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Revue de presse Afrique

A la Une: lendemain de scrutin incertain en Guinée

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le climat est électrique en Guinée après le premier tour de l’élection présidentielle. C’est ce que constate notamment le site d’information guinéen Aminata : « même si le vote s’est déroulé dimanche dans le calme sur toute l’étendue du territoire guinéen, les dernières sorties médiatiques des adversaires du président sortant Alpha Condé et les violences enregistrées à Conakry et dans certaines localités de l’intérieur de la Guinée laissent présager un lendemain incertain après la publication des résultats par la CENI. Durant toute la journée d’hier, opposition et mouvance ont multiplié des déclarations dénonçant des fraudes massives à travers le pays. »

En effet, pointe le site Guinée Conakry Infos, « les sept candidats en lice pour succéder à Alpha Condé, le président sortant, se sont retrouvés hier lundi à la Maison de la presse pour demander purement et simplement l’annulation du scrutin, qu’ils ont à l’unanimité jugé d’entaché d’irrégularités. Notamment Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, qui a dénoncé le fait que les délégués dépêchés par son parti l’UFDG, dans la région de la haute Guinée aient été intimidés, chassés ou mis aux arrêts par les militants du parti au pouvoir, ou par les administrateur locaux. »

Pour sa part, rapporte le site AfricaGuinée, « le camp présidentiel a qualifié cette demande des sept adversaires du Président Alpha Condé d’“aveu d’échec”. »

Résultat, constate Ledjely.com, « après avoir voté dans le calme et la sérénité, c’est avec une dose d’anxiété que les Guinéens attendent la publication des résultats du premier tour de dimanche. Ils sont d’autant plus inquiets que les velléités de contestation desdits résultats sont désormais clairement exprimées. […] Pour autant, tempère le site guinéen, il est très peu probable que les accusations de l’opposition puissent prospérer. Leur revendication relative à l’annulation du scrutin, encore moins. D’abord, explique Ledjely.com, parce qu’au sein de la communauté internationale et au niveau des institutions guinéennes, il n’est pas sûr qu’on avalise la thèse selon laquelle le motif et l’ampleur des dysfonctionnements justifient que la crédibilité de l’opération électorale, dans son ensemble, soit remise en cause. D’un autre côté, il n’est pas sûr que l’unité de l’opposition se pérennise de manière à susciter une pression qui contraindrait les autorités à lâcher du lest. »

Pente glissante ?

Dans la presse de la sous-région, c’est l’inquiétude… « Alors même que les résultats provisoires ne sont pas attendus avant demain mercredi, la Guinée s’engage de nouveau sur une pente glissante, soupire L’Observateur Paalga au Burkina, comme si elle était abonnée aux lendemains électoraux chahutés, pour ne pas dire violents. Et le plus surprenant dans tout cela, c’est le fait que l’opposition n’ait même pas pris la peine d’attendre que les urnes rendent leur verdict avant de contester celui-ci, comme si elle était déjà convaincue de sa défaite, pour ne pas dire de la victoire dès le premier tour du locataire de Sékoutoureya. »

Le quotidien Le Pays, toujours au Burkina, estime que la CENI porte une responsabilité écrasante dans cette affaire… « La Guinée risque de renouer avec les vieux démons, constate le journal, car les résultats de la présidentielle pourraient faire l’objet de contestations avec leur lot de violences, surtout dans un pays où les clivages ethno-régionalistes ont pignon sur rue. Et si cela arrivait, la Commission électorale nationale indépendante en porterait donc une lourde responsabilité ; elle qui, naguère, criait à qui voulait l’entendre qu’elle était prête pour la présidentielle et qui, toute honte bue, passe aux aveux en invoquant des anomalies techniques. Car, dans le cas d’espèce, la CENI s’est comportée en scélérate impardonnable, s’exclame encore Le Pays. Or, la fiabilité et la crédibilité d’un scrutin passent non seulement par la qualité irréprochable du fichier électoral, mais aussi par la neutralité incontestée de ceux qui arbitrent le jeu politique. Tel n’est vraisemblablement pas le cas en Guinée. C’est pourquoi, estime Le Pays, il ne serait donc pas étonnant de voir certains candidats revendiquer la victoire avant même que la CENI, qui semble prise dans un écheveau, ne proclame les résultats provisoires, et ce, en dépit des appels au calme et à la retenue lancés par l’Union africaine et la communauté internationale. La Guinée retient son souffle. »

Enfin, le quotidien Aujourd’hui à Ouaga appelle, lui, à un grand coup de balai au sein de la classe politique guinéenne… « Les leaders actuels sont des sexagénaires ou des septuagénaires et il est grand temps que les citoyens guinéens regardent du côté de la génération montante. Ce serait d’ailleurs l’occasion d’opérer la métamorphose politique par un renouvellement des leaders, et pourquoi pas un changement de paradigme. Les dirigeants actuels venant quasiment du même moule, soit opposants à Sékou Touré ou à ses successeurs, soit membres du gouvernement des régimes passés. C’est peut-être par cette rupture générationnelle que ce pays pourra conjurer le spectre des mauvais génies qui viennent toujours les visiter à chaque élection. »

 

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