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Revue de presse française

A la Une: rien n’est joué!

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AFP

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C’est le grand titre du Parisien et il résume bien le sentiment général aussi bien à droite qu’à gauche après les résultats du premier tour des élections régionales.

« Rien n’est joué » pour le second tour, donc… Car, précise Le Parisien, « avec des triangulaires dans presque toutes les régions, le jeu est plus ouvert que jamais entre le FN, la droite républicaine et le PS. […] Avec 27,8 % des voix au niveau national, le FN ne devance que d’une courte tête les Républicains de Sarkozy, à 27,3 %. Le PS, sonné mais pas hors course, suit avec 23,2 % des suffrages exprimés dimanche. Résultat de cette tripolarité, constate Le Parisien, des matches à trois très incertains dimanche prochain, sauf dans le Grand Nord et en PACA, les deux régions où le PS, laminé, s’est effacé au profit de la droite pour faire barrage au FN. Tout va se jouer sur les reports de voix, et sur la mobilisation des abstentionnistes. »

A droite, on s’interroge… « Le grand doute », titre L’Opinion pour qui « les résultats du premier tour sont inquiétants pour les Républicains. »

En effet, rebondit Le Figaro, « la droite plafonne  7 % en dépit de son alliance avec toutes les sensibilités centristes, amis de François Bayrou inclus. Dimanche prochain, la victoire n’est probable que dans deux régions, les Pays de la Loire et Rhône-Alpes. La droite continue d’espérer sur un succès de Valérie Pécresse en Île-de-France. Elle voudrait encore croire possible d’éviter la victoire de Marine et de Marion Le Pen. Mais, relève encore Le Figaro, le rêve d’un triomphe aux régionales – ses dirigeants misaient jusqu’à dix victoires – semble désormais hors d’atteinte. »

A gauche, c’est aussi la soupe à la grimace… « Retrait de mauvaise grâce en région Paca, maintien contre l’avis du parti dans l’Est : la stratégie du “barrage républicain” fait grincer des dents », constate Libération.

Et finalement, signe révélateur de toutes ces incertitudes, pointe Le Midi Libre, dans les états-majors des partis traditionnels, « c’est le sauve-qui-peut général ! Au PS, l’appel du Premier ministre à constituer un front républicain reste en travers de la gorge des militants. À droite, même affolement. La peur de se voir siphonné par le FN fait sortir les couteaux chez Les Républicains. Nicolas Sarkozy est mis en cause ouvertement. Les primaires pour la prochaine présidentielle s’annoncent plus sanglantes que jamais. Et le Front national dans tout cela ? Il reste impassible, constate Le Midi Libre, discret et surfe sans effort sur cette forte rafale. Muet comme toujours sur son programme. Sur sa façon de gérer dans quelques semaines ses nouveaux territoires. Car pour lui, plus besoin de faire campagne. La partie est déjà gagnée. »

Nécessaire refondation…

Alors que faire face à ce bouleversement politique annoncé finalement depuis des lustres ? Que faire pour contrer le Front national ? De nombreux journaux s’interrogent ce matin et proposent des pistes…

Pour Le Monde, « il ne fait pas de doute que la responsabilité des partis qui gouvernent la France depuis des lustres est lourdement engagée. Ils en subissent, aujourd’hui, la sanction. Les uns et les autres ont échoué à sortir le pays du marasme où il se débat. Les uns et les autres n’ont pas su lui proposer un projet de société capable de lui redonner foi en ses atouts, en sa cohésion et en son avenir collectif. […] Sauver les meubles au second tour ne suffira pas. C’est une reconstruction en profondeur qui s’impose. »

Les Echos lancent cet avertissement sans frais : « ce n’est pas aux Français de se réveiller. C’est à ceux qui les dirigent. Sinon, il sera trop tard. »

« Quels projets positifs proposer aux Français pour sortir de ce marasme ?, s’interroge La Croix. Nous avons besoin de projets sérieux, durables, solidaires, pour atteindre un objectif décisif : remettre le travail au centre de la vie sociale. »

Pour Ouest France, nous sommes en « état d’urgence politique : […] un choc. Un avertissement. Un tsunami. Depuis trente ans, on lit ces mêmes titres au lendemain des élections. Et on y répond avec la même vaine dramatisation, sans que rien ne change. »

Alors, estime Ouest France, « face à un FN dominant, le PS et les Républicains doivent réfléchir à une recomposition. Mais pas avec ceux qui se détestent depuis trente ans. Plutôt autour d’une nouvelle génération et de valeurs partagées. Ce que Manuel Valls appelle une “maison commune”. »

Pour Libération, il faut que nos élites politiques réapprennent à « parler au peuple : […] le seul drapeau qui puisse rallier les classes populaires, c’est celui de la République sociale. Une République qui fixe des règles et qui les fait respecter, par exemple en matière de laïcité. Une République accueillante, ouverte, mais qui organise cet accueil et, là aussi, fixe des règles claires. Une République qui aide les entreprises, mais qui n’oublie pas qu’elles sont constituées de salariés, souvent inquiets pour leur avenir, et pas seulement de cadres ou d’actionnaires. Une République qui se souvienne que la compétitivité ne vaut rien en soi si elle n’est pas équilibrée par la solidarité. En un mot, une République qui respecte ses propres principes, qui ne soit pas celle des élites, mais une République du peuple. »

« Le changement doit dépasser la cosmétique habituelle, renchérit L’Alsace. Cela passera inévitablement par des bouleversements profonds, qui toucheront aussi bien les structures que les dirigeants et, surtout, les programmes des partis. »

Finalement, insiste Le Journal de la Haute-Marne, « quels que soient les résultats du second tour, les partis traditionnels sont condamnés à se renouveler. Il y va de leur survie. Cela veut dire l’émergence de nouvelles idées et de nouvelles têtes. Ce n’est pas aux électeurs de s’adapter aux vieilles recettes dont ils sont repus. »

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