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Revue de presse Afrique

A la Une: Boko Haram ne désarme pas

Audio 04:36
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Avec ce double attentat dans le nord du Cameroun hier : « un 13 septembre sanglant à Kolofata », s’exclame le site d’information Camer. Selon des sources sécuritaires, deux garçons d’une quinzaine d’années se seraient fait exploser dans le centre de cette localité proche de la frontière nigériane. Bilan provisoire : au moins neuf civils tués, ainsi que les deux kamikazes présumés. Il y 21 blessés dont cinq dans un état grave, évacués vers la ville de Maroua. Un troisième kamikaze, qui se dirigeait vers la ville de Mora, a été interpellé avant qu’il ait pu actionner sa charge explosive.

Ce double attentat n’a pas été revendiqué, mais pour les journaux de la sous-région, aucun doute, il s’agit encore et toujours de Boko Haram. « De l’hideuse gueule du monstre, surgit une fois de plus le souffle brûlant de la mort, soupire Le Pays au Burkina. Boko Haram rebaptisé Etat islamique en Afrique de l’Ouest, vient encore de frapper au pays de Paul Biya. (…) Des malheureux à la vie brutalement arrachée par deux adolescents allés jusqu’au bout du sacrifice suprême, pour le malheur et contre la vie de pauvres innocents. La bande de Shekau, une fois de plus, peut jubiler ! Son objectif est atteint, celui de semer la mort et la désolation. Kolofata enterre ses morts. Il faut dire qu’elle est coutumière de la folie meurtrière de la secte islamique. Le 3 septembre dernier, cette zone frontalière des bastions nigérians de l’ex-Boko Haram avait été visée par un double attentat qui avait fait au moins 20 morts. »

Et Le Pays de s’interroger : « Kolofata se dégagera-t-elle jamais de l’étreinte du mal djihadiste ? Et si oui, où l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest se signalera-t-il demain, au rythme où se multiplient les attentats-suicides ? »

Monstre blessé ?

Pour Aujourd’hui , autre quotidien burkinabé, on assiste « aux dernières convulsions d’un monstre blessé. (…) C’est un animal blessé, mais toujours dangereux qui se débat et qui porte des coups mortels. Pourchassés à Damassak et à Damatura au Nigeria par l’armée nigériane aidée par les Tchadiens, repoussés à Diffa au Niger, les djihadistes de Boko Haram se cherchent et leur chef, Abubakar Shekau, fanfaronne via les réseaux sociaux, mais c’est un sursitaire. Bien avant lui, des 'wanted' ont fait pareil, mais ils ont finalement été pris. Tout porte donc à croire qu’il s’agit des dernières convulsions d’un monstre blessé, qu’il faut combattre avec le plus grand sérieux. La solution définitive, estime Aujourd’hui, ne consistera pas à couper les tentacules, mais plutôt à accéder à la tête du visqueux mollusque. Mais, il faudrait en finir vite, avant que la greffe avec l’Etat islamique ne prenne définitivement et solidement. »

Une plus grande implication de la France ?

Coïncidence du calendrier ? Cet attentat survient au moment même où le président nigérian est en visite officielle à Paris… C’est ce que pointe le site d’information guinéen Ledjely.com : « à son corps défendant, la France pourrait bien se retrouver au cœur de la lutte contre le Groupe Etat islamique en Afrique de l’ouest (ex-Boko Haram). Vu que la secte étend de plus en plus ses tentacules dans des pays stratégiques pour Paris, François Hollande sera probablement obligé d’aller au-delà du service minimum. Ses services et son soutien sont de plus en plus explicitement requis, sollicités et désirés. Muhammadu Buhari le martèlera à l’occasion de la visite officielle qu’il effectue à partir de ce lundi dans la capitale française. (…) La France s’était jusqu’ici bornée à fournir du renseignement et à participer à la formation des soldats nigérians. Et bien, le Nigeria veut davantage, relève Ledjely.com. Il souhaite que la France fournisse aussi du matériel militaire pour conférer à la force multinationale toute son efficacité. Et les chances pour que ses doléances soient exaucées sont plutôt grandes. Car si le Nigeria en tant que tel, n’est pas un enjeu prioritaire pour Paris, le Niger, le Cameroun, le Tchad et le Bénin, eux, le sont.

Dans ces quatre pays de plus en plus ciblés par la secte nigériane, la France a des intérêts tout aussi économiques que stratégiques. (…) Pour autant, même avec Paris, la tâche ne sera pas aisée, tempère le site d’information guinéen. (…) Les jihadistes de Boko Haram n’entendent pas se laisser démonter par la perspective d’une plus grande intervention de la France. En témoignent les deux attentats suicides d’hier à Kolofata. »

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