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Revue de presse Afrique

A la Une: soulagement au Burkina

Audio 04:30
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Libération !, s’exclame L’Observateur Paalga à Ouagadougou. Comment ne pas être exalté ! Exalté par le comportement de la population dont le courage exemplaire frisant parfois la témérité et l’insouciance ont forcé l’admiration. Exalté par l’attitude des partis politiques et des organisations de la société civile qui, dans leur écrasante majorité, ont dit non. Exalté par la détermination du reste de l’armée qu'on disait calfeutrée dans une candeur poltronne devant les agissements répétés du Régiment de sécurité présidentielle et qui s'est quelque peu réhabilitée. »

Ils ont donc dit non à l’infamie, poursuit L’Observateur Paalga. « Une infamie ayant pris l’allure longiligne d’un général de deux mètres qui avait sans doute trop présumé de son armada pas si invincible que ça. Le mythe s’est effondré comme il y a un an le régime qu’il avait servi avec zèle et qui avait sans doute contribué à forger la réputation somme toute surfaite qu’il trainait jusque-là. […] Remis donc en selle le président Michel Kafando et les différentes institutions de la Transition. Exit Diendéré, général d’opérette, et ses apprentis sorciers. Ils ont joué, ils ont perdu ; qu’ils se mettent à la disposition de la justice. »

Arracher les racines du mal…

Justement, comment faire pour qu’un tel coup de force ne puisse plus se reproduire au pays des hommes intègres ? Il faut « arracher les racines du mal », estime Le Pays, autre quotidien burkinabé. « A présent, l’un des premiers actes du président Kafando remis en selle, devrait être la dissolution pure et simple du RSP, estime le journal. Le contexte y est des plus favorables. Si cette unité reste en place, il y aura des risques de perturbations sociales, de mouvements de désapprobation. Mieux, s’il survit, il récidivera. »

Par ailleurs, poursuit Le Pays, « l’amnistie n’est pas une bonne solution. Ceux qui ont fauté doivent rendre des comptes au peuple burkinabè. Il faudra donc avoir le courage de sanctionner les fautifs, quitte à leur accorder le pardon si telle est la volonté du peuple ».

Et puis, estime encore le quotidien burkinabé, « le CDP, le parti de l’ex-président Compaoré, qui s’est fourvoyé devra, quant à lui, […] disparaître, au moins dans sa dénomination actuelle ».

Désormais il y a « trois sujets brûlants », renchérit le quotidien Aujourd’hui : l’amnistie, le RSP et l’inclusion. L’amnistie, question délicate, reconnait le journal : « Il faut s’atteler à l’urgence primordiale qui est l’organisation des élections, quitte à refiler la patate chaude de cette amnistie au nouveau pouvoir élu. La dissolution du RSP, elle, pourrait se négocier et à entendre le général Diendéré hier faire acte de contrition sur le tard, mais contrition tout de même, on peut se risquer d’affirmer que l’homme mince comme une lance mossi pourrait ne plus s’y opposer. Dans tous les cas, il serait bénéfique pour les Burkinabè que ce corps ne reste plus dans ses attributions actuelles, le RSP étant devenu le "régiment de séquestration présidentielle". Quant à l’inclusion il y a de sérieuses questions à se poser : doit-on faire un coup d’Etat pour faire participer de force 41 personnes recalées par le Conseil constitutionnel ? ».

En tout cas, conclut Aujourd’hui, « le train de la transition a sifflé de nouveau et on espère que, cette fois-ci, il arrivera en gare avec ses passagers et marchandises. Le peuple burkinabè le veut et lorsque le peuple veut quelque chose il l’obtient ».

Gare aux exclusions !

Attention toutefois, prévient pour sa part le site d’information guinéen Ledjely.com, « tous les acteurs publics burkinabè devraient examiner la question de l’inclusion du processus électoral avec moins de passion. […] Un pouvoir transitoire n’a pas vocation à dire qui devrait ou non prendre part à une élection, estime le site guinéen. […] Il a juste à s’assurer que le mécanisme de désignation du prochain dirigeant soit transparent et équitable. Pour ce qui est du choix ultime de ce dirigeant, c’est un privilège qui devrait être exclusivement réservé au seul peuple souverain du Burkina Faso ».

Qui plus est, poursuit Ledjely.com, « les électeurs potentiels viennent de démontrer qu’ils savaient faire le choix qui leur convient. S’il est vrai que les Burkinabè ont vomi tout ce qui s’apparente à Blaise Compaoré, on devrait le savoir avec les scores ridicules que les candidats issus du CDP devraient logiquement récolter dans des élections inclusives ».

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