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Aujourd'hui l'économie

Syngenta, le géant suisse des biotechnologies sous pavillon chinois?

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Le président de Syngenta, Michel Demare lors de la  conférence de presse annuelle du groupe suisse à Bâle en présence de  Ren Jianxin (G), le président du groupe China national chemical corporation, le 3 février 2016.
Le président de Syngenta, Michel Demare lors de la conférence de presse annuelle du groupe suisse à Bâle en présence de Ren Jianxin (G), le président du groupe China national chemical corporation, le 3 février 2016. REUTERS/Arnd Wiegmann

Le champion suisse des semences et des pesticides Syngenta est convoité par le groupe chinois ChemChina. Si l'offre aboutit, ce sera l'acquisition la plus importante jamais réalisée par un groupe chinois à l'étranger.

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Le consortium public de l'industrie chimique chinoise ne lésine pas sur les moyens: Chemchina déboursera 43 milliards de dollars en cash pour s'offrir Syngenta. À la barbe de l'Américain Monsanto qui a pourtant proposé l'année dernière encore plus d'argent pour avaler son rival suisse. Cette offre record pour une société chinoise se déroule dans un contexte mondial d'hyper-concentration de la chimie. Les Américains Dupont et Dow Jones Chemicals se sont mariés en 2015 pour devenir le numéro deux mondial du secteur.

Ce rapprochement a secoué le marché des produits destinés à l’agriculture, car ils ont annoncé la création de trois entités spécialisées, dont l'une entièrement consacrée à l'agrochimie qui pèsera 19 milliards de dollars. C'est donc pour rester dans la course que les grandes entreprises du secteur ont intérêt à se renforcer au plus vite. Syngenta s'est déclaré favorable à l'offre chinoise.

Pourquoi les Suisses ont-ils préféré l'option chinoise à celle de l'américain Monsanto ?

Ils vendent déjà le quart de leur production aux États-Unis, l'offre de Monsanto était donc vécue comme risquée, car elle aurait pu être retoquée par les autorités de la concurrence. Celle de ChemChina leur ouvre des perspectives immenses. Avec 1 milliard 300 millions de bouches à nourrir, l'État chinois a besoin des technologies de pointe pour doper ses rendements agricoles, car l'urbanisation et l'industrialisation ont taillé dans les terres arables.

Et Syngenta est un des meilleurs spécialistes des biotechnologies, notamment des organismes génétiquement modifiés. Ce marché chinois comme celui des autres pays émergents est une aubaine au moment où la baisse des cours des produits agricoles décourage la production occidentale. Le groupe suisse a vu son bénéfice plonger cette année. L'offre de ChemChina tombe à point. Elle relance une entreprise fragilisée. Sans la bousculer : les Chinois ont promis de conserver le siège à Bâle.

Des Chinois sont de plus en plus actifs hors de leurs frontières

Leurs investissements à l'étranger ont grimpé de 15% en 2015 et 2016 commence très fort avec cette offre amicale de ChemChina. Cette société publique n'en est pas à son coup d’essai. Elle a fait parler d'elle l'année dernière en rachetant Pirelli, le fabricant italien de pneus pour 7 milliards de dollars. Elle fait partie du consortium qui s'est récemment porté acquéreur de l'Allemand KraussMeffei, un acteur important des machines-outils, l'un des symboles de l’excellence industrielle allemande.

Avec Syngenta elle va pouvoir se désengager de la pétrochimie pour se renforcer dans l'agrochimie, beaucoup plus rentable. Cette offensive tous azimuts correspond à la stratégie économique défendue par les autorités. Étant donné l'essoufflement de l'économie chinoise, les entreprises sont encouragées à se développer à l'international. Pour trouver des relais de croissance et pour accélérer leur montée en gamme en ayant accès aux technologies qui leur font défaut.

L'opération pourrait aboutir avant la fin de l'année ?

À condition que tous les obstacles soient levés. Les autorités américaines de la concurrence pourraient l'empêcher pour protéger leur industrie. Monsanto pourrait perturber les tractations en faisant une contre-offre. Et puis en Suisse, il faudra lever certaines résistances : un groupe d'actionnaires de Syngenta a déjà fait part de son opposition à cette acquisition, pas question pour eux de céder leurs titres à une entreprise issue d'un pays communiste.

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