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Revue de presse française

A la Une: COP21, Hollande l’écolo

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AFP

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Le terme « historique » est souvent galvaudé, mais, en l’occurrence, il est « justifié », dit le président de cette COP21 de Paris Laurent Fabius dans le Journal du Dimanche : cette conférence de Paris « écrit l’histoire », ajoute-t-il dans le JDD. A la Une duquel le ministre français des Affaires étrangères lève deux pouces en signe de victoire, tandis que, tout sourire, le président François Hollande, à sa gauche, et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon à sa droite, ajoutent leurs applaudissements à l’ovation debout ayant conclu ce marathon diplomatique sans précédent. « Le pari était risqué, souligne Le Journal du Dimanche, il est réussi », et « pour Fabius et Hollande », cette COP21 est un « succès ». Et ce succès aura permis de « verdir le blason » de François Hollande.

« Historique », l’accord à la COP21 de Paris l’est aussi pour Le Parisien Dimanche. Du « jamais vu », lance le journal en Une, car « notre planète, elle, a gagné », tout comme, entre autres, « la diplomatie française ». Friand d’images, Le Parisien publie celle qui fait aujourd’hui « le tour du monde », celle, prise hier soir à 19h30, de Laurent Fabius abattant son petit marteau vert sur le pupitre de la COP21 en déclarant que « l’accord de Paris pour le climat est adopté. » Pour le journal, pas de doute, c’est un « coup de marteau qui fera date. »

COP21 : miracle ou désastre ?
 
Mais, à chaud, les journaux français commencent déjà à critiquer eux-mêmes cet accord, ou par experts interposés. C’est notamment le cas du journal L’Opinion, dont le site Internet a déjà mis en ligne une tribune exclusive signée Jean Tirole, prix Nobel d’économie. Lequel qualifie l’accord d’«ambitieux » mais trouve le compromis « bien en deçà », justement, de l’ambition initiale. « Dans les faits », souligne l’universitaire français, nous ne sommes  « guère plus avancés qu’il y a six ans », c’est-à-dire depuis l’échec, en 2009, de la conférence sur le climat de Copenhague.

Ses critiques portent, entre autres, sur la tarification de la taxe carbone, qui a été « enterrée », regrette-t-il, ou encore sur la place trop grande laissée au « volontariat » concernant les contributions des pays pauvres, soulignant que les promesses collectives ne sont « jamais tenues ».

Le prix Nobel français d’économie relève toutefois les « causes d’optimisme » de cet accord, à commencer par les progrès de la « prise de conscience » dans les opinions publiques de l’enjeu climatique. Et, dans L’Opinion, Jean Tirole plaide pour la création d’une « coalition pour le climat » qui pèserait sur l’Organisation mondiale du commerce en vue d’instaurer une « taxe aux frontières » vis-à-vis des pays refusant d’imposer le prix du carbone.

Mais, de loin, celui qui a probablement trouvé LA formule pour, en deux phrases, résumer l’accord de Paris est, ce matin, l’éditorialiste du journal britannique The Guardian, selon lequel « par rapport à ce que cet accord aurait pu être, c'est un miracle. Par rapport à ce qu'il devrait être, c'est un désastre. »
 
Régionales : l’espoir de Hollande et de Sarko
 
Deuxième tour des élections régionales aujourd’hui en France. Mais dans la presse, ceux du premier ont créé un choc. Ces résultats, dimanche dernier, s’expliquent par ce que Le Figaro Magazine appelle « le retour du tragique dans l’histoire. » Les électeurs n’ont pas voté sur le niveau de chômage ou les salaires ; encore moins sur les lignes (de chemins de fer régionaux) ou la rénovation des lycées... Non, ce qui a « percuté de plein fouet » ces élections régionales, c’est le « triangle » de ces dernières semaines – migrants, terrorisme, islam. « Et tout emporté », énonce Le Fig Mag.

Alors que va-t-il sortir des urnes ce soir à 20h ? Peu importe, au fond, laisse entendre L’Express, parce que dans les scrutins, « la répartition du pouvoir se mesure au second tour, mais la vérité du pays se voit au premier. » Autrement dit le mal est fait. Et dimanche dernier, l’hebdomadaire a vu en François Hollande, « un président en échec », en Nicolas Sarkozy, « un opposant en échec ».

Pire, craint L’Express, il est « probable » que ni l’un ni l’autre ne « comprenne » la « gravité » de la situation, car tous deux nourrissent en fait le « même espoir », et c’est cela qui compte pour eux : « affronter Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ». Sous-entendu, avec la certitude, alors, de l’y battre.

Front national : marée montante

Justement. Marine Le Pen présidente, cette perspective, impensable pour L’Express, a pourtant inspiré l’auteur de la Une de Marianne. On y voit la présidente du Front national, regard grave, vêtue du costume de chef de l’Etat dans la bibliothèque de l’Elysée, grand-croix de la Légion d’honneur en sautoir, et ce décompte du calendrier électoral français : « plus que 18 mois pour éviter ça ! »

Dix-huit mois ? Arithmétiquement, le calcul est irréprochable. Mais politiquement, cette prédiction de Marianne est-elle crédible alors, que, comme on vient de la voir, L’Express n’y croit pas un seul instant ? Pour réponde à cette question, Marianne, cette semaine, commence par rafraichir la mémoire de ses lecteurs. « D’abord, ils ont cru que Le Pen n’aurait jamais les parrainages pour se présenter à une présidentielle. Puis ils ont cru qu’il ne parviendrait jamais à un score à deux chiffres, puis qu’il ne serait jamais présent au second tour. » Pas forcément convaincant, mais, à tout le moins, ce rappel d’un passé récent truffé d’erreurs d’analyses donne à réfléchir...

Front national : le désert des Tartares

C’est l’avis de l’hebdomadaire Le Point. Ce journal, qui se classe parmi les « antilepénistes », estime que ce parti est « le fruit de nos entrailles ». Le Front national est « l’enfant de nos peurs, de nos lâchetés et de nos réflexes conditionnés (…) c’est sur nos silences, nos hypocrisies et nos pleutreries que s’est développé le Front national », s’auto-fustige Le Point. Comme l’explique très littérairement l’essayiste Pascal Bruckner dans ce journal, du « Désert des Tartares » surgit l’ennemi « tant redouté mais aussi tant désiré », en référence au chef d’œuvre du romancier italien Dino Buzzati Le désert des tartares.

Alors, que faut-il faire pour arrêter le Front national « aux portes du pouvoir », comme le pressent à son tour L’Obs ? Il faut « #Tout changer », lance en Une l’hebdomadaire, c'est-à-dire « réinventer la gauche, réinventer la politique, réinventer la République ». Vaste programme !

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