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Chronique des matières premières

Le groupe EI s'en prend aux terminaux d'exportation du pétrole libyen

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Des réservoirs de pétrole brut dans le port de Tobrouk.
Des réservoirs de pétrole brut dans le port de Tobrouk. REUTERS/Ismail Zitouny

Ce lundi 4 janvier 2016, les jihadistes du groupe Etat islamique ont attaqué deux des principaux terminaux d'exportations de pétrole en Libye. Ces installations portuaires ne sont plus en activité depuis des mois, mais elles sont stratégiques pour l'économie libyenne.

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L'organisation État islamique s'en prend aux terminaux d'exportation du pétrole libyen. Les ports d'al-Sedra et de Ras Lanouf ont été la cible de deux attaques des jihadistes ce lundi 4 janvier 2016. Les deux terminaux ont beau être en sommeil depuis des mois, du fait des affrontements entre les deux, voire trois gouvernements libyens (Tobrouk, Tripoli et Benghazi), ils n'en sont pas moins les deux ports pétroliers les plus importants du pays.

Al-Sedra et Ras Lanouf, situés sur le golfe de Syrte, sont les débouchés des principaux oléoducs qui acheminent le pétrole du bassin de Syrte, où se trouvent les plus importants gisements de Libye, au sud-est du pays. Seule une petite partie de la production de cette région peut être redirigée vers d'autres terminaux plus modestes, comme Tobrouk à l'est.

Une attaque stratégique

L'attaque du groupe EI est donc stratégique : à défaut de contrôler des puits de pétrole, les combattants islamistes veulent contrôler les principaux points de départ des exportations. Une menace qui pourrait même pousser les gouvernements ennemis de Libye à s'entendre, estime Philippe Sébille-Lopez, consultant chez Geopolia, alors que l'émissaire de l'ONU tente en ce moment de les rapprocher.

Ce n'est pas la première fois que l'organisation État islamique s'en prend aux installations pétrolières de Libye : début 2015, les jihadistes avaient mené des attaques sur le lieu des gisements eux-mêmes, sans en prendre le contrôle, mais beaucoup de compagnies étrangères, dont la Française Total, avaient alors décidé d'évacuer les travailleurs non libyens. Ce qui avait contribué à faire décliner davantage la production de pétrole, seuls les gisements au large ayant été relativement épargnés parce qu'ils sont loin des combats.

Le pétrole, seule source de revenus de la Libye

La Libye n'exporte plus que 350 000 à 400 000 barils par jour, le quart de ce qu'elle vendait avant la chute de Mouammar Khadafi. Mais c'est sa seule source de revenus et les réserves libyennes de pétrole, les plus fournies d'Afrique, sont, remarque Jean-Pierre Favennec, expert du pétrole, autrement plus prometteuses que celles de la Syrie pour l'organisation État islamique. La menace des jihadistes sur les principaux terminaux pétroliers libyens n'en est que plus grande.

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