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Aujourd'hui l'économie

Grèce, une austérité sans fin

Audio 03:25
Un manifestant se protège d'émanations de gaz lacrymogène à Athènes pendant la grève générale de 24h
Un manifestant se protège d'émanations de gaz lacrymogène à Athènes pendant la grève générale de 24h REUTERS/Alkis Konstantinidis

Pour la troisième fois depuis qu’il est arrivé au pouvoir en Grèce, Alexis Tsipras fait face à une grève générale. Un mouvement de protestation contre la réforme des retraites qui prévoit de nouvelles coupes dans les pensions. Cette réforme est le nouvel effort demandé par les bailleurs au nom de l'austérité.

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Cela fait maintenant un peu plus de six ans que l'austérité est apparue dans la vie des Grecs. Et au fil des gouvernements successifs et des 3 plans d'aide octroyés par l'Union européenne et le FMI, les restrictions des dépenses publiques et les hausses des taxes sont d'autant plus durement ressentis que le résultat parait de plus en plus improbable. Cette politique mise en oeuvre pour résorber les déficits publics et à terme éponger la dette publique a surtout alourdi les déséquilibres. La dette de la Grèce culminera cette année à un sommet équivalent à 200% de son produit intérieur brut.

Avec la réforme des retraites qui a motivé l'appel à la grève générale, les bailleurs estiment que la Grèce pourra faire des économies substantielles.

1% de son PIB, cela représente 1,8 milliard d'euros par an. Pour y parvenir? le gouvernement grec a présenté un projet où le plafond des pensions est abaissé de 2700 à 2300 euros par mois, et un seuil minimum mensuel de 384 euros mis en place. Le maximum peut paraitre élevé à l'aune des retraites pratiquées dans d'autres pays européens mais, dans le contexte grec, c'est un socle qui permet de faire vivre parfois plusieurs ménages, les retraités et leurs enfants devenus adultes.

Pour garantir ces prestations, le gouvernement prévoit de relever les cotisations. Pour les Grecs c'est la réforme de trop, mais pour les bailleurs, le FMI en particulier, ce n'est encore pas assez. La hausse des cotisations disent ses experts va entamer la compétitivité de la Grèce, ils attendent une réforme des retraites encore plus drastique.

Cette réforme des retraites, c'est la monnaie d'échange pour obtenir  le versement d'une nouvelle tranche d'aide ?

Si un accord n'est pas trouvé, le robinet peut se refermer. Depuis le premier plan d'assistance, les bailleurs conditionnent systématiquement le versement de leur aide à de nouveaux efforts. Ainsi, la Grèce survit, mais elle s'enfonce aussi dans la crise. A l'exception des +0,7% de croissance de 2014, le pays est en récession permanente depuis 8 ans.  Cele devrait continuer cette année d'après les dernières prévisions disponibles.

Ce qui veut dire moins de recettes fiscales et donc plus de déficit public. L'austérité censée résoudre les problèmes de la Grèce est un piège. Le chômage plafonne toujours à 25% de la population active. Le contrôle des capitaux imposé depuis l'été et la hausse des taxes ont par ailleurs fait fuir les entreprises qui s'installent de plus en plus dans les pays voisins où le régime fiscal est plus clément.  L'austérité mine la confiance des consommateurs et des hommes d'affaires.

Pour sortir de cette spirale, Alexis Tsipras demande un effacement de la dette depuis son arrivée au pouvoir.

Un effacement qui s'est transformé au fil des mois en éventuelle renégociation. Mais ça bloque toujours du côté des Européens. Ils veulent bien assouplir le calendrier des remboursements, mais pas question de restructurer la dette. Ça ne passe pas sur le plan politique. Et le chantier est sans cesse remis à plus tard. Les discussions commenceront quand l'actuel passage en revue des réformes exigées sera terminé.

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