Nouvelles technologies

De l’eau de mer potable

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la « pervaporation » permettrait par exemple d'épurer à 100 % des eaux fortement concentrées en sel comme celle de la Mer Rouge.
la « pervaporation » permettrait par exemple d'épurer à 100 % des eaux fortement concentrées en sel comme celle de la Mer Rouge. Wikipedia

Des chercheurs égyptiens ont mis au point une nouvelle méthode pour transformer l’eau de mer en eau douce. Leur procédé se révèle plus propre et économe en énergie que celui employé dans les usines de dessalement. Dominique Desaunay

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Selon le site de l’association Water.org, quelque 750 millions de personnes sur notre planète bleue ne disposent pas d’un accès pérenne à une source d’eau potable. Afin d’approvisionner leur population exclue des circuits de distribution de cette ressource pourtant vitale, l’Égypte et la plupart des pays du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord, ont développé sur leurs côtes maritimes, des usines de dessalement.

Cette industrie qui se révèle efficace, présente cependant de nombreux inconvénients. Son principe de fonctionnement est basé sur un processus complexe appelé osmose inverse, l’eau salée qui est soumise à une énorme pression passe au travers de différents filtres pour se purifier.

La méthode nécessite une infrastructure coûteuse et de grandes quantités d’électricité, les systèmes de filtration sont fragiles et à durée de vie limitée. Par ailleurs, ce dessalement empoisonne l’environnement marin en rejetant des quantités d’eau hautement concentrée en sel et autres polluants. Des chercheurs de l’Université d’Alexandrie en Égypte, ont mis au point une nouvelle technique pour transformer l’eau de mer en eau douce en améliorant le procédé inventé il y a des années, dénommé la « pervaporation ».

Le principe est de verser de l’eau salée sur une membrane imprégnée de poudre fibreuse d’acétate de cellulose. Cette matière extraite de la pulpe de bois est bon marché et facile à fabriquer selon les chercheurs. Le filtre qu’ils ont conçu, retient les plus grosses particules de sel, la membrane ainsi que le container rempli d’eau saumâtre sont placés au-dessus d’une source de chaleur.

Résultat, sans dépenser la moindre électricité pour actionner des pompes de pression, le sel est retenu et la vapeur du liquide est récupérée. Une fois condensée, elle deviendra une eau douce immédiatement consommable.

Le système conviendrait pour épurer à 100% des eaux usées, boueuses ou fortement concentrées en sel « comme celle de la mer rouge » affirment les chercheurs.
Ils comptent développer une petite unité « pilote » de dessalement à Alexandrie afin de prouver la pertinence de leur concept avant de passer à la phase industrielle du projet. Une innovation, si elle tient toutes ses promesses, résoudrait le problème de la pénurie d’eau potable dans les pays du sud, responsable chaque année d’environ 840.000 décès. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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