Chronique des matières premières

Russie: la qualité et la production du vin s'améliorent

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En Russie, les cépages blancs sont  généralement de meilleure qualité que les cépages rouges.
En Russie, les cépages blancs sont généralement de meilleure qualité que les cépages rouges. AFP/FREDRIK VON ERICHSEN

La crise économique a renchéri le coût des importations de vin en Russie. Au même moment, la qualité de certains vins russes s’est améliorée et les restaurateurs n’hésitent plus à en présenter sur leur carte. Un phénomène nouveau.

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Les Russes consomment plus de 900 millions de litres de vin par an. La moitié environ est produite localement. Mais seulement 40 % de cette production est réalisée à partir de raisins russes. Le reste est un embouteillage de produits importés en vrac essentiellement d’Afrique du Sud, d’Italie ou d’Espagne. Mais cette proportion est appelée à diminuer au profit de productions issues de vignobles de Crimée. Le vignoble russe, qui s’étendait sur environ 45 500 hectares en 2013, a doublé de surface en 2014 après l’annexion de la Crimée, qui est une des rares régions, avec le pourtour de la Mer noire, à connaitre une météo assez clémente pour cultiver des vignes.

La plupart des vins russes sont de faible qualité. D’après Leonid Popovitch, président de l’Union des vignerons et producteurs de vin russe, à peine cinq millions de litres par an, soit moins de 1 % du volume produit, sont des vins de qualité, que l’on pourrait comparer à des appellations d’origine contrôlée en France. Les cépages blancs sont généralement de meilleure qualité que les cépages rouges.

Les hommes d'affaires investissent dans les vignobles

Mais ces vins ont atteint maintenant un niveau de qualité qui leur permet de figurer sur les cartes des plus grands restaurants moscovites. C’est le fruit d’un travail qui a commencé, il y a une dizaine d’années, quand les grands noms du monde des affaires en Russie ont investi dans de nouvelles exploitations viticoles destinées à produire de petits volumes de vins haut de gamme. Ils ont acheté des cépages à l'étranger et ont travaillé avec des vignerons étrangers. Les premiers vins russes sont apparus sur les tables des restaurants début 2014 avec les Jeux olympiques de Sotchi. «  Les premiers vins dont on n’avait pas honte », dit un sommelier. Depuis, la demande a augmenté.

Ainsi, explique André Dellos du célèbre café Pouchkine, la carte des vins de cet établissement ne proposait qu’un seul vin russe en mai dernier. Elle  en propose maintenant six et ils se vendent bien malgré des prix très élevés. 

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