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Invité Afrique

«Il y a certains clichés qui ne correspondent pas au Maroc»

Audio 05:35
François Hollande et Mohamed VI à l'Elysée.
François Hollande et Mohamed VI à l'Elysée. DR

François Hollande est au Maroc ce week-end, précisement à Tanger, à l'invitation du roi Mohammed VI. Une visite de « travail » et « d'amitié »... pour définitivement laisser derrière la brouille diplomatique de 2014. La justice française avait alors cherché à auditionner le patron des renseignements marocains Abdelatif Hamouchi, poursuivi pour tortures. Quels sont les enjeux de cette rencontre ? Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France est l'invité de RFI.

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Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France.
Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France. DR

 Chakib Benmoussa, après la visite de Mohammed VI à Paris en février, François Hollande est à Tanger ce week-end. Deuxième entretien en quelques mois, ça veut dire que la brouille de 2014 après l’affaire Hammouchi est définitivement derrière nous ?

Chakib Benmoussa : Je crois que la relation entre la France et le Maroc s’inscrit dans une nouvelle ambition et exprime la volonté d’impulser une nouvelle dynamique en phase avec les défis de la région.

Plusieurs organisations des droits de l’Homme en France s’inquiètent que François Hollande en tout cas remette la Légion d’Honneur à Abdelatif Hammouchi, comme s’était engagée le faire la France. Le patron du renseignement est poursuivi pour torture par plusieurs plaintes déposées en France. La justice marocaine désormais peut instruire ces plaintes. Est-ce qu’elle doit le faire d’après vous ?

Je crois qu’aucune de ces plaintes n’a avancé parce qu’elle n’est basée [sur aucun] élément probant. Beaucoup de ces plaintes ont été déposées par des personnes qui elles-mêmes sont poursuivies au Maroc et certaines ont été condamnées pour des délits de droit commun. Donc leur sérieux peut être mis en cause. Maintenant, le Maroc et la France ont signé un protocole d’accord judiciaire, qui crée un cadre de coopération entre les justices des deux pays et qui permet d’examiner toute plainte sérieuse qui peut être déposée à l’encontre de citoyens français au Maroc ou en France, ou à l’encontre de citoyens marocains dans l’un ou l’autre des pays.

Mais le rétablissement de bonnes relations entre deux pays doit-il se faire au mépris ou au détriment des questions de droits de l’Homme ?

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? Est-ce que la signature d’une convention qui a fait l’objet de débats parlementaires en France, qui a été ratifiée à une très large majorité en France, qui a fait l’objet de débats parlementaires au Maroc et qui s’inscrit dans une approche d’une justice qui puisse s’exprimer librement, mais dans le respect de chacune des institutions des deux pays peut-il être considéré comme une atteinte aux libertés ou aux droits de l’Homme ? Je crois qu’aujourd’hui il y a un certain nombre de préjugés, un certain nombre de clichés qui ne correspondent pas au Maroc d’aujourd’hui.

Des chefs d’entreprise seront présents aux côtés de François Hollande pour cette visite. Le Maroc est le premier investisseur en Afrique de l’Ouest. Les entreprises marocaines et les entreprises françaises peuvent-elles coopérer sur ce terrain ?

Beaucoup d’entreprises du CAC 40 sont très présentes au Maroc et considèrent que le Maroc peut être aussi bien une plateforme pour renforcer la compétitivité et pour gagner de nouvelles parts de marchés, mais considèrent aussi que le Maroc peut être une plateforme pour pouvoir aborder un certain nombre de pays d’Afrique Sub-saharienne. Donc il y a là matière à développer un partenariat au bénéfice du Maroc et de la France.

Cela veut dire que pour investir en Afrique de l’Ouest désormais il faut bien s’entendre avec le Maroc ?

Le Maroc ne se considère pas comme un point de passage obligé ! Il considère qu’il est une plateforme pour les entreprises qui le souhaitent et qui y trouvent un avantage.

Autre dossier, Chakib Benmoussa : la sécurité. Le Maroc a mis en place des programmes de «déradicalisation», notamment par la formation d’imams dans le Sahel. Est-ce que le Maroc peut apporter des solutions à la France ?

Au début de cette année un institut de formation des imams a été inauguré et cet institut forme en deux, voire trois ans, des imams provenant du Maroc mais aussi de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Certains viennent aussi de France et suivent cette formation qui leur permet de développer et de promouvoir cet islam de tolérance.

Mais est-ce que vous allez amplifier cet accord avec la France [sur] la formation d’imams ?

Il est envisagé que cette coopération puisse se renforcer à l’avenir.

Chakib Benmoussa, une affaire plus récente, celle des deux journalistes français soupçonnés d’avoir voulu empocher de l’argent du Maroc en échange de leur silence sur des informations qu’ils avaient recueillies. Eux se défendent en affirmant que c’est le Maroc qui a été à l’initiative. Le Maroc, d’après vous, a-t-il essayé de les piéger ?

Je crois que le Maroc a fait l’objet d’actes de chantage et d’extorsion de fonds : les enregistrements sont là pour le prouver, que l’initiative était l’initiative des journalistes. Le Maroc, face à ce chantage odieux, a fait confiance à la justice française ! Et il ne s’agit pas de faire du Maroc, qui est victime, un accusé !

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