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Aujourd'hui l'économie

Les banques européennes malmenées à la Bourse

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L'action de la Deutsche Bank, a perdu 9 % hier, 40 % de sa valeur en un an.
L'action de la Deutsche Bank, a perdu 9 % hier, 40 % de sa valeur en un an. REUTERS/Kai Pfaffenbach/Files

Les Bourses sont à nouveau d'humeur baissière depuis hier lundi 8 février 2016 et ce sont surtout les banques européennes qui en font les frais.

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Toutes les grandes banques cotées en Bourse, qu'elles soient américaines ou européennes, ont plongé lundi 8 février 2016. C'est un peu le deuxième acte de la chute des cours de l'or noir. Les entreprises pétrolières ont d'abord souffert, c'est maintenant au tour des banques qui leur ont prêté de l'argent. Sont-elles assez solides pour supporter une série de défauts, se demandent les investisseurs ? Dans le doute, ils préfèrent vendre, d'où l'accès de faiblesse des titres bancaires. Mais dans le cas des établissements européens, c'est carrément une dégringolade.

L'action de la plus grande banque allemande, la Deutsche Bank, a perdu 9 % hier, 40 % de sa valeur en un an. Cela continue aujourd'hui, plusieurs titres bancaires sont restés dans le rouge. Autre voyant lumineux qui clignote sur le tableau de bord des banques européennes : les mauvaises performances de leurs obligations ; le coût de l'assurance contre le défaut s'est envolé depuis le début de l'année.

La méfiance des marchés vis-à-vis des banques européennes

Le mouvement est assez général. En Italie ou en Grèce, les banques n'ont pas terminé le grand nettoyage, d'où leurs difficultés actuelles. On a vu en décembre une banque portugaise solder les comptes de la crise de la dette. Mais il n'y a pas que les établissements des maillons faibles qui sont en difficulté. En Suisse, l'un des pays où le secteur bancaire a longtemps été une vache à lait de l'économie, l'un de ses fleurons, le Crédit Suisse, a enregistré des pertes fracassantes en 2015.

En Allemagne, où l'économie est florissante, la plus grosse banque du pays, la Deutsche Bank, a dévissé également l'an dernier, avec des pertes de 7 milliards d'euros. Ces établissements paient la facture des multiples procédures auxquelles ils ont fait face pour les abus passés. Mais ce n'est pas la seule explication. Si les investisseurs se délestent de leurs titres bancaires, c'est parce qu'ils estiment que leurs profits futurs sont entravés, voire menacés.

Des banques pénalisées par la faiblesse des taux

Comme les taux sont extrêmement bas, les banques gagnent de moins en moins d'argent en prêtant, ce qui est pourtant leur raison d'être. La BCE pratique de surcroît des taux négatifs pour les banques qui laissent dormir leurs avoirs chez elle. Et cet horizon n'est pas près de se déboucher, Mario Draghi, le président de la BCE, est fermement décidé à maintenir cette politique accommodante pour soutenir l'économie de l'Union.

Si demain les inquiétudes sur l'économie mondiale contaminent l’Europe, la situation des banques deviendra encore plus précaire. Elles feront encore moins de crédit et se retrouveront avec un stock de créances douteuses sur les bras qui pourrait bien les mettre en péril. Voilà ce qui alimente la défiance.

Comment surmonter ces épreuves

Certaines d'entre elles n'ont pas d'autre choix que de poursuivre les restructurations rendues nécessaires par la concurrence du numérique, et par les nouvelles règles mises en place après la crise de 2008.

Cela passe par des suppressions d'emplois et d'agences. C'est vrai en Allemagne, en Italie, mais aussi en France. Celles qui ont traversé la crise de l'eurozone sans trop de casse sont aujourd'hui contraintes de muer pour survivre au moment où l'environnement leur est le plus défavorable.

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