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Aujourd'hui l'économie

La suppression des aides sociales, l’enjeu contesté du Brexit

Audio 03:13
Le Premier ministre britannique David Cameron (à gauche) aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk, le 18 février 2016.
Le Premier ministre britannique David Cameron (à gauche) aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk, le 18 février 2016. REUTERS/Yves Herman

Le Brexit est le principal sujet abordé au sommet européen qui commence ce jeudi à Bruxelles. Pour convaincre ses concitoyens de rester dans l’Union Européenne David Cameron veut obtenir le droit de supprimer les allocations pour les nouveaux migrants européens, le premier ministre britannique espère ainsi assécher l'immigration. Une fausse route selon les économistes.

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Cette idée émane du très populaire parti anti-européen Ukip. C'est donc surtout pour récupérer les voix Ukip que David Cameron a fait de cette dérogation la mesure phare des négociations avec les 28. Aujourd'hui en Grande Bretagne, un salarié faiblement payé ou un chômeur reçoit automatiquement un complément de revenu de l'État, dénommé tax credit, il peut aussi bénéficier d'une aide au logement et d'allocations familiales

Selon David Cameron, supprimer ces avantages sociaux pendant 4 ans pour les nouveaux arrivants européens devrait rapidement dissuader les candidats à l'immigration. On fait d'une pierre deux coups : on baisse la pression migratoire et on allège les dépenses publiques.

Un calcul contesté par plusieurs études, y compris au sein du Trésor public britannique

Globalement, les 2 700 000 Européens installés outre-Manche sont des contributeurs nets aux finances publiques. Au lieu de creuser le déficit britannique, ils le comblent en apportant chaque année 20 milliards de livres de recettes nettes, soit 25 milliards d'euros, selon le rapport du University College London.

Quant à l'impact sur l'immigration, même le bureau chargé de contrôler la responsabilité budgétaire en doute. D'abord parce que relativement peu de migrants européens bénéficient aujourd'hui des prestations remises en cause. 10 % seulement en font la demande. Cela tient au profil des nouveaux migrants : ils viennent d'abord parce qu'ils n'ont plus de travail chez eux et non pour bénéficier d'une couverture sociale. Ensuite, la plupart sont jeunes et célibataires et donc pas vraiment concernés par les allocations familiales.

Le gouvernement britannique prévoit par ailleurs de relever le salaire minimum, une décision qui aura aussi des conséquences sur l'immigration

Des conséquences positives ou négatives sur les flux migratoires, on ne le sait pas encore. Seule certitude : l’effet de la hausse du Smic sera de toute façon plus sensible que la suppression des aides sociales. Le Smic sera graduellement relevé à partir du premier avril prochain pour atteindre 9 livres en 2020, soit 11,57 euros. C'est bien au-dessus du Smic actuel français. Cela risque de faire disparaitre des centaines de milliers d'emplois dans les secteurs où les marges sont faibles, et entrainer dans un premier temps un chômage élevé parmi les migrants, car ils sont de plus en plus nombreux à occuper les postes à bas salaires.

En 1999 quand le Smic est mis en place au Royaume-Uni, les immigrants occupent 7 % des emplois concernés. Aujourd'hui ils sont 16 %. Inversement certains économistes pensent que la perspective d'un salaire plus élevé attirera davantage de migrants des pays d'Europe de l'Est. En 2004 les Polonais qui ont tout quitté pour venir travailler au Royaume-Uni cherchaient d'abord à améliorer leur niveau de vie.

Enfin ce Smic surévalué s'appliquera seulement au plus de 25 ans. Conséquence, les employeurs pourraient privilégier l'embauche des plus jeunes, là encore cela créerait un appel d'air dopant l'immigration européenne.
 


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Uber en difficulté en Chine

Le chantre de la voiture de tourisme avec chauffeur via internet perd un milliard de dollars par an dans ce pays à cause de la concurrence de son rival local : Didi Kuaidi. Lui aussi perd de l'argent, mais l'enjeu, le plus grand marché au monde en vaut en la chandelle. C'est pourquoi Uber présent dans 40 villes chinoises compte s'étendre dans une centaine d'autres d'ici la fin de l'année.

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