Aujourd'hui l'économie

Les défis économiques du prochain président de l’Argentine

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Le candidat à l'élection présidentielle argentine, Daniel Scioli et la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchner à Buenos Aires, le 20 octobre 2015.
Le candidat à l'élection présidentielle argentine, Daniel Scioli et la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchner à Buenos Aires, le 20 octobre 2015. REUTERS/Marcos Brindicci

Election présidentielle cruciale ce dimanche en Argentine. Elle met fin à 12 ans de règne du couple Kirchner. Leur politique a sorti de la pauvreté un grand nombre d'Argentins. Le successeur pourra-t-il continuer sur la même ligne ?

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Nestor Kirchner élu en 2003, puis son épouse Christina qui lui a succédé en 2007, ont profité d'une opportunité historique : au début des années 2000 le cours des matières premières grimpe et la demande explose. La manne du soja et du maïs dont l'Argentine est l'un des grands producteurs va porter la croissance et financer les programmes sociaux via des taxes sur les exportations.

Malgré le défaut sur la dette en 2001 qui a mis le pays à terre, l'Etat a donc les moyens de sa politique généreuse. Depuis 2013, les marchés de matières premières se sont retournés, et l'Argentine souffre globalement du ralentissement de l'Amérique latine. Il faudra donc trouver de nouvelles ressources pour financer les programmes sociaux qui demeurent nécessaires : le sort de millions d'Argentins s'est nettement amélioré sous l'ère Kirchner mais il reste précaire, la moitié de la population vit avec un revenu avoisinant le salaire minimum, équivalent à un peu moins de 700 dollars.

Quelles solutions proposent les candidats ?

Daniel Scioli, adoubé par le parti peroniste, se veut le candidat de la continuité et évite d'entrer dans les détails sur ses intentions, c'est sans doute ce qui fait de lui le favori du scrutin. Son principal rival, Mauricio Macri, issu du centre droit, se définit comme l'homme du changement, et pourtant il demeure prudent.

Il y a quelques jours il s'est empressé de rassurer les Argentins : il ne touchera pas aux aides sociales. Pour accompagner le ralentissement il prône moins d'Etat dans l'économie et la levée du contrôle des changes. Une réforme alléchante car beaucoup d'Argentins ont une pile de dollars qui dort sous le matelas. Cela donnerait de l'oxygène à une économie sous capitalisée. Mais entrainerait une dévaluation du peso, et donc une perte de pouvoir d'achat pour une population déjà confrontée à une inflation à deux chiffres.

L'Argentine paie toujours le prix du défaut sur sa dette en 2001

Effectivement c'est pour empêcher la fuite des capitaux que le contrôle des changes et des capitaux a été mis en place. Cet environnement décourage toujours les investisseurs étrangers. Pour les attirer, le gagnant du scrutin devra enfin solder les comptes du défaut. En commençant par trouver une issue au contentieux avec les fonds vautour américains. Le bras de fer judiciaire continue, l’Argentine vit toujours sous la menace d’un remboursement de plusieurs milliards de dollars.

Une fois ce conflit réglé l'Argentine pourra à nouveau faire emprunter sur les marchés extérieurs. C'est aujourd'hui l'un des rares Etats faiblement endettés, en partie grâce au défaut, mais avec la récession qui plane sur toute l'Amérique latine, un peu d'argent frais serait bienvenu.
 

 

Le chômage continue à baisser en Espagne.

On dénombre dans ce pays 4,8 millions chercheurs d'emploi au troisième trimestre. 500 000 de moins que l'an dernier. En partie parce que certains ont renoncé à chercher un travail, en partie grâce à la création d'emplois souvent précaires. Avec un taux de 21,8 % le chômage demeure la grande faiblesse de la reprise espagnole.

 

 

 

 

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