Revue de presse Afrique

A la Une : du vert, du jaune, du rouge, sur les Champs Elysées

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le drapeau malien est déjà installé tout au long de la majestueuse avenue parisienne, aux côtés du Bleu-Blanc-Rouge de la France. Plusieurs photos sur le portail Malijet, à la veille d’une visite qualifiée d’historique : visite d’Etat pour Ibrahim Boubakar Keita. C’est le rang protocolaire le plus élevé pour l’Elysée. Il n’y en a que quatre ou cinq chaque année. Le journal Infosept estime qu’après « 55 ans de coopération bilatérale, la France vient de désigner le président malien le plus francophile de son histoire ».

Dîner avec François Hollande, conférence à la Sorbonne, montée et descente des Champs Elysées, sommet de l’OCDE consacré au développement du Mali : « IBK au pays de Jeanne d’Arc », titre Le Prétoire avec un bri d’ironie. « Quand la France veut, le Mali s’en ressent mieux. »

Le quotidien poursuit : « Cette grande France, enfin visitée par la grâce, après plusieurs années en train de pouponner l’ancienne rébellion hostile au régime de Bamako. Les Maliens ont longtemps attendu un signal fort de l’ancienne métropole pour mettre un holà aux galipettes des anciens mouvements rebelles touaregs. »

Trop beau pour être vrai

Dans le contexte tendu au nord du Mali, cette visite est critiquée par d’autres journaux du pays. « IBK va-t-il demander à la France de clarifier son rôle ? », demande L’Aube dans son éditorial. « Que François Hollande sache qu’au Mali, il n’a plus la même popularité qu’aux premières heures de l’opération Serval. Papa Hollande n’est plus qu’un lointain souvenir. »Et L’Aube enfonce le clou : « Après ces honneurs, IBK devra faire face à la réalité, celle de son pays. »

Tout aussi cinglant, L’Indicateur du Renouveau suppose un « jeu trouble » des Français, qui au nord du Mali remettraient rebelles et autres trafiquants de drogue « au centre du jeu ». Hier à Kidal, rentrée des classes à haute valeur symbolique. La mise en place d’une administration mixte inquiète le journal. Titre de l’édito : « Trop beau pour être vrai ».

Peur au ventre

La presse guinéenne est dans l’attente, même si « la vie reprend de plus belle à Conakry ». C’est même le titre choisi par le site Tamtamguinée.Le grande marché de Mototo, vandalisé avant les élections, retrouve comme d’autres quartiers son ambiance habituelle. Avec la trace des magasins incendiés et non reconstruits.

L’article évoque les appels à la retenue venus des citoyens. Car en attendant l’arrêt définitif de la Cour constitutionnelle, les Guinéens auraient toujours « la peur au ventre ». La Cour promet de saisir à son tour Lansana Kouyaté, un des candidats malheureux qui rejette les résultats de la présidentielle. On le voit en photo chez lui devant la presse sur le site Médiaguinée. Saisir la cour, « pour faire valoir nos droits, rien que nos droits ».

Une procédure vouée à l’échec, estime déjà L’Observateur Paalga. Le journal burkinabè pense que le vainqueur proclamé, Alpha Condé, est « sur son gros nuage en train de boire du petit lait. Il saura qui sait, en temps opportun, être reconnaissant envers ses opposants. Une seconde victoire pour le chef de l’Etat réélu », qui selon L’Observateur Paalga ne modifiera pas la Constitution, comme certains de ses homologues africains. « Il ne succombera aux chants des sirènes de la tripatouillite ».

Des ordures qui valent de l’or

Reportage long et documenté dans le journal Sud intitulé « Bombe écologique ». Il s’est rendu dans la décharge de Mbeubeuss, à Dakar, qui cultive un énorme paradoxe. A la fois, cet amas d’ordures constitue une menace pour les habitants de la capitale : risques sanitaires et environnementaux. Contamination de la nappe phréatique, polluants organiques, émissions de méthanes, mais aussi de CO2, dangereux pour la planète.

Mais dans le même temps, l’organisation autour de la décharge draine une certaine économie. Elle fait vivre beaucoup de monde, contribue à la régulation de la criminalité. Une fonction sociale non négligeable. Ici les femmes seraient libres, ne dépendraient pas des hommes. Recycleurs, récupérateurs, ces ordures valent de l’or, selon ce reportage qui évoque un projet de délocalisation controversé. Il y a même un artiste, qui peint des tableaux en relief, avec les matériaux récupérés.

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