Chronique des matières premières

La fièvre catarrhale retarde les exportations de bovins français

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Les visiteurs marchent dans des allées vides, sans animaux, à cause de l'épidémie de fièvre catarrhale, au Sommet de l'élevage de Cournon en Auvergne, le rendez-vous européen des professionnels de l'élevage.
Les visiteurs marchent dans des allées vides, sans animaux, à cause de l'épidémie de fièvre catarrhale, au Sommet de l'élevage de Cournon en Auvergne, le rendez-vous européen des professionnels de l'élevage. AFP PHOTO/THIERRY ZOCCOLAN

C'est le principal rendez-vous européen de l'élevage, mais il a lieu sans animaux cette année. Le sommet de l'élevage de Cournon, en Auvergne, dans le centre de la France, veut éviter la propagation de la fièvre catarrhale ovine qui retarde les exportations de bovins français à l'étranger.

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Pour limiter la propagation de la fièvre catarrhale ovine, le sommet de l'élevage de Cournon est un théâtre sans animaux cette année. Mais pas sans acheteurs étrangers, de plus en plus demandeurs de bovins français vivants; un tiers des veaux français, les fameux « broutards », sont vendus dans le grand pourtour méditerranéen pour y être engraissés. Quant aux animaux reproducteurs ils sont exportés jusqu'en Côte d'Ivoire et au Kazakhstan !
Les chiffres étaient exceptionnellement bons au premier semestre de cette année [780 000 bêtes, une augmentation de 10%], jusqu'à l'irruption le mois dernier de la fièvre catarrhale ovine. Cette maladie animale, qui n'était pas réapparu depuis 2008 en France, n'a aucune conséquence sur la viande ni sur la santé des bovins, mais en se transmettant d'une espèce à l'autre, elle peut tuer les ovins (moutons, chèvres, etc...).

Pour enlever toute crainte à ses marchés extérieurs, le gouvernement français a donc décidé de faire vacciner les bovins destinés à l'exportation. Mais il faut malgré tout renégocier tous les contrats avec les pays acheteurs. Et déterminer les conditions dans lesquelles ils acceptent d'importer avant la fin de la quarantaine qui suit le vaccin : 80 jours qui bloquent à chaque fois quelque 250 000 bestiaux.
La filière française propose donc, c'est un procédé unique, de détecter les bêtes qui n'ont pas été infectées. L'Espagne a accepté, la Turquie, de plus en plus demandeuse de bovins à engraisser, est sur le point de le faire. La délégation turque est d'ailleurs très importante au sommet français de l'élevage. Les négociations sont encore en cours avec l'Algérie, plus réticente, et avec l'Italie, principal marché d'exportation, et de loin, des broutards français. Quant à la Russie, les éleveurs bovins français ne se précipitent pas pour renégocier : si leurs animaux vivants échappent à l'embargo imposé par Moscou, ils ne veulent pas risquer de les voir bloqués à la frontière russe sous un prétexte sanitaire.

 

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