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Revue de presse française

A la Une : le changement…

Audio 06:30
AFP

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Le changement, est-ce pour maintenant ? Les journaux s’interrogent ce matin après le coup de semonce adressé par l’électorat à la classe politique lors des régionales.
On a rarement vu autant de points d’interrogation en Une…
Le Parisien : « Politiques, avez-vous entendu les Français ? »
Libération : « Veulent-ils vraiment changer ? »
L’Humanité : « Et maintenant ? »
Ouest France : « Après les régionales, la remise en cause ? »
« Disons les choses nettement, s’exclame le quotidien de l’ouest : si, à droite comme à gauche, ne se lèvent pas les gens désireux d’œuvrer d’abord au bien de la nation, si ne s’y retrouvent pas des gens de droite comme de gauche, unis pour l’essentiel, voulant travailler ensemble, nous irons tous dans le mur. Les problèmes essentiels sont connus, poursuit Ouest France. C’est d’abord celui du chômage de masse qui ne doit plus durer. Il faut donc décréter l’état d’urgence sociale, bouleverser les habitudes, ouvrir de nouvelles perspectives en terme de 'marché' du travail. »

« Les enjeux ont été souvent exprimés, pointeLa Croix : permettre au plus grand nombre de travailler ; renforcer l’égalité des chances ; rendre l’État plus efficace ; redonner un sentiment de citoyenneté et d’appartenance à une nation plurielle ; partager une ambition sur la scène internationale… Ce pourrait être le programme d’un candidat à l’élection présidentielle. Ce sont les priorités dont doit se saisir l’exécutif. Le gouvernement doit travailler sans faiblir pour apporter des solutions. L’action publique doit être menée à un rythme soutenu, et tant pis si les fruits sont récoltés par d’autres. »

Travailler ensemble ?

« Maintenant, il faut que ça bouge », s’exclame Le Parisien. Que veulent les Français ? Plus d’unité, répond le journal qui s’appuie sur un sondage. Un sondage selon lequel « près de 7 Français sur 10 souhaitent un rapprochement entre la gauche, le centre et la droite pour faire des propositions communes et utiles pour le pays. En clair, sans renoncer à un sentiment d’appartenance à la gauche ou à la droite, ils veulent en finir avec les bisbilles et rêvent de rassembler les talents. Un pays où un Macron pourrait travailler avec un Juppé, une Duflot avec un Bayrou. Ce qu’ils aimeraient aussi, poursuit Le Parisien, c’est le renouvellement. La longévité de nos hommes politiques ne cesse d’intriguer à l'étranger. Et chez nous, elle agace. Les sondés sont catégoriques : ils ne souhaitent pour 2017 ni la candidature de Hollande (rejetée à 80 %), ni celle de Sarkozy (78 % de non). Bref, ils veulent du nouveau, surtout pas rejouer le match de 2012. »

La gauche et la droite qui travailleraient ensemble ? Pourquoi pas ? « Depuis dimanche soir, c’est, à droite, une idée qui chemine, pointe Le Figaro. Il reviendra à Jean-Pierre Raffarin de l’avoir exprimée le premier : 'Nous devons travailler avec le gouvernement car le FN est un adversaire commun'. Raffarin l’a dit mais, chez les centristes ou les Républicains, partagés entre le soulagement d’avoir évité le pire et l’inquiétude d’avoir à l’affronter demain, bien d’autres responsables pensent au fond la même chose, relève encore Le Figaro. À leur manière, chacun pour ses raisons, Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand ou Christian Estrosi tournent autour de la même idée : celle du 'rassemblement républicain'. De quoi s’agit-il ? Puisque l’on sait depuis le second tour des régionales qu’une entente entre ses adversaires permet de barrer la route au FN, il faut, pensent certains, aller plus loin et organiser vraiment les choses : bâtir dans les urnes l’alliance des 'républicains des deux rives', en attendant de construire entre les socialistes 'raisonnables' et centristes ou Républicains 'modérés' un vrai accord de gouvernement… »

Confiance, justice, clarté…

Libération, pour sa part, n’entre pas dans ce débat sur le rassemblement. Mais propose des pistes de changement. « Il n’entre pas dans les compétences des commentateurs de fournir un programme clé en main, affirme le journal. On peut toutefois, à partir de quelques exemples, indiquer une voie, suggérer une action, entrevoir comment l’action politique pourrait progressivement rétablir un tant soit peu la confiance du citoyen dans ses représentants. Il s’agit d’abord, pointe Libération, du crédit de la parole politique, tombée dans l’abîme des promesses non tenues. Pourquoi ne pas instaurer, par un mécanisme solennel et institutionnel à la fois, un compte rendu de mandat obligatoire à périodes régulières pour tous les élus, président compris ? » Autre piste, poursuit Libération : « la politique économique joue un rôle central dans la lutte contre le chômage. La politique de l’offre ayant restauré les marges des entreprises, n’est-il pas temps de favoriser aussi la demande, par exemple en donnant un coup de pouce prudent mais significatif au pouvoir d’achat des classes populaires ? »

Autre idée, toujours selon Libération : « l’immigration inquiète l’électorat. Faut-il raser les murs sur ce dossier, en laissant le champ libre aux thèses du Front national ? Ou bien, à l’instar des positions courageuses prises par Angela Merkel, qui n’a rien d’une irresponsable utopiste, définir une politique claire, à la fois ferme et ouverte, et la revendiquer, pour faire pièce, dans une bataille de valeurs et d’idées, aux tentations démagogues et xénophobes ? »

Et Libération de conclure : « plus que les politiques menées, c’est l’impuissance des gouvernants qui détruit la confiance. Nous arrivons à un moment de l’histoire politique où le refus de prendre des risques est plus dangereux que le risque lui-même. »

Deux vraies primaires !

En écho au sondage du Parisien, dont on parlé il y a quelques instants, à lire, toujours dans Libération, le point de vue du sociologue Michel Wieviorka. « Il faut de nouvelles têtes », affirme-t-il. « Pour que les choses changent, il faut redonner sa place au débat, en systématisant de larges primaires ouvertes. (…) Je fais donc deux propositions qui ne demandent qu’à être débattues, lance le sociologue : dire aux électeurs qu’ils auront la possibilité de choisir leurs candidats et donc que soient organisées deux vraies primaires, à gauche et à droite. Il ne faut pas qu’on ait Sarkozy - parce qu’il a verrouillé l’appareil - face à Hollande - parce qu’il a fait le vide des candidatures à gauche. Mais ça ne suffit pas, poursuit Michel Wieviorka, il faut en plus créer les conditions pour qu’un peu partout, le débat renaisse. Il s’agit de promouvoir les discussions et réflexions collectives sur le terrain, là où vivent nos concitoyens, dans une démarche qui redonnerait de la place au tissu associatif dans le processus d’expertise et de décision. Le débat gagnerait aussi à vivre davantage localement, dans la société civile d’une manière générale. »

Alors, le grand chambardement, c’est pour bientôt ? Il ne faut pas se leurrer, répond La MontagneLa Montagne qui douche tout ce bel enthousiasme : « les lendemains d’élection sont en général propices aux remises à plat. Mais cela ne va guère très loin, affirme le journal, la table n’est jamais renversée. Parce que les intérêts sont trop puissants, les habitudes trop fortes, les enjeux de partis trop lourds, il n’y aura pas de révolution. »

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