un sacré coup de barre à gauche en élisant ce matin Jeremy Corbyn à leur tête. Et Le Figaro s’en préoccupe en Une, car Jeremy Corbyn, c’est « le nouveau Labour, tendance Syriza », du nom du parti grec d’extrême gauche. Alors, nous verrons bien, les derniers sondages qui donnent Corbyn favori datent de la mi-août. Mais pour Le Parisien, le Parti travailliste va prendre aujourd’hui un « tournant historique », avec l’élection d’un « héritier de Trotski » à sa tête.

Le Figaro confirme. Le candidat de la gauche de la gauche, entré dans la course presque par hasard, est devenu « l’archifavori de l’élection du chef du Parti travailliste face à trois rivaux jugés insipides. Et plus personne ne semblait douter du succès de celui qui avait commencé la course comme outsider, crédité d’une cote de 200 contre un par les bookmakers ». Pour Le Figaro, c’est un « tourbillon » au sein du Parti travailliste qui s’annonce et une « insurrection » silencieuse.

C’est peu dire que Le Figaro goûte peu ce nouveau leader d’extrême gauche en devenir, puisque le quotidien le décrit ainsi : « Il n’a jamais rien dirigé, se contentant de s’opposer à la ligne du parti à plus de 500 reprises en trente-deux ans de carrière parlementaire. Il se déplace à vélo, est végétarien, ne boit pas d’alcool. Tricot de corps apparent sous sa chemise ouverte, blouson de toile sur les épaules, sandales aux pieds ». Tout sauf un futur abonné du Figaro, assurément.

Mais le journal admet que Jéremy Corbyn n’est « jamais agressif », et qu’il « égrène » ses idées d’une voix posée, ne se laissant pas bousculer et qu’il est « sans la langue de bois des politiciens professionnels des plateaux télé ». Ça promet.

Art : parfum de scandale à Versailles

L’art contemporain de nouveau à la Une sur fond de polémiques en France. Exposée à Versailles, l’œuvre d’un artiste indien a été trois fois vandalisée. Anish Kapoor, c’est le nom de cet artiste de 61 ans originaire de Bombay, a droit à la Une du journal Le Monde daté d’aujourd’hui, ainsi qu’à celle de Libération après qu’une de ses œuvres, qui est exposée dans les jardins du château de Versailles, près de Paris, a par trois fois été nuitamment visitée par des tagueurs venus y bomber des inscriptions à caractère raciste et antisémite.

Monumentale, l’œuvre en question, qui est donc ce matin en  « Une » de Libération, représente manifestement un vagin de métal de plusieurs mètres de diamètres. L’œuvre d’Anish Kapoor exposée à Versailles est en effet connue des visiteurs sous l’appellation hautement poétique de « vagin de la reine », en référence à la reine de France Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI et qui fut, comme son roi de mari, guillotinée lors de la Révolution française. Précision, ce vagin de métal est intitulée « Dirty corner » dans un anglais que je vous laisse le soin de traduire.

Tout sourire et l’air de ne pas y toucher, Anish Kapoor s’interroge en « Une » du Monde : « Mais qu’est-ce qui se passe en France ? », demande-t-il, ingénu ou faussement ingénu, c’est selon.. Et Libération tire la sonnette d’alarme.

Il faut dire que ça n’est pas la première fois que l’art contemporain est la cible de vandales des derniers temps en France, et Libé rappelle en « Une » le cas de l’artiste Paul McCarthy dont le sapin de Noël géant ou le plug-in anal, là-aussi c’est selon, qui avait été érigé sur la place Vendôme à Paris, avait été crevé par des anonymes outrés que Libération accuse en « Une » d’être des « intégristes (qui) instillent un climat de menace permanent sur la création contemporaine ».

Pour Libé, donc, pas de doute, l’art contemporain subit des « pressions brutales » qui sont autant de « tentatives de censure haineuse ». Lesquelles « suintent la nostalgie de l'ordre moral ».

Certes, le journal se garde bien de vouloir « interdire » à quiconque de critiquer ou de réprouver publiquement des œuvres que chacun a le « droit de détester ». Et Libération admet que parfois, l'artiste « donne dans la provocation », et que, dans ce cas, il ne peut s'étonner de « susciter des réactions ». Certes, le quotidien « soupçonne même » le dit artiste de caresser « dans certains cas » le « secret espoir » de voir ainsi son œuvre vandalisée. Mais dans tous les cas, le confrère est du parti de l’artiste, car, selon lui, «  à quelque culte qu'il se rattache, l'intégrisme est d'abord une régression de l'esprit ». Le landernau versaillais appréciera..

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