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Revue de presse française

A la Une: le premier parti de France

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AFP

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C’est le plus courtisé en cette veille de second tour : il s’agit des abstentionnistes. Un peu plus de 50 % des électeurs ne sont pas allés voter dimanche dernier, soit un peu plus de 22 millions de personnes… « Les abstentionnistes vont-ils changer la donne ? », s’interroge ce matin Le Figaro en première page. « Mobiliser les abstentionnistes sera l’une des clés du second tour, assure le quotidien d’opposition. Mais aussi l’une des grandes inconnues. Pour le Front national, la situation est particulière. Le parti de Marine Le Pen, vainqueur du premier tour, ne s’est jamais retrouvé dans une telle position et on ignore donc s’il dispose encore d’une réserve de voix. Face à la menace de voir le FN l’emporter dans plusieurs régions, les électeurs de gauche sont a priori censés se mobiliser davantage au second tour. Pour tenter de faire pencher la balance, plusieurs poids lourds du gouvernement se sont lancés dans la bataille. À droite aussi, pointe Le Figaro, les candidats tentent de mobiliser les abstentionnistes du premier tour, surtout dans les régions où le combat s’annonce serré. »

Serré…

Justement, la lutte sera certainement très indécise dans deux régions emblématiques : Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie… Deux régions où le Front national est arrivé en tête, avec Marine Le Pen au Nord et Marion Maréchal-Le Pen au sud. Ce matin, un sondage, TNS Sofres pour Le Figaro indique qu’« en PACA, le maire de Nice Christian Estrosi devancerait Marion Maréchal Le Pen avec 54 % des voix, contre 46 % à sa concurrente. […] Il semblerait que les électeurs, notamment de gauche, soient massivement décidés à faire barrage à la benjamine de la famille Le Pen. »

Même tendance pour un sondage Odoxa-Le Parisien, publié également ce matin. « Malgré ses dérapages droitiers, Christian Estrosi bénéficierait de bons reports de voix des électeurs de gauche, affirme Le Parisien. Ce qui lui permettrait de battre, de peu, sa rivale Marion Maréchal-Le Pen. » Christian Estrosi l’emporterait de justesse avec 52 % des voix.

Et puis, on renvient au sondage TNS-Sofres pour Le Figaro qui donne Xavier Bertrand pour la première fois largement gagnant dans le Nord au second tour avec 53 % des intentions de vote contre 47 % à Marine Le Pen.

On se prépare donc à des scores très serrés dimanche soir. « Un scrutin indécis, relève La Montagne, dans au moins 8 régions sur 12. Qui l’eût cru, il a quelques semaines ! […] Il y aura, le 13 au soir, pour chacune des trois grandes forces en présence, deux types de bilan à tirer des régionales : le comptable et le politique. […] Et, pointe La Montagne, la droite LR se prépare, même si elle est de peu, dimanche, la gagnante au plan comptable, à être la perdante au plan politique. Nicolas Sarkozy s’est targué d’être le meilleur rempart contre le FN et a laissé miroiter une Bérézina pour le PS et la gauche. L’échec même relatif sur les deux fronts serait un sérieux revers pour lui. Dans son parti, certains ont aiguisé leurs couteaux dans l’ombre, ces derniers jours. »

Sarko embourbé

En effet, l’ancien président est sur la sellette… « Avec cet optimisme qui parfois l’égare et lui fait croire qu’il est le meilleur, Nicolas Sarkozy avait tellement misé sur un triomphe, s’exclame La Dépêche du Midi, face à des socialistes supposés déconfits. Dimanche dernier, il a dû ravaler ses prétentions au vu d’un premier tour particulièrement maussade pour ses couleurs. […] Décidément, l’ancien Président ne “marque” plus l’opinion. Contre cette mauvaise fortune, il lui faudrait faire bon cœur, changer si possible de discours et de stratégie. Et c’est précisément ce qu’il refuse, s’exclame encore La Dépêche. Le voilà qui recommence à parler trop vite. Mardi soir en Aquitaine, Nicolas Sarkozy a publiquement rechuté. Faire du pied au FN dans l’espoir d’en récupérer quelques électeurs, le fait apparaître comme un dragueur impénitent et, pour tout dire, un brin “lourdingue”. »

Effectivement, pointe L’Est Républicain, « mardi, en soutien à une candidate de la droite modérée, Nicolas Sarkozy a martelé que le vote pour le FN n’était pas “immoral”. Quelle mouche a piqué le patron désormais de plus en plus contesté des Républicains d’employer cet argument démagogique de premier tour ? »

Du coup, estime Sud-Ouest, « la stratégie ou la tactique, on ne sait trop, de Nicolas Sarkozy est difficile à suivre. On pourrait imaginer qu’il parle aux électeurs de gauche pour leur demander de voter Estrosi en Provence ou Bertrand dans le Nord. Mais le voilà qui s’adresse presque exclusivement à ceux du Front national, dans l’espoir pour le moment vain de les faire revenir au bercail. Comment expliquer pareil paradoxe ?, s’interroge Sud-Ouest. D’abord, répond le journal, celui qui se présentait il y a un an comme “le meilleur rempart contre le FN” a un urgent besoin de faire, ou de refaire, ses preuves. Sans quoi, cela pourrait sérieusement tanguer pour lui au bureau politique des Républicains. »

Et à l’autre bord, constate La République des Pyrénées, « alors que la France est sous le choc des scores du FN, François Hollande, lui, n’est pas mécontent. Il voit que la stratégie de Sarkozy est désavouée par les urnes, que l’improbable coalition Mélenchon, PCF et écologistes a mordu la poussière. Alors que le retrait plonge une partie de la gauche dans la rage et la révolte, le président ne voit que le coup d’après : 2017, où il pourra se prévaloir d’avoir été celui qui a bloqué le FN. »

Révolution ?

Gros plan dans Libération sur le programme du FN pour les régions… « Le programme frontiste repose sur une immense fumisterie, affirme Libé : promettre tout et son contraire. A la fois plus de service public de proximité (police, santé, transport…) et une réduction du nombre de fonctionnaires couplée à une baisse d’impôts. Vieille recette des partis démagogiques. L’autre péril est autrement plus insidieux pour notre démocratie, poursuit Libération. Toutes les têtes de liste FN répètent en chœur qu’elles couperont les subventions à toutes les associations “communautaristes et politisées”. C’est par cette faille que le Parti frontiste compte bien mener sa révolution réactionnaire et xénophobe. Promis, elle ne fera pas de bruit, mais elle fera beaucoup de mal, affirme le journal. A tous les acteurs associatifs et culturels. Mais aussi aux plus fragiles de nos concitoyens qui en sont souvent les principaux bénéficiaires. »

Enfin, Libération, toujours, donne la parole à des jeunes du FN… A retenir, cette phrase de Pierre, 25 ans, militant frontiste à Marseille : « Aujourd’hui, c’est d’être FN qui est révolutionnaire, affirme-t-il, on veut changer le système ! Si la gauche et la droite avaient fait leur boulot, le Front national n’existerait pas. Vous verrez qu’en 2017, tous les journaux titreront encore “Le choc” quand Marine Le Pen passera. »

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