Revue de presse française

A la Une: poussée de fièvre en Turquie

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AFP

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« La colère gronde après l’attentat d’Ankara », pointe Le Figaro. « Les autorités privilégient la piste de l’État islamique, mais l’opposition pointe la responsabilité indirecte de l’État au lendemain de l’attaque terroriste qui a fait 97 morts et près de 250 blessés samedi dans la capitale turque. (…) Cette attaque n’a pas été perpétrée contre notre État et notre nation, mais par l’État contre le peuple ", a accusé - sans présenter de preuves - le coprésident du Parti démocratique des peuples, Selahattin Demirtas. Ce parti de la gauche prokurde avait créé la surprise aux élections législatives du 7 juin, rappelle Le Figaro, en remportant 13 % des suffrages et 80 sièges au Parlement. Son score avait contribué à faire perdre au Parti de la justice et du développement, l’AKP, du président Recep Tayyip Erdogan, la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans. »

 
L’Humanité pour sa part est catégorique : « L’attentat d’Ankara est le sanglant résultat de la stratégie d’Erdogan. (…) Le président turc a choisi de mener campagne dans le sang. À trois semaines des élections législatives turques, le bilan s’élève à des centaines de victimes, soupire le quotidien communiste, kurdes pour la plupart, bombardées, civils et combattants du PKK mêlés, assassinées par les nervis du parti au pouvoir, l’AKP, brisées par des attentats que la police n’a pas cherché à empêcher. (…) Pour cet islamiste, (…) la stratégie de la peur semble le seul moyen d’empêcher les électeurs de le désavouer une seconde fois. »

Libération montre également du doigt le président turc : « Toujours plus autocratique au fur et à mesure que monte la contestation, depuis les manifestations du printemps 2013 contestant l’arrogance de son pouvoir et la corruption de sa clique, Erdogan mise sur une stratégie de la tension pour galvaniser ses partisans, pour les élections anticipées du 1er novembre. Alors même qu’une fraction croissante de la population avait désavoué dans les urnes son parti en juin, ouvertement hostile à ses rêves d’une république présidentielle. Ce choix d’attiser en permanence le clivage entre le " eux " et le " nous " porte peu à peu le pays vers la guerre civile. »

Cellules clandestines ?

Et « une ultime et effrayante hypothèse hante les esprits, relève Le Midi Libre : [ce que les turcs appellent] l’État profond. [A savoir], un réseau de cellules clandestines, cachées dans les rouages de l’appareil d’État avec la complicité plus ou moins avouée des services secrets turcs. Leur mission : mener des opérations de déstabilisation pour mieux ressouder les rangs autour du pouvoir en place. À trois semaines des législatives anticipées, cette théorie complotiste se répand comme une traînée de poudre… La faute au président Erdogan, s’exclame Le Midi Libre, qui ne cesse d’utiliser la stratégie de la tension. La faute aux autorités en place qui n’ont pas su former un gouvernement de coalition après treize ans de dirigisme absolu. La faute à ceux qui, manipulés ou non, fous de Dieu ou pas, terroristes ou traîtres, confondent raison d’État et permis de tuer. »

Il faut dire que « depuis cet été, Erdogan louvoie et rebat les cartes, complète L’Union. Prêt à tout pour renverser Bachar el-Assad, il a d’abord fait de la Turquie une base arrière de Daech. Mais l’électrochoc de l’attentat Suruç en juillet l’a convaincu de participer aux frappes contre la Syrie aux côtés de la coalition. Le gouvernement en a profité pour partir en guerre contre tous les terrorismes, celui de l’État islamique et celui du PKK, avec qui il essayait pourtant de renouer le dialogue depuis quelques années. Le président turc enterre ainsi la possibilité d’une résolution politique de la question kurde. À trois semaines des élections, Erdogan joue avec le feu, constate également L’Union. Il tente d’exacerber tous les nationalismes pour gagner des voix, dans ce pays où certaines régions ne sont plus très loin de la guerre civile et où les Kurdes sont 15 millions. D’aucuns lui prêtent une possible implication dans le bain de sang de samedi par le biais de l’activation de cellules dormantes dans les organes du pouvoir. Erdogan a trop d’ennemis. La situation est explosive. »

La crainte du Front

La politique en France : à deux mois des régionales, droite et gauche « redoutent une percée du Front national ». C’est la Une du Figaro. Le Figaro qui estime qu’un « succès du parti de Marine Le Pen en décembre pourrait avoir des répercussions aussi bien sur le Parti socialiste que sur les Républicains. » Et « on imagine sans mal ce que seront les commentaires du 6 décembre au soir, à l’issue du premier tour des élections régionales. Une nouvelle fois, la patrie sera déclarée " en danger ", puisque le Front national obtiendra vraisemblablement un score remarquable. La gauche dira son " effroi ", la droite son " inquiétude ", ce qui ne changera rien à l’affaire. (…) La responsabilité de la gauche est immense, souligne Le Figaro. Les socialistes ont beau le contester, ils sont les plus grands pourvoyeurs du vote Front national. Un chômage endémique, une politique économique désastreuse, des impôts punitifs (…). La droite, hélas, n’est pas en reste, reconnaît le quotidien d’opposition. Depuis tant d’années, elle dit beaucoup et fait très peu, tétanisée par ce qu’en dirait la gauche. On l’a vue récemment s’écharper à n’en plus finir sur le " cas Morano ", sous l’œil satisfait de socialistes ultraminoritaires qui comptent les points et, à la fin, distribuent à droite les blâmes et les diplômes. Le chômage progresse encore et toujours ? La crise des migrants s’amplifie ? Rien à l’horizon n’incite à l’optimisme ? Peu importe !, soupire Le Figaro. Ce qu’a dit Nadine Morano est beaucoup plus alarmant… »

Pas au niveau !

La Coupe du monde de rugby : les schtroumpfs bleus se sont fait manger hier par les géants verts… 24 à 9 pour les Irlandais face à des Français dépassés…

« Les Bleus au bord du gouffre », constate L’Equipe. « Pris par l’Irlande dans tous les secteurs du jeu qu’ils croyaient pouvoir dominer, les Français ont bazardé leur capital confiance à une semaine de retrouver les All Blacks en quarts. »

Désormais, « le XV de France est condamné à l’exploit », pointe Le Figaro. « Les Bleus voulaient savoir. La réponse est tombée, tranchante. Sans appel. Ils ne sont pas au niveau des meilleures nations. »

« Ça promet face aux Blacks, souffle Le Parisien. " On est encore en course, on va essayer de se remobiliser ", ânonne le sélectionneur Philippe Saint-André. Se remobiliser pour quoi ?, s’agace Le Parisien. Pour affronter les All Blacks samedi soir à Cardiff ? Il vaudrait peut-être mieux aller brûler un cierge, immédiatement, pour s’en remettre à un miracle. Parce que, sinon, on ne voit pas trop comment Thierry Dusautoir et ses coéquipiers vont s’en sortir face aux hommes en noir. Peut-être, si ces derniers font preuve de suffisance ou si une météorite frappe leur hôtel de Swansea. Car, hier, relève encore Le Parisien, on a vu beaucoup trop de faiblesses pour se bercer d’illusions. »

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