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Aujourd'hui l'économie

Après le krach, la crise ?

Audio 03:31
REUTERS/Danish Siddiqui

Nouvelle semaine noire pour les places financières. La débâcle des bourses anticipe-t-elle une nouvelle crise économique ? Cela dépend en partie de la réponse des autorités monétaires à cette dégringolade.

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C'est précisément cette question récurrente qui alimente la tempête. Porté par les interrogations sur la croissance chinoise, le vent de panique est parti d'Asie. Il s'est transformé en bourrasque avec la chute du pétrole en janvier, cette semaine les interrogations sur la solidité des banques européennes l'ont amplifié et propagé sur les marchés américains.

Aux États-Unis l'anxiété de bourses a contaminé le moral des économistes : ils sont aujourd'hui deux fois plus nombreux à redouter une récession que l'an dernier. En 2015, 10% du panel interrogé par le Wall Street Journal donnait du crédit à ce scénario, ils sont maintenant 20%.

Une angoisse qui parait décalée par rapport à la réalité de l'économie américaine.

La croissance américaine est dynamique, le marché de l'emploi en pleine forme et les Américains s'endettent gaiement pour acheter des voitures et des maisons. Mais, tout comme les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, la croissance n'est pas éternelle. La phase d'expansion dure en moyenne 6 ans aux États-Unis. Or la reprise a démarré en juin 2009, c'est-à-dire il y a un peu plus de six ans.

Même si les fondamentaux sont bons, le risque d'une rechute est plausible en terme de cycles économiques. Les subprimes ont disparu, mais de nouveaux aléas rendent l'environnement beaucoup plus incertain. C'est le cas par exemple d'un pétrole bon marché.

Au départ, la baisse des cours du brut était plutôt réjouissante pour les pays consommateurs qui ont ainsi retrouvé du pouvoir d'achat.

Et maintenant, on réalise les effets nocifs de la baisse des cours. Elle fragilise les États producteurs, leurs finances, donc leur demande en produits manufacturés. Ce n'est pas bon pour l'activité mondiale. Par ailleurs, elle met en péril les compagnies pétrolières qui peuvent faire faillite, et par extension les banques qui leur ont prêté de l'argent. Réalisant ce danger, les marchés se sont mis cette semaine à vendre les titres bancaires à tout va.

C'est vrai que les banques européennes vont beaucoup mieux qu'en 2008. Que les contraintes règlementaires les ont rendues prudentes. Mais cela ne suffit pas à rassurer les investisseurs, taraudés par une autre question : qui leur viendra en aide en cas de problème ? Certainement pas les États, les citoyens ne le supportent plus. Les fonds souverains des États pétroliers ? Ils ont été leurs fidèles actionnaires après 2008, quand le baril de brut à 100 dollars remplissait leurs coffres. Aujourd’hui ils subissent le contre-choc pétrolier et ils n'ont plus les moyens de jouer les pompiers. Une nouvelle crise du système financier est un scénario que les marchés se rejouent en boucle en ce moment.

Que font les autorités pour les rassurer ?

Et bien justement pas grand-chose. L'obsession de la banque centrale européenne, c'est de ramener de l'inflation. Et pour y parvenir, elle pratique des taux négatifs pour pénaliser les banques qui laissent dormir leur argent à francfort au lieu de le faire travailler, elle espère ainsi ranimer l'activité et par capillarité faire remonter les prix. Cette médecine expérimentale a surtout rogné la profitabilité des banques, et donc fragilisé un peu plus des établissements malmenés par la chute du pétrole. Mais la BCE n'a pour l'instant pas d'autres thérapies à proposer. Pire encore, elle n'est pas la seule dans ce cas. Les banques centrales sont de plus en plus nombreuses à recourir à ces taux négatifs qui effarent tant les investisseurs.

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