Chronique des matières premières

Le blé occidental a du mal à trouver des débouchés

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Un champ de blé texan.
Un champ de blé texan. Getty Images/DHuss

La concurrence devient féroce entre les grand pays exportateurs de blé. Cela est dû aux récoltes mondiales abondantes.

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Les récoltes de blé ont été particulièrement abondantes en 2015 à travers le monde. C'est la troisième année record d'affilée. Les estimations américaines parlent de 730 millions de tonnes de blé moissonnées. Même les pays importateurs, l’Iran et certains pays africains, ont connu de bonnes récoltes. Par conséquent, ils achètent moins de blé que d’habitude. Téhéran a même annoncé la fin de ses importations pour cette année.

Offre abondante et demande faible sur le marché font augmenter les stocks et baisser le prix de cette céréale. Face à un tel scénario, les gros producteurs mondiaux comme l’Union européenne, la Russie, l’Ukraine et les États-Unis se livrent à une concurrence acharnée pour écouler leur blé.

Avatange pour le blé français

La céréale américaine souffre du dollar fort sur un marché où les échanges se font en billets verts. Un avantage pour le blé français, qui comme celui des autres pays européens tire profit de la baisse de l’euro par rapport au dollar.

Profitant élégamment du faible coût du fret, les exportations françaises redémarrent depuis quelques semaines. Elles ont rattrapé début novembre leur niveau de l'an dernier, avec 2,7 millions de tonnes vendues, dont près des trois quarts vers l’Algérie, premier client traditionnel de la France. Mais à cause des récoltes record, la France cumule actuellement plus de 5 millions de tonnes de blé dans ses stocks, un niveau jamais vu depuis des décennies. Pendant ce temps, les grains russes et ukrainiens, beaucoup moins chers que l'Européen, raflent le marché mondial.

Des prix bas qui vont favoriser la demande

Les professionnels des céréales ne prévoient une hausse des prix qu’à moyen terme. Pour deux raisons : ils estiment que les prix bas vont favoriser la demande des pays importateurs, et que les épisodes climatiques de plus en plus ravageurs dans l’hémisphère sud à cause du réchauffement climatique vont endommager les cultures.

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