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Revue de presse française

A la Une: crispations d'avant second tour

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AFP

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A quatre jours du second tour des régionales, les positions se crispent. On s’énerve. On s’invective. On s’interroge… « Peut-on voter pour eux ? », se demande Libération en première page. Eux, ce sont les trois candidats Les Républicains, Christian Estrosi en Paca, Xavier Bertrand en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Philippe Richert en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Trois candidats de droite pour lesquels la direction du PS appelle à voter afin de faire barrage au Front national. Alors « peut-on voter pour eux ? » Libération pèse le pour et le contre… et finalement lâche du bout des lèvres qu’il faut faire un « effort » et « qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre… ».

Dans l’Est, en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, les électeurs auront finalement le choix, puisqu’en dépit des injonctions de Solferino, le candidat PS arrivé 3e au dimanche a décidé de se maintenir… Là aussi, crispation… « Don Quichotte ou chevalier Bayard ?, s’interroge Le Républicain Lorrain. C’est l’histoire politique proche qui le dira. Mais en maintenant sa candidature au second tour des élections régionales, le socialiste lorrain Jean-Pierre Masseret fait tache dans le bel ordonnancement planifié par la rue de Solferino. »

Le Midi Libre s’agace : « ce refus de capituler offre sur un plateau la région Grand Est au FN. Et va laisser de profondes déchirures, en interne, au Parti socialiste. Attaqué par l’opposition, raillé par les écolos, critiqué par les frondeurs, voilà que le PS doit faire face à une nouvelle crise. »

L’Est Républicain hausse encore le ton : « le spectacle offert depuis deux jours d’un sénateur, élu depuis 28 ans, accroché au bastingage, donne du grain à moudre au Front national qui dénonce les méthodes des vieux partis. (…) Le Parti socialiste a tout donné à Jean-Pierre Masseret, y compris la possibilité, à 71 ans, de ne pas descendre du manège ! Il a fait le plus mauvais score socialiste de France et se maintient " pour gagner, avec le soutien du peuple ". C’est à la fois de l’orgueil et un suicide politique. »

Les Dernières Nouvelles d’Alsace fulminent également : « Jean-Pierre Masseret a donc décidé de saborder toute chance de priver le FN d’une victoire dimanche. Il prend une responsabilité immense. Et portera, le cas échéant, le fardeau d’être celui qui aura contribué à livrer sur un plateau cette nouvelle grande région à Florian Philippot. »

Vaudeville ?

Le Figaro s’énerve, également, à propos cette fois de l’union à gauche… « À la veille du second tour des élections régionales, ce dimanche, la gauche rejoue la énième scène de l’union, comme par enchantement. Le vaudeville de ces retrouvailles est aussi ridicule que pitoyable. PS, Europe Écologie-Les Verts, Front de gauche et autres groupuscules (…) vont donc faire cause commune. Leur mot d’ordre : " faire barrage au Front national ". Comme si cela suffisait à faire une politique ! »

Le Figaro dénonce également « un remariage de la carpe et du lapin, comme on en a souvent vu au sein de cette gauche kyrielle, écrit-il, où les batailles de chiffonniers sont légendaires. Sur le nucléaire, la sécurité, le temps de travail, le pouvoir d’achat… Sans oublier les projets d’aménagement du territoire qui déchaînent la violence des zadistes de Cécile Duflot contre les forces de l’ordre de Bernard Cazeneuve. »

L’Opinion, autre quotidien d’opposition, embraye à son tour : « depuis bientôt quatre ans, cette gauche diverse qui allait du MoDem à la gauche de la gauche s’est déchirée. Les communistes et le Front de gauche sont en opposition ouverte, les Verts sont passés de la méfiance à la franche hostilité, et une frange du Parti socialiste est entrée en dissidence après le limogeage d’Arnaud Montebourg et les multiples virages économiques du chef de l’Etat. (…) Profondément divisés sur la politique de la nation, les voilà opportunément rabibochés dans les régions. Une entaille de plus, soupire L’Opinion, dans la crédibilité des politiques. »

L’Humanité le reconnait… « Dimanche prochain, il nous faudra aller voter. Il n’y aura hélas que deux cas de figure pour faire barrage à la droite et à l’extrême-droite. Pour certains d’entre nous, soupire le quotidien communiste, il conviendra de se munir de gants pour réussir le simple geste de glisser un bulletin dans l’urne afin d’empêcher les candidats du FN de s’emparer de quelques-unes de nos régions. (…) Pour d’autres, là où nous défendrons des listes de rassemblement à gauche, avec des socialistes tout en haut de l’affiche, ce sera souvent le nez pincé. (…) Mais ni confusion, ni illusion, lance L’Humanité. Juste de la lucidité. »

Combinazione ?

En tout cas, toutes ces crispations font les affaires du Front national… Le FN qui est en tête dans six régions : « un inquiétant bruit de votes », ironise Le Canard Enchaîné. Et « se contenter de vouloir sauver les meubles n’est pas à la hauteur du danger, estime l’hebdomadaire satirique. Surtout quand le FN fait désormais partie du mobilier ! »

Finalement, relève L’Alsace, « ces élections régionales résonnent comme un immense cri de désespoir. Les Français, abstentionnistes ou électeurs déboussolés, veulent retrouver une vie politique. Celle-ci exige des partis unis derrière des responsables rassembleurs, capables de faire renaître l'espoir qui a déserté ce pays. »

Et on en est loin… Attention, prévient La Nouvelle République du Centre Ouest : « au-delà de cette élection, le tripartisme va multiplier la combinazione. Face à un bloc lepéniste encore homogène, les courants centrifuges vont se disperser au sein même des grands partis traditionnels, de gauche ou de droite, dont l’offre politique va s’éparpiller jusqu’à se rendre inaudible. »

« Les Français sont en plein doute », renchérit La Croix.

D’autant que nos « élites sont coupés des réalités françaises », écrit dans Le Monde, la philosophe Alexandra Laignel-Lavastine. « A force d’occulter les problèmes posés par une immigration de masse extra-européenne, par la porosité de nos frontières, par le prodigieux écho que rencontre l’islamisme dans nos banlieues, par la poussée du communautarisme, du sexisme, de l’homophobie et de l’antisémitisme, à force d’occulter tout cela donc, les " bien-pensants " de droite comme de gauche ont pratiqué un déni idéologique. D’où cette triste débâcle politique. »

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