Chronique des matières premières

La Chine achète des quantités record de matières premières

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Des investisseurs dans une salle boursière montrant des informations sur les cours des matières premières à Nanjing dans la province du Jiangsu, en 2015.
Des investisseurs dans une salle boursière montrant des informations sur les cours des matières premières à Nanjing dans la province du Jiangsu, en 2015. REUTERS/China Daily

La Chine est accusée de faire plonger les prix des matières premières. Pourtant, elle en a importé des quantités record en 2015.

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C'est le paradoxe chinois des matières premières. La Chine est pointée du doigt lorsqu'on évoque la chute des cours. Sa croissance en 2015 était bien la plus faible depuis 25 ans. Pourtant les douanes chinoises révèlent que l'an dernier la Chine a importé 9 % de plus de pétrole, 14 % de plus de soja, 2 % de plus de minerai de fer et à peu près la même quantité de cuivre qu'en 2014, année de volumes record pour le métal rouge.

Profitant des prix bas, la Chine a fait ses emplettes, le pétrole et le fer lui ont coûté moitié moins cher, le cuivre 20 % de moins. Pékin a en particulier rempli à bon compte ses réserves stratégiques de pétrole et autorisé les raffineurs chinois à acheter sans limites. Seule grande exception : le charbon devenu trop polluant, la Chine a réduit ses achats de 30 %. Mais globalement, les importations chinoises ont encore atteint des sommets, dépassant le niveau exceptionnel de 2014 !

Des volumes à double tranchant

Ces volumes sont pourtant à double tranchant, ce sont souvent des stocks supplémentaires en Chine, qu'ils soient bruts ou transformés. La Chine a par exemple raffiné comme jamais le pétrole qu'elle a acheté, mais elle exporte désormais ses surplus de carburants. Avec le minerai de fer, elle exporte ses surplus d'acier capables de couvrir plus que largement les besoins réunis de l'Allemagne et du Japon. Des volumes qui repartent donc sur le marché mondial, déjà saturé de matières premières agricoles, énergétiques ou minières, les compagnies continuant à surproduire pour écraser les concurrents.

Autre inquiétude des marchés : que cette fringale chinoise ne dure pas en 2016, en particulier pour le fer, puisque l'industrie manufacturière a marqué le pas dans l'empire du Milieu, tout comme la construction et l'automobile.

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