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Reportage Afrique

Afrique du Sud: procès des meurtriers de Nokuthula, militante de l'ANC disparue

Audio 02:34
Ernestina Simelane, tenant  la photo de sa fille Nokuthula Simelane, militante de l'ANC disparue.
Ernestina Simelane, tenant la photo de sa fille Nokuthula Simelane, militante de l'ANC disparue. RFI/Alexandra Brangeon

En Afrique du Sud, vingt ans après la fin de l’apartheid, la justice rouvre des dossiers sensibles. Cette semaine s’est ouvert le procès de quatre anciens policiers, trois blancs et un noir, accusés d’avoir kidnappé et tué une jeune femme, Nokuthula Simelane, militante de l'ANC en 1983.  

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De notre correspondante à Johannesburg,

Nokuthula avait 23 ans quand elle a disparu en septembre 1983.
Elle était étudiante à l’université du Swaziland et transportait des messages pour la branche armée de l’ANC. Quelques semaines avant d’obtenir son diplôme, sa famille a perdu tout contact avec elle.

Aujourd’hui sa mère Ernestina a toujours son diplôme accroché au mur dans la maison familiale à Bethal. « Nous sommes même allés au Swaziland le jour de la remise des diplômes. C’était la seule à recevoir un diplôme alors qu’elle n’était pas là. J’ai demandé à toutes ses amis : quand est-ce que vous avez vu Nokuthula pour la dernière fois ? où est-elle ?
Nous ne savons pas où elle se trouve ... et je pleurais.
Ensuite j’ai commencé à chercher partout, au Swaziland et ailleurs, je suis même allée au Botswana pour essayer d’avoir des informations
. »

Pendant plus de dix ans ses parents l’ont cherchée, pensant qu’elle s’était réfugiée à l’étranger car elle était recherchée par la police sud-africaine. Ce n’est qu’en 1995, soit un an après la fin de l’apartheid qu’ils ont découvert la vérité.

Leur fille a été kidnappée et torturée par une unité spéciale de la police.
En échange d’une amnistie, des policiers ont avoué devant la Commission Vérité et Réconciliation mise en place par l’ex-président Nelson Mandela.

Mais pour Thembi, la sœur de Nokuthula, cette commission chargée d’enquêter les crimes politiques sous l’apartheid, n’est pas allée suffisamment loin.
« Nous avons appris pendant les audiences de la Commission comment elle a été arrêtée, où elle a été kidnappée, comment elle a été torturée. Mais ça ne s’arrête pas là. Nous voulons savoir ce qui lui est arrivé.
Et 33 ans ça été très long pour ma mère.
Je ne devrais pas aujourd’hui avoir à essuyer les larmes de ma mère, elle devrait avoir fait le deuil. Mais elle ne peut pas. Elle vit avec cette souffrance tous les jours.
Ils doivent être traduits en justice
. »

Depuis la famille se bat pour que justice soit rendue. Elle veut que les policiers soient poursuivis. Mais surtout la mère, Ernestina, veut savoir comment est décédée sa fille et où se trouve son corps.
« Ce qui m’inquiète le plus, c’est de ne pas savoir
Comment est-ce que je peux les croire alors qu’ils racontent différentes histoires ?
A la Commission certains disaient une chose, d’autres disaient qu’elle était morte. Quelle est la vérité ? Ce n’est pas facile d’oublier quand vous ne savez pas ce qu’il s’est passé.
Si je pouvais savoir et s’ils étaient prêt à me dire toute la vérité, peut-être que je pourrais leur pardonner, peut-être.
»

Ces quatre policiers - trois Blancs et un Noir- comparaissent ce vendredi 26 février pour le meurtre de Nokuthula Simelane en septembre 1983. Ils ont nié lors de l'audience mais le procès pourrait durer des mois.
Ces quatre policiers - trois Blancs et un Noir- comparaissent ce vendredi 26 février pour le meurtre de Nokuthula Simelane en septembre 1983. Ils ont nié lors de l'audience mais le procès pourrait durer des mois. RFI/Alexandra Brangeon

Tout comme Nokuthula, des centaines, voire même des milliers de personnes ont disparus ou ont été victimes de torture pendant l’apartheid.
Et les responsables n’ont jamais été poursuivis.

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