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Invité Afrique

Mgr Ignace Bessi Dogbo: il faut aider la famille à «retrouver ses repères»

Audio 04:29
Le pape François au milieu des cardinaux et des évêques lors de la messe d'ouverture du Synode, le 5 octobre 2014.
Le pape François au milieu des cardinaux et des évêques lors de la messe d'ouverture du Synode, le 5 octobre 2014. REUTERS/Tony Gentile

Le synode sur la famille s’ouvre ce dimanche 4 octobre 2015 au Vatican. Des évêques venus du monde entier vont discuter de la doctrine de l’Église sur des thèmes qui font souvent polémique : divorce, homosexualité, union libre, polygamie, etc. Les évêques africains veulent s’impliquer dans le débat. Ils ont publié leurs recommandations le 14 septembre. Parmi les évêques qui représenteront le continent africain, monseigneur Ignace Bessi Dogbo, évêque de Katiola, en Côte d’Ivoire, est l’invité d’Anthony Lattier.

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RFI : Qu’attendez-vous de ce synode sur la famille ?

Monseigneur Ignace Bessi Dogbo : J’attends que ce synode permette à la famille de retrouver ses repères et j’attends que la famille réponde à sa vocation et à sa mission au sein de l’Eglise et au sein de la société.

Aujourd’hui, la famille est-elle désorientée ?

La famille est désorientée, on pourrait le dire. L’Eglise, bien sûr, dans certains cas, a besoin d’écouter les familles en difficulté pour les aider à vivre leur vie familiale dans la joie, mais aussi en étant fidèles à la volonté de Dieu sur l’homme, sur la famille.

Quels sont les défis qu’affrontent aujourd’hui la famille africaine ?

La famille africaine aujourd’hui est dans un village planétaire. Les Africains sont comme tous les autres, à part le fait que dans les villages les plus reculés, il peut y avoir des différences. Beaucoup sont, par la culture, polygames et quand ils vont vers l’évangile, ils se posent des difficultés.

Justement, comment, d’après vous, l’Eglise doit-elle répondre à la question de la polygamie telle qu’elle est pratiquée en Afrique ?

Les évêques africains ne voudraient pas que l’Eglise, dans sa pastorale vis-à-vis des polygames qui se convertissent, donne comme une sorte de caution à la polygamie. Les Africains aussi, en effet, ont besoin de se convertir pour correspondre à la volonté de Dieu sur l’homme, à savoir un mariage monogamique qui protège la famille et les enfants. Ils doivent faire un cheminement de conversion et, bien sûr, il y a certains cas douloureux.

Et cette approche de tolérance, pourrait-elle aussi s’appliquer, par exemple, aux homosexuels ?

Il ne faut pas que nous reculions. Il ne faut pas que l’homme, dans son évolution, recule.

L’Eglise évoque, dans un document de travail pour ce synode, peut-être un art de l’accompagnement plutôt que du rejet. Est-ce que ce n’est pas une meilleure solution plutôt que d’être dans le déni d’une pratique qui existe ?

Oui, un accompagnement mais je voudrais dire que pour accompagner, il faut savoir où se trouvent ces personnes. En Afrique, en général, ce sont des situations qu’on n’étale pas en public.

C’est peut-être aussi parce qu’ils ne se sentent pas accueillis par les hommes d’Eglise ?

Oui, mais c’est parce qu’en Afrique, il s’agit d’une situation qu’on trouve anormale. Et quand vous êtes dans cette situation, l’accueil qu’on doit vous réserver, c’est de vous aider et, parfois même en vous secouant à en sortir plutôt que d’y rester.

Est-ce que l’Afrique représente le camp des conservateurs sur ces sujets de société ?

Je ne crois pas que ce soit l’Afrique qui soit conservatrice. J’ai moi-même écouté pas mal de personnes en venant au synode. J’ai fait un petit tour à travers certains pays d’Europe. Tout le monde n’est pas d’accord pour aller dans n’importe quel sens. Donc, la fidélité à l’évangile, je ne crois pas que ce soit une situation de conservation.

Le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM) s’est réuni cette année pour préparer ce synode et il arrive donc avec une position commune. Pourquoi cette fois-ci, l’Afrique arrive-t-elle avec une position unie ? Est-ce qu’elle ne s’est pas fait assez entendre auparavant ?

Je ne crois pas que ce soit l’Afrique qui arrive avec une position unique opposée aux autres. Dans tous les pays du monde, il y en a pas mal qui rejoignent la position de l’Afrique. Partout, il y a des gens qui veulent que la famille puisse retrouver sa mission fondamentale au service de la société en étant stable et en ayant les moyens d’être sujet de cette mission-là. Ce n’est pas seulement en Afrique.

Est-ce que les évêques africains sont en phase avec le pape François ?

Je le pense parce que le pape François a beaucoup insisté sur la vérité et la miséricorde. C’est très important. En étant attaché à la fidélité par rapport au mariage, ce n’est pas aller contre la pensée du pape mais, au contraire, tenir à la fidélité à laquelle il tient. Ensuite, cette vérité permettra alors de voir comment, sur le plan pastoral, aider les familles en difficulté, là où c’est possible.

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