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Revue de presse française

A la Une: la réforme du Code du travail

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AFP

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« C’est le premier acte de la réforme du droit du travail annoncée en 2015 par le gouvernement, relève Le Monde. Robert Badinter a remis hier à Manuel Valls un rapport qui dégage les “principes essentiels” sur lesquels s’appuiera le nouveau Code du travail dont la refonte est prévue d’ici à fin 2017. Ces préconisations, qui émanent d’un comité présidé par l’ancien ministre de la Justice, étaient très attendues sur une thématique : le temps de travail. Ceux qui rêvaient d’un coup de barre à gauche ou, à l’inverse, d’une dérégulation totale en seront pour leurs frais, constate le quotidien du soir. La réflexion pilotée par Robert Badinter aboutit à une sorte de voie moyenne, qui chemine entre deux exigences contradictoires : protéger les salariés tout en permettant aux entreprises d’affronter “la révolution numérique et l’irrésistible mondialisation des échanges”, selon la formule retenue dans l’introduction du rapport. »

Toutefois, pointe Libération, « derrière la réforme du Code du travail, c’est une nouvelle brèche qui semble s’ouvrir : celle d’un assouplissement des 35 heures. Certes, la révolution n’est pas pour demain. Preuve en est, le gage donné, hier, par l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter […]. Le juriste a réaffirmé l’existence de la “durée normale” du travail, “fixée par la loi”.[…] Reste que les digues autour des 35 heures n’ont peut-être jamais été aussi près de lâcher, affirme donc Libération. […] Le gouvernement devrait poser un premier jalon, en inscrivant dans le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri, la possibilité renforcée de négocier le taux de majoration des heures supplémentaires au niveau des entreprises. Un pas de plus en faveur des représentants du patronat, en attente de plus de flexibilité. Un “cadeau” supplémentaire accordé aux employeurs, diront les détracteurs de la politique de l’emploi du gouvernement, qualifiée de “social-réformisme” par le Premier ministre lui-même. »

Par ailleurs, autre accroc aux 35 heures, constatent Les Echos : « Manuel Valls fait un geste en faveur des PME […]. Un geste fort en direction des entreprises de moins de 20 salariés, qui seront autorisées à faire passer des salariés volontaires en forfaits jours, même si aucun accord collectif ne l’autorise. L’exécutif se prépare aussi à renforcer le poids des accords majoritaires, pointe le quotidien économique, en particulier en les faisant primer sur le contrat de travail quand l’emploi est en jeu. Selon nos informations, poursuit-il, pour éviter les blocages comme à la Fnac, un accord sera considéré comme majoritaire s’il reçoit l’aval des salariés par référendum, même si les syndicats signataires sont minoritaires. »

Encore attendre !

Non, tout cela ne suffira pas, balaie d’un revers de la main Le Figaro… « La France, avec son droit du travail kafkaïen et ses 35 heures, se singularise de tous ses concurrents par un système qui détruit l’emploi au lieu de le préserver, estime le quotidien d’opposition. Le simple instinct de survie commanderait d’en finir avec cette aberration économique et cette folie normative. Cette conversion à la flexibilité, c’est ce que prêche en vain Emmanuel Macron, rabroué par un Manuel Valls qui pense pourtant exactement la même chose que son ministre. Toujours en retard d’un train, François Hollande a quant à lui décidé de ne rien décider. La future loi El Khomri ne touchera donc à aucun des totems de gauche, 35 heures, contrat de travail, salaire minimum. Et, pour ne faire aucune vague, déplore encore Le Figaro, le grand nettoyage réglementaire que les Français appellent de leurs vœux attendra deux ans. »

Pour La Croix, la bataille sur les 35 heures n’a que trop duré… « Comme sur d’autres sujets, la fiscalité, la déchéance de nationalité, cette affaire témoigne d’une grande incapacité française à examiner posément un problème. C’est-à-dire s’entendre sur un diagnostic puis sur des remèdes. A-t-on mené un vrai travail d’évaluation de cette réforme ? Son coût financier, son impact sur l’emploi, sur l’image de la France, son effet psychologique quant à la valeur travail, le stress qu’elle peut induire… Tout cela n’a jamais été examiné de manière articulée, déplore La Croix. On préfère instituer les 35 heures en objet de fixation : il faut soit les supprimer, soit les maintenir. Ce qui donne lieu à des querelles de principe. Et, à l’arrivée, jusqu’ici, on n’a rien fait d’autre que de bricoler le système, quitte à le compliquer et à le rendre illisible par les citoyens. Il serait temps en la matière de parier sur l’intelligence plutôt que sur les faux-semblants. »

Une autre voie ?

Enfin, on revient à Libération avec une autre approche du problème, une autre voix, celle de la philosophe Dominique Méda, proche des mouvements alternatifs Nouvelle Donne et Comité Roosevelt : « l’idée la plus en vogue aujourd’hui, dit-elle, consiste à détricoter le Code du travail – qui serait à l’origine de tous nos maux –, notamment pour pouvoir licencier plus facilement ; à supprimer les règles qui organisent les relations de travail, et sont considérées comme d’insupportables entraves ; à baisser le coût du travail, tenu exclusivement pour une charge, le tout à l’ombre d’une révolution technologique dont les conséquences annoncées mêlent augmentation du taux de croissance, disparition des emplois et changement radical du travail. Ce chemin, affirme Dominique Méda, mène à la paupérisation et à la polarisation de la société française et de l’Europe. Il faut raisonner autrement, estime la philosophe. D’abord, reconnaître que la croissance pourrait ne pas revenir et que son retour ne serait d’ailleurs pas nécessairement une bonne chose, étant donné les dégâts environnementaux qu’elle continuera d’engendrer. Ensuite, comprendre que la reconversion écologique à engager au plus vite pour reconstruire l’ensemble de notre système productif peut représenter, si elle est bien menée, une extraordinaire occasion de renouer avec le plein-emploi et changer le travail. »

Comment se faire du bien ?

Enfin, en cette journée marquée par les grèves en France, taxi, écoles, aiguilleurs du ciel, hôpitaux, et qui promet d’être galère, Le Parisien nous donne des recettes anti-déprime… La première d’entre elles est simple : « Il faut se faire du bien pour aller bien. Sport, musique, alimentation, altruisme, gratitude… Et c’est d’autant plus une urgence que les Français, peuple de bons vivants globalement heureux, sont tous aussi globalement inquiets et perméables à la noirceur de l’époque. “Notre meilleure arme, contre la déprime, c’est notre cerveau”, rassure le psychiatre Michel Lejoyeux. Il faut oser le bousculer, l’entraîner, le nourrir. Et accepter cette évidence : il n’y a que les robots qui n’ont pas de coups de blues. »

Enfin cette pensée du philosophe Alexandre Jollien, toujours interrogé par Le Parisien : « méditer, regarder passer ses pensées comme des nuages dans le ciel, c’est pour moi l’un des trois piliers du bonheur. Le deuxième est de s’entourer d’amis véritables, inconditionnels. Le troisième, c’est un engagement solidaire : se demander chaque matin comment on pourrait faire du bien à quelqu’un. »

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