Revue de presse française

A la Une: courte victoire de la droite aux législatives espagnoles

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AFP

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Comme le souligne Le Figaro, Mariano Rajoy l’a emporté mais il « aura besoin d’alliés » et constituer des alliances pour pouvoir gouverner sera un véritable « casse-tête ». L’expression est utilisée également par Le Parisien/Aujourd’hui en France. Le quotidien se demande même si l’Espagne ne va pas devenir ingouvernable. Les tractations ont commencé mais elles ont peu de chances d’aboutir, explique la correspondante du journal à Madrid. En cas d’échec, les Espagnols seront obligés de retourner aux urnes.

La fin du bipartisme en Espagne

Mais au-delà de ce « bal des négociations », comme le qualifie Le Figaro, ce qu’il faut surtout retenir de ce scrutin, c’est le bouleversement qu’il implique pour l’Espagne. On ne fera plus jamais de la politique de la même manière dans le pays, analyse le correspondant du quotidien à Madrid. Deux nouvelles formations – Podemos et Ciudadanos – sont venues rompre l’équilibre existant depuis des années entre le Parti socialiste et le Parti populaire. Ces mouvements « redistribuent complètement le jeu démocratique », pour La Dépêche Du Midi. C’est la fin d’« un bipartisme encalminé dans les jeux de pouvoir, le clientélisme et la corruption », écrit encore Le Républicain Lorrain. A sa place, vient de naître un « quadripartisme : droite, gauche, centre droit et gauche radicale », détaille Le Journal de la Haute-Marne qui fait le parallèle avec la France où là aussi les électeurs ont rejeté le classique face-à-face entre les partis de gouvernement. « Tout se passe donc comme si des deux côtés des Pyrénées l’électorat se défiait de l’establishment politique incapable de juguler un chômage massif, surtout chez les jeunes », peut-on lire. Pour le quotidien régional, le Front national en France et Podemos en Espagne répondent à une même volonté de certains électeurs, celle d’une véritable alternance.

La Dépêche Du Midi fait la même analyse. « Nés de la crise que connaît la société espagnole sur fond de chômage et de précarité, ces deux partis “citoyens” ont prospéré sur la lassitude des Espagnols à l’encontre de l’ordre politique établi qui n’a en rien changé leur vie. Et, désormais, ces empêcheurs de voter en rond campent ouvertement aux portes du pouvoir. »

Bernard Tapie annonce son retour en politique

On l’a connu acteur et patron de presse, rappelle Libération. Il a été « homme d’affairiste » et « ex-sous-ministre mitterrandiste », ironise L’Humanité. La politique, il disait « plus jamais ». Et pourtant il revient. Bernard Tapie a entendu « le signal d’alarme » des élections régionales, écrit encore L’Huma qui explique que l’homme est prêt à « donner de sa personne » et à « reprendre le combat », « celui contre l’extrême droite ». « Vous ne rêvez pas ! », s’étrangle le quotidien communiste. Et de poursuivre : « Pas mal, n’est-ce pas, pour réenchanter la politique et repartir sur des bases saines, éthiques et moralement compatibles avec l’idée que nous nous faisons de la République. »

Réaction moins virulente, mais tout aussi indignée dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Pour le quotidien de l’est, à 72 ans – « soit l’âge additionné des deux candidats du renouveau espagnol », fait remarquer La Voix du Nord – Bernard Tapie « cherche à remonter sur scène non par fascination du pouvoir mais pour soigner ses intérêts » personnels alors qu’il vient d’être condamné à rembourser plus de 400 millions d’euros dans le dossier Adidas.

L’Union/L’Ardennais précise : « À l’évidence il veut jouer les éléphants dans un jeu de quilles histoire de se venger de toutes les tracasseries judiciaires qu’on lui fait subir depuis vingt ans ». Ou de « chercher une immunité quelconque, sait-on jamais. » Le Midi Libre lui-aussi trouve la ficelle un peu « grosse ».

Nanard fait son show, s’exclament la pluplart des éditorialistes de la presse française ce matin. C’est « du Feydeau réchauffé », pour Les DNA.

Sauf que, écrit Libé, « ce vieux sketch commence à lasser ». Bernard Tapie « incarne un mélange des genres dont les électeurs ne veulent plus », affirme L’Union/L’Ardennais. Le mélange affaires-politique ne passe plus en 2015.

L’organisation Etat islamique soigne sa communication

Le quotidien Libération consacre un dossier à la communication de l’organisation Etat Islamique. Car la guerre a aussi lieu sur les réseaux sociaux. Alors que les médias traditionnels font attention à ce qu’ils montrent « par décence et par refus de légitimer » le groupe terroriste... explique Libération, les images de propagande sont facilement « accessibles » pour ceux qui les cherchent sur la toile et sont d’autant plus « efficaces » que « l’EI soigne ses productions en empruntant aux codes et techniques du cinéma ». Travelling, contre-plongées, ralenti, caméras sous-marines ; peu des prêches mais des discours historiques et théologiques, le tout avec des sous-titres dans une dizaine de langues. On croit parfois voir un film du hongkongais John Woo, rapporte le journal.

Ces images « sont non seulement accessibles techniquement à tout le monde », précise le quotidien, « mais surtout, elles ne nécessitent pas d’effort, grille d’analyse ou degré de lecture à un jeune des années 2010. »

Le plus frappant dans tout cela, selon, Libération, c’est que le groupe Etat islamique « vient mettre des images très travaillées, au graphisme léché, sur une zone noire de notre cartographie mentale ». En effet, on ne connaît presque rien des territoires occupés par le groupe terroriste. On a bien du mal à se les imaginer, à se les représenter vu que les journalistes n’y ont pas accès. Alors du coup, ce trou dans notre cartographie prend « une dimension quasi fantasmatique ».

Mais pourquoi le groupe EI soigne autant sa communication ? Pourquoi une propagande « tous azimuts », « désordonné », « tentaculaire » ? Réponse de Libération : le but de l’organisation Etat islamique est de « confronter le désordre de la guerre à la beauté et à la simplicité de la vie au “califat” ». Tout cela afin d’« attirer des jeunes désireux de pureté et d’aventures ».

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