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Revue de presse française

A la Une: décomposition et recomposition…

Audio 06:37
AFP

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Explosive, la Une du Parisien : on y voit une grande photo qui montre Manuel Valls en train de chuchoter à l’oreille de François Hollande avec ce titre : « leur plan pour dynamiter la droite ». De quoi s’agit-il ? D’après Le Parisien, donc, « le chef de l’Etat, qui songe très fort à sa réélection, a concocté un plan diabolique avec Manuel Valls pour torpiller l’opposition. »

Il faut dire que la droite va mal, elle est en voie de décomposition, selon certains. Et « fin politique, pour ne pas dire machiavélique, pointe Le Parisien, l’hôte de l’Elysée voit bien qu’il détient une occasion en or de dynamiter le parti de Nicolas Sarkozy, retombé depuis lundi dans les affres des règlements de comptes. Ulcérés par la ligne droitière de l’ancien président, et plus encore par sa tentative de caporalisation, certains Républicains sont tentés de faire sécession. Les “sarkolâtres” eux-mêmes ont des états d’âme, comme Christian Estrosi. Jamais, peut-être, la droite n’avait été si près de l’implosion ! Pourquoi Hollande se priverait-il de mettre du sel sur ses plaies ? »

Alors comment ? « C’est Manuel Valls qui est à la manœuvre, affirme Le Parisien. Le Premier ministre drague ostensiblement les élus de la droite et du centre, François Bayrou compris. Son appel à voter Bertrand et Estrosi n’était pas innocent. “Au premier tour, Hollande et Valls ont vu qu’ils avaient une opportunité historique de tuer la droite, de la casser en deux. Le but, c’est de bordéliser au maximum”, décrypte une source dans l’exécutif. Certains murmurent même qu’ils pourraient distribuer quelques hochets à l’opposition. »

Commentaire du Parisien : « François Hollande pourrait nous refaire le coup de la “France unie” de Mitterrand en 1988, ou celui de “la France en grand, la France ensemble”, de Chirac en 2002. Evidemment, comme projet politique pour contrer la montée de l’extrême droite, ça ne vole pas très haut. Mais ça peut mener loin. »

Le Figaro établit peu ou prou le même constat : « Hollande et Valls cherchent leur salut à droite », titre le quotidien d’opposition. « Re-com-po-si-tion. C’est l’invocation, la pensée magique, de cette fin d’année douloureuse. […] Cette idée de recomposition est portée depuis longtemps par le premier ministre, note Le Figaro. Dès 2014, dans L’Obs, Valls avait plaidé pour une “maison commune” de la gauche et du centre. Comme en réponse à Jean-Pierre Raffarin, il invite désormais la droite à prendre part aux futures décisions notamment sur l’emploi, invoquant un “moment historique marqué par la gravité” liée aux attentats et à la percée du FN. »


La droite et la gauche ont encore du ressort !

Toutefois, Le Figaro n’est guère convaincu… « Travailler avec les socialistes ? Oui, mais pour quoi faire ?, s’interroge le journal. À l’heure où la France a besoin de réformes fracassantes, on imagine mal un tel attelage se lancer dans une grande entreprise de chamboule-tout. Même “raisonnable”, le socialiste reste socialiste. Quant au centriste, il a généralement l’audace prudente et trop souvent le sens du compromis émollient. […] Or, il faut agir vite et fort, s’exclame Le Figaro : sabrer dans les dépenses, réduire les impôts, simplifier le Code du travail, refonder l’École, stopper l’immigration, combattre les communautarismes. Bref, tout revoir et oublier les vieilles certitudes. C’est très exactement ce que demandent les électeurs, qui rarement dans l’histoire récente n’ont été aussi à droite. Le projet des Républicains doit être révolutionnaire dans le sens où il leur faut promettre de mener une politique qu’ils n’ont jamais osé mener depuis trente ans. Ce serait un étrange paradoxe, conclut Le Figaro, à l’heure où la droite a l’impérieuse obligation d’être enfin de droite, de se tourner vers la gauche pour satisfaire les intérêts politiciens du président de la République. »

Une chose est sûre, pointe Le Journal de la Haute-Marne, « depuis quelques mois, les frontières entre l’aile droite de la gauche, façon Valls-Macron, et les centristes de l’opposition sont devenues plus floues. La notion de majorité d’idées reprend quelques couleurs. L’exemple allemand, avec sa grande coalition, fait gamberger des politiques français traumatisés par la poussée du Front national. Bref, la tentation centriste trouve de nouveaux partisans. Elle revient régulièrement dans notre histoire. Mais de là à s’imposer, il y a une marge difficile à franchir, estime le quotidien champenois. Les deux blocs de gauche et de droite ont encore du ressort, malgré le coup dur qu’ils ont encaissé lors des régionales. »

Premier pas ?

En tout cas, pour qu’il y ait un vrai chambardement, comme le réclame l’opinion, une recomposition politique totale, pour en finir avec la sempiternelle opposition droite-gauche, et pour qu’arrivent aussi des têtes nouvelles, le premier pas, estime La Montagne, serait de refondre le système électoral, « avec l’introduction, affirme-t-il, de la proportionnelle qui est impossible aujourd’hui. Seul un nouvel exécutif juste élu pourrait, dans la dynamique d’une nouvelle majorité, engager au plus vite ces réformes et les faire voter. » Et puis, « handicap supplémentaire à notre vie politique, relève encore La Montagne, c’est le peu de renouvellement des leaders et le ballet des mêmes prétendants qui font le spectacle depuis trente ans et espèrent rejouer en 2017. […] La prochaine étape qui attend les Français promet des acteurs qui se nomment François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon. Bref, toujours les mêmes ! »

Et Le Midi Libre d’afficher tout son dépit : « la vieillesse des partis sur le terrain de la rénovation ressemble à un long chemin vers les ténèbres. Une sorte de néant qui ne mène plus à rien et que les Français rejettent massivement à travers leur absence aux urnes. De fait, les tempes grises tentent de jouer les sages en lançant sur le coup de l’émotion des idées saugrenues. Pour ne pas dire plus. La seule proposition qui vaille, estime Le Midi Libre, c’est le plan Marshall : sur l’éducation, sur la sécurité, sur l’économie… Mais pour cela, il faut du temps. Ce que n’a pas le politique avec déjà 2017 à l’horizon. »

Marine Trump et Donald Le Pen…

Enfin, ça ne va pas fort chez nous, et ça n’est pas terrible non plus aux Etats-Unis, avec l’irruption dans le jeu politique de Donald Trump… « Trump l’autre Le Pen », s’exclame Libération qui consacre tout un dossier au candidat républicain à la Maison Blanche. « Populiste et raciste, Donald Trump poursuit sa course en tête. […] Et ses provocations délibérées séduisent les mécontents du système et une partie des classes moyennes », constate Libération.

Libération qui prévient : « la posture qui consiste à jouer avec l’épouvantail ou à lui ressembler pour accrocher la dernière place disponible en finale mène sur le long terme à l’impasse. Les candidats, français et américains, feraient mieux de créer les conditions du changement, de tenir des lignes claires et de définir quel avenir ils souhaitent à leur pays. Pour que Marine Trump ou Donald Le Pen cesse d’imposer sa lecture tronquée des faits, l’urgence est d’apporter des réponses au nouvel ordre géopolitique, à la peur du déclassement, au chamboulement des repères culturels. Il y a urgence, ici et là-bas. La France et l’Amérique, si loin, si proches et si semblables, parfois. »

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