Invité du matin

Hubert Védrine: «La coalition contre Daech doit être militaire et politique»

Audio 08:43
Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères.
Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères. RFI

l’Atlas du monde global, 100 cartes pour comprendre un monde chaotique, aux éditions Armand Collin, novembre 2015" > Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, est ce mardi l’invité du matin de RFI. Au lendemain du discours de François Hollande devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, Hubert Védrine se félicite des nouvelles orientations diplomatiques annoncées par le président de la République. Il répond aux questions de Frédéric Rivière.Co-auteur de l’Atlas du monde global, 100 cartes pour comprendre un monde chaotique, aux éditions Armand Collin, novembre 2015

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« Cette tragédie est une occasion dans le drame de franchir ce pas, de faire cette évolution, de mener des grandes politiques étrangères réalistes qui devraient converger parce que même si la liste paraît extraordinairement diverses et pas évidente à mettre d'accord, il n'y a pas de divergences fondamentales dès lors qu’on considère que la menace numéro 1 qu’il faut éradiquer c’est Daech. Jusqu’ici Daech a été simplement endiguée : les frappes ont permis d’empêcher que Daech aille jusqu’à Bagdad ou jusqu’à Damas. »

« Il faut se mettre d’accord sur l’éradication, militaire puis politique, parce que si il n’y a pas de solution politique à la sortie, la coalition ne tiendra pas. »

« [...] dans l'immédiat si on veut être vraiment efficace il faut faire cette coalition, notamment avec la Russie; le risque des dernières semaines c'était qu'il y avait deux coalitions qui avaient des objectifs un peu différents

« Il n'y a pas de contradictions fondamentales avec la Russie dans le fait d'éradiquer Daech [... ] je pense même qu'il n'y a pas de contradiction avec la Chine [...]. Maintenant il y a un désaccord, pour le moment, sur la solution politique en Syrie sur la personne du Président Assad puisque pendant longtemps les Occidentaux, les Etats-Unis et la France notamment, disaient : pas de solution avec Assad, il doit même partir au préalable. Ce préalable a été abandonné compte tenu des circonstances et de l'urgence. »

«Dès qu'il y a coalition politique et militaire, ça ne veut pas dire que tout le monde devient par miracle d'accord immédiatement. Je pense que ces pays peuvent absolument parler de l'avenir de la Syrie ensemble, c'est-à-dire quelles sont les garanties à donner aux différents groupes une fois qu'Assad ne sera plus là, quelles sont les garanties pour que les alaouites ne soient pas massacrés par vengeance par les autres, quelles sont les garanties pour les Kurdes, les druzes, les chrétiens ; quelles sont les conditions qui permettront aux réfugiés qui sont en Turquie et en Europe de revenir : ça, ça peut se discuter independamement de la question Assad, ma conviction c'est qu'une solution est possible sur ce point et je me rejouis que les élements de cette coalition s'organisent. »

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