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Revue de presse française

A la Une: la crise agricole en France

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AFP

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Le phénomène ne fait que s’amplifier… « Des éleveurs en détresse », s’exclameLa Croix en première page. La Croix qui prend l’exemple de Julien, 28 ans, et de son père, éleveurs de porcs en Bretagne : « leur exploitation figure parmi les plus grandes et les plus modernes de la région. Avec son père, sa mère et deux employés roumains, ils font tourner un élevage de 640 truies – plus de trois fois la taille moyenne bretonne. (…) La ferme compte 10.000 mètres carrés de bâtiments, pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros. Elle consomme 15 tonnes d’aliment par jour et 45 mètres cubes d’eau. Ses 16.500 cochons vendus annuellement sont tous tracés par une puce… Mais elle perd environ 500 € par jour. »

Explication du père, Thierry, 54 ans : « avec l’embargo russe, les prix se sont effondrés. Il nous manque 15 centimes par kilo pour vivre correctement. Avec tous les handicaps qu’on nous impose – normes environnementales, charges, pression de la grande distribution – c’est intenable. »

Alors que faire ? Pour La Croix, Paris a raison de faire pression sur Bruxelles : « renforcer la régulation au niveau européen afin d’éviter les distorsions de concurrence ; obliger les intermédiaires – les distributeurs mais aussi les transformateurs – à davantage de transparence sur leurs marges : voilà deux leviers sur lesquels il est urgent d’agir. Mais cela ne sera pas suffisant, pointe La Croix. Il faut aussi que les consommateurs changent de regard sur les produits alimentaires. Le libéralisme européen et la grande distribution ont beaucoup de défauts, mais on ne peut contester qu’ils ont contribué à ce que le budget alimentation des Français diminue fortement. En 1960, celui-ci représentait 35 % des dépenses de consommation des ménages. En 2014, cette part était tombée à 20 %. Et on entend rarement quelqu’un s’en plaindre. »

Alors, estime La Croix, « pour que demain l’agriculture française puisse vivre, il faut aussi que les ménages français acceptent de payer leurs aliments un peu plus cher. Cela pourra être le cas à deux conditions. La première est de savoir ce qu’ils achètent et, de ce point de vue, la FNSEA a raison de demander à Bruxelles la possibilité d’un étiquetage d’origine. La seconde est que nos agriculteurs fassent eux-mêmes franchement le pari de la qualité plutôt que de la quantité. »

En attendant, la partie de bras de fer se poursuit, relève Le Figaro… « Pas de nouvelle mesure pour la viande porcine. Stéphane Le Foll est revenu bredouille hier du conseil agricole de Bruxelles et son échec risque d’attiser la colère des éleveurs français qui ont encore mené des actions, ce lundi, notamment à Vannes et à Caen. Malgré le coup de gueule du Premier ministre Manuel Valls contre la Commission européenne, pointe encore le journal, le gouvernement français n’a rien de tangible à annoncer pour désamorcer la crise avant l’ouverture du Salon de l’agriculture le 27 février. »

A la Une encore et toujours le conflit syrien… avec là aussi, l’Europe sur la sellette. « Syrie : l’Europe impuissante face à Poutine », s’exclame Le Mondeen première page. Le Monde qui nous fait un résumé des épisodes précédents. « La conférence de Munich, qui rassemble chaque année les responsables de la défense et de la politique étrangère transatlantiques, avait pourtant commencé sur une note d’espoir, avec la conclusion, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, d’un accord, entre les principaux acteurs dans le dossier syrien, sur un arrêt temporaire des combats dans un délai d’une semaine. Les chefs de la diplomatie américain et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, devaient superviser sa mise en œuvre. Mais, constate le quotidien du soir, la virulence des échanges publics entre Occidentaux et Russes pendant les deux jours qui ont suivi, la poursuite des bombardements russes en Syrie et les références constantes au retour de la guerre froide ont balayé ces espoirs. L’irruption de la Turquie dans les combats, samedi soir, a fourni le point d’orgue au pessimisme général. »

Du coup, c’est une lourde défaite pour l’Europe, souligne Libération. Car, d’une part, explique le journal, « l’anéantissement de la rébellion à Alep (par les forces de Damas appuyées par la Russie) aura des conséquences graves et directes pour l’Union européenne. Les dizaines de milliers de civils syriens entassés à la frontière turque fuient avant tout les soudards du régime et les bombes russes. La chute d’Alep renforcerait encore cet exode. Quels que soient les efforts déployés par l’UE, elle ne pourra bloquer ce nouveau flot migratoire. »

Et puis, d’autre part, poursuit Libération, « c’est la crédibilité même de l’Europe, et plus encore des Etats-Unis, qui est en jeu. A l’été 2013, malgré ses engagements, Barack Obama avait renoncé à lancer les frappes contre le régime d’Al-Assad qui avait employé l’arme chimique contre sa propre population. Il avait alors saisi l’offre de la Russie d’un démantèlement négocié de l’arsenal chimique syrien. Cette dérobade a remis Al-Assad en selle et surtout convaincu Vladimir Poutine de la faiblesse de son alter ego américain. Depuis, constate Libération, il n’a fait que pousser ses pions, en Ukraine comme au Moyen-Orient. Les sanctions et la baisse du prix du pétrole ont affaibli l’économie russe mais pas ses ambitions. L’appétit lui est venu en mangeant. L’Europe risque de se trouver bien démunie alors que Washington regarde de plus en plus vers l’Asie. »

Retour en France, avec cet attrait inédit pour la carrière de policier… « Policier : un métier qui attire de plus en plus les jeunes », constate Le Figaro qui en fait son dossier du jour. « L’effet de souffle des attentats de janvier et de novembre qui ont touché de plein fouet la conscience collective se traduit par un engouement inédit pour les forces de l’ordre. 'Du jamais-vu', assure-t-on au ministère de l’Intérieur où l’on considère, presque médusé, l’extraordinaire enthousiasme des Français pour des métiers qui faisaient naguère figure d’épouvantails pour une frange de la jeunesse. Les chiffres l’attestent, pointe Le Figaro. Le concours exceptionnel organisé à partir du 10 mars prochain pour recruter 2.801 gardiens de la paix afin de faire face à la menace terroriste a recensé un nombre record de 35.464 candidatures en quatre semaines, entre la fin décembre et la fin janvier. Soit une augmentation de 50 % des vocations par rapport au concours de septembre 2014. »

Enfin, trois mois après l’attentat au Bataclan, le groupe Eagles of Death Metal joue ce soir à Paris à l’Olympia… Tous les survivants du drame ont été invités. On ne sait pas combien d’entre eux seront présents. Le Parisien a rencontré 6 de ces rescapés qui veulent absolument y aller. Commentaire de Thierry, 51 ans : « Si je n’y vais pas, ça veut dire que les terroristes auront gagné. »

« Je veux revivre les 45 premières minutes du concert du 13 novembre, affirme Lydia 27 ans, mais pas la suite, que ça se termine bien, pour que mon cerveau comprenne qu'il n'est plus en danger. Ça fait vraiment partie du travail de reconstruction. »

Enfin, Lionel, 43 ans : « moi aussi, dit-il, je veux finir cette soirée. »

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