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Chronique des matières premières

À contre-courant, l’Inde mise à fond sur le charbon

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L'exploitation minière de Jharia, en Inde, est une mine de charbon à ciel ouvert.
L'exploitation minière de Jharia, en Inde, est une mine de charbon à ciel ouvert. Getty Images/Daniel Berehulak

Alors que le charbon est en perte de vitesse sur toute la planète, l’Inde mise encore sur l’essor de cette énergie pour fournir du courant à 300 millions d’Indiens privés d’électricité.

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À contre-courant, l’Inde mise à fond sur le charbon. Partout ailleurs, le charbon est en recul à cause de ses méfaits sur l’environnement ou à cause du ralentissement de la production électrique : en Chine, aux États-Unis et au Japon, qui font partie du club des quatre premiers consommateurs de charbon au monde, la demande chute, et l’on veut fermer les mines. Pas en Inde.

Même si New Delhi encourage à son tour les énergies renouvelables, le charbon reste la solution la plus rapide pour combler les besoins gigantesques du pays en électricité : 300 millions d’Indiens n’ont toujours pas le courant.

L’Inde bientôt deuxième consommateur de charbon derrière la Chine et devant les États-Unis, doit encore importer le tiers de ses besoins, 240 millions de tonnes, ce qui lui coûte 16 milliards de dollars annuels, alors qu’elle dispose des cinquièmes plus grandes réserves au monde (300 milliards de tonnes), largement inexploitées.

C’est pour doubler la production nationale de charbon (actuellement de 500 millions de tonnes), que le gouvernement Modi vient d’annoncer une première depuis 40 ans : l’ouverture de l’extraction et de la vente du charbon indien au secteur privé - le géant public Coal India a bien augmenté la production, mais seules 3 nouvelles mines ont été lancées cette année.

Doper la production de charbon permettrait aussi aux autorités de développer les États orientaux de l’Inde, où se concentrent les réserves. Mais rien ne dit que les groupes miniers privés se lanceront dans l’aventure : le prix du charbon est au plus bas, les investissements en Inde sont très difficiles, et les problèmes de transport ferroviaires ne sont pas résolus. Le charbon indien est en outre de piètre qualité, pas du tout ce qu’il faut pour les centrales électriques de nouvelle génération.

L’Inde devra donc encore longtemps se reposer sur les importations non seulement de charbon thermique d’Australie et d’Indonésie, pour son électricité, mais aussi de charbon métallurgique, pour fabriquer tout l’acier nécessaire au rattrapage de ses infrastructures.

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