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Aujourd'hui l'économie

La Catalogne: derrière le vote, l’indépendance

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Une urne dans un bureau de vote d'une école de Barcelone le 25 septembre 2015. L'Espagne s'apprête à voter ce dimanche pour renouveler son parlement.
Une urne dans un bureau de vote d'une école de Barcelone le 25 septembre 2015. L'Espagne s'apprête à voter ce dimanche pour renouveler son parlement. REUTERS/Andrea Comas
Par : Patricia Lecompte
8 mn

En Espagne, la Catalogne vote ce dimanche 27 septembre pour les élections régionales. Un scrutin aux allures de référendum sur son indépendance. La région la plus riche d'Espagne a-t-elle réellement les moyens de devenir autonome, est-ce économiquement viable ? Si en Catalogne, la coalition menée par Artur Mas, pro-indépendantiste et chef de l'exécutif catalan, obtient une majorité de sièges dimanche aux élections régionales, la tentation de l'indépendance pourrait devenir une réalité.

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De par son histoire, la Catalogne, qui représente 16 % de la population espagnole, a toujours su entretenir ses particularités et faire vivre son histoire. Bien qu'espagnole, la région a su cultiver ses différences au point d'en faire une région forte. La crise a encore accentué les différences, alors que l'économie espagnole vacillait, l'économie catalane résistait. Aujourd'hui, la Catalogne affirme haut et fort qu'elle est le fer de lance de l'Espagne, chiffres à l'appui. Riche de son industrie automobile, chimique, ou agroalimentaire la région affirme son dynamisme économique. A elle seule, elle représente 19 % du PIB espagnol. Par ailleurs 70 % des exportations espagnoles à destination de l'Europe, transitent par la Catalogne. En 2014, elles ont dépassé les 60 milliards d'euros. Sur le plan touristique, c'est la région d'Espagne la plus visitée.

Autant d'arguments qui poussent les Catalans à dire haut et fort qu'ils payent pour le reste du pays. Selon les indépendantistes, la région verserait 15 milliards d'euros d'impôts par an à l'Etat espagnol sans aucun retour, alors que, toujours selon eux, la Catalogne manque d'équipements et d'infrastructures pour améliorer son développement. Les indépendantistes considèrent donner plus qu'ils ne reçoivent au point qu'une partie des électeurs estime que l'Espagne les vole. Par conséquent, l'indépendance serait la bienvenue.

Si la Catalogne devenait indépendante, elle pourrait encore faire mieux, selon ses partisans qui affirment que son PIB par habitant serait supérieur à la moyenne européenne, l’excédent budgétaire dépasserait les 11 milliards d'euros, la protection sociale serait meilleure que dans le reste du pays et la fiscalité pourrait être plus douce.

Forte économiquement aujourd'hui la Catalogne pourra-t-elle encore le rester une fois indépendante ? En cas de victoire, Artur Mas n'a pas l'intention de déclarer l'indépendance au lendemain des élections. Il se donne 18 mois pour entamer le processus de séparation. Dans un premier temps, il souhaite négocier avec Madrid une séparation en douceur et discuter avec Bruxelles de son maintien dans l'Union. Si les trois parties parvenaient à un accord, la Catalogne assumerait alors, sa part de la dette espagnole, en revanche, faute d'accord elle n’aurait plus aucune obligation ce qui mettrait Madrid en difficulté, tout autant que la Catalogne qui sortirait alors de l'Union monétaire. Une menace à laquelle les indépendantistes ne croient pas. Selon eux, Bruxelles n'a aucun intérêt à exclure la Catalogne.

Pourtant des voix s'élèvent pour contrer l'optimisme des indépendantistes. Le gouvernement espagnol bien sûr, mais surtout les milieux d'affaires catalans. Ils agitent le chiffon rouge et mettent en garde l'opinion publique contre des conséquences dramatiques pour l'économie de la région. Chute du PIB, flambée des dépenses, explosion du taux de chômage, sans oublier la fuite des capitaux vers l'étranger. Une séparation de l'Espagne serait un choc pour le pays, et pour l'Europe. Certains patrons catalans sont sortis de leur réserve et prédisent un avenir assez sombre à la Catalogne. Les entreprises subiraient une perte de leur compétitivité, ralentissant les exportations.

De leur côté, les banques préviennent qu'en cas de sortie de la zone euro, elles reverront l'opportunité de rester ou non en Catalogne. De plus, Barcelone sera confrontée à la question cruciale : à quel prix pourra-t-elle se financer sur les marchés, et pourra-t-elle encore bénéficier des financements de la BCE ?

Pour sauver l'unité nationale, Madrid va devoir mener des réformes sur le système de financement des régions ainsi que son système fédéral afin que la Catalogne ne se sente plus lésée. 

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