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Revue de presse Afrique

A la Une : les violences au Burundi

Audio 04:28
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Près d’une centaine de morts entre vendredi et samedi… C’est le bilan encore très approximatif des violences qui ont eu lieu à Bujumbura. Vendredi, des positions de l’armée ont été attaquées. Des coups de feu ont été ensuite entendus dans plusieurs quartiers de la capitale burundaise. Et samedi matin, des corps ont été découverts, notamment dans le quartier de Nyakabiga. Le site d’information burundais Iwacu publie des photos de jeunes gens, les bras attachés dans le dos, vraisemblablement exécutés. Un habitant du quartier témoigne : « nous étions cloîtrés dans nos maisons quand ils ont débarqué. Ils ont défoncé nos portes, et lorsque l’occupant de la chambrette voisine a essayé de sortir, ils lui ont tiré dessus parce qu’il s’était réfugié dans un local inhabité. Et d’ajouter, rapporte Iwacu, qu’il assistait à cela, couché à plat ventre, sous les bottes des policiers. Sur l’avenue, poursuit le site d’information burundais, des enfants regardent, terrifiés, un corps ensanglanté, aux bras ligotés derrière le dos. Sur l’avenue Muyinga, cinq cadavres ont été aussi découverts. Deux à la 15ème avenue de Nyakabiga I, trois, côte à côte, à la quatrième avenue. Vers 9 h du matin, des véhicules de la Mairie, escortés par des policiers, viennent évacuer les cadavres, occasionnant un mouvement de panique dans la population. 'On croyait qu’ils venaient nous exterminer tous', explique un jeune de Nyakabiga.»

« Que s’est-il réellement passé dans la nuit de vendredi à samedi à Bujumbura ?, s’interroge L’Observateur Paalga au Burkina. En tout cas samedi matin, c’était une vision d’horreur dans les rues : des cadavres de dizaines de personnes tuées par balle, souvent à bout portant (…). Les habitants de Bujumbura accusent les forces de l’ordre d’avoir arrêté tous les jeunes qu’elles rencontraient et de les avoir exécutés délibérément, cela par suite de l’attaque, la veille, de trois camps militaires par des insurgés. Archifaux que tout cela, répond le gouvernement pour qui les victimes retrouvées sont des assaillants tués lors des attaques. (…) Ah bon !, s’étonne le quotidien burkinabé, et cela bien après les attaques et loin des camps attaqués ? »

Qu’attend-t-on ?

Alors ce matin, le ton monte dans la presse ouest-africaine… « Qu’attend-t-on pour stopper Nkurunziza ? », s’exclame ainsi le site d’information guinéen Ledjely.com. « Après les images horribles de corps jonchant les rues de la capitale, que le régime s’est précipité d’enterrer, on ne peut plus tergiverser, au risque de pécher pour non-assistance à personnes en danger. Parce qu’avec la répression sanglante et sauvage qui s’est abattue sur les quartiers contestataires de Bujumbura, suite aux attaques armées menées contre trois camps militaires, aucun doute n’est plus permis, estime Ledjely. A ce rythme, Nkurunziza et les siens sont partis pour exterminer tous ceux qui sont politiquement ou ethniquement différents d’eux. Et possédés par le diable en personne, ils ne semblent vouloir céder à aucune pression. »

« Combien de morts faut-il encore ? », s’insurge Fasozine au Burkina : « Pourquoi faire abattre une vengeance aussi violente sur des populations civiles qui revendiquent des droits légitimes, et à mains nues ? En faisant tous ces morts, l’Armée burundaise a eu incontestablement la main trop lourde. Il s’agit ni plus ni moins que d’une exécution organisée et ordonnée (…). Cette nouvelle série noire situe clairement sur la méthode de gestion de la crise par le pouvoir. Nkurunziza va bien trop loin. Malheureusement, il n’y a rien, ni personne pour arrêter sa folie meurtrière. »

Vers une nouvelle guerre civile ?

« Le pays est à deux quilles d’une conflagration armée ouverte, soupire pour sa part Aujourd’hui , toujours à Ouaga. Tous les ingrédients du puzzle sont réunis. Le pays est coupé en deux. D’un côté, les jeunes contestataires anti-troisième mandat de Pierre Nkurunziza qui se sont transformés en insurgés armés et de l’autre, les pro-Nkurunziza, constituant des réserves supplétives de l’armée régulière (…). Plus que la négociation, il faut faire partir Nkurunziza, estime Aujourd’hui, qui est devenu depuis mars dernier le massacreur de son propre peuple ! Le problème burundais c’est lui ! Sans le départ de celui-là même qui veut gouverner ses compatriotes à coups de canonnades, et en enjambant des cadavres, le Burundi aura son second conflit, plus meurtrier que celui de 1993. La communauté internationale ne doit pas être le croque-mort, mais le médecin. »

Pour Le Pays, toujours au Burkina, « l’Union européenne devrait durcir le ton avec Nkurunziza en envisageant d’aller au-delà des sanctions prévues. Et cette fermeté doit être à la hauteur de l’intransigeance du pasteur-président à ne pas lâcher du lest. En plus de lui fermer le robinet, pourquoi ne pas lever le pont diplomatique en vue d’un isolement total du satrape ? Dans une telle perspective, l’UA aussi, estime encore Le Pays, devrait adopter une position allant dans le même sens, pour que l’étau se resserre davantage autour du pasteur-président, et pour renforcer l’impact de l’épée de Damoclès de l’Oncle Sam qui plane déjà sur la tête de Nkurunziza. »

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