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Ubisoft résiste à Vivendi, une bataille bien réelle dans l’industrie du jeu

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Le jeu Assassins creed, Ubisoft.
Le jeu Assassins creed, Ubisoft. © Ubisoft

Le champion français du jeu vidéo Ubisoft multiplie les initiatives pour résister à l'offensive boursière de Vivendi. Cette semaine il a marqué des points en lançant avec succès un nouvel opus baptisé The division.

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Ubisoft claironne que ses records de vente sur 24 heures ont été battus avec ce jeu, sans pour autant donner le détail des chiffres. L'éditeur pense en écouler 15 millions d'exemplaires dans l'année qui vient, c'est-à-dire beaucoup plus que son plus grand succès précédent, Assassin's Creed. Selon le fondateur, l'un des frères Guillemot, ce lancement réussi est une nouvelle preuve de la vitalité et de la viabilité du modèle Ubisoft. La société a émergé dans cette industrie avec les Lapins crétins, elle est devenue incontournable avec Assassin’s Creed et plus récemment Watch Dogs. Mais elle n'a pas encore la taille de ses concurrentes américaines, c'est pourquoi elle pourrait très rapidement tombée dans l'escarcelle de la multinationale des médias Vivendi que dirige Vincent Bolloré.

Pourquoi Vivendi s'intéresse à Ubisoft ?

La maitrise des contenus est un axe indispensable pour un groupe qui a surtout les tuyaux: Dailymotion sur internet et Canal pour le petit écran. Vivendi au temps de sa splendeur avait une participation dans le poids lourd américain du secteur, Activision Blizzard qu'il a diminué pour faire face à son surendettement. En janvier il a liquidé ces derniers titres pour ensuite monter au capital d'Ubisoft et lancer une offre publique d'achat sur la petite soeur Gameloft. Cette dernière propose des jeux sur les supports mobiles. Invasion et OPA rejetée par les fondateurs des deux sociétés. Avec 9% seulement du capital d'Ubisoft, ils gèrent l'entreprise à leur guise et entendent bien conserver leur indépendance.

Les frères Guillemot prétendent que Vivendi fera fuir les créatifs de la société

C'est vrai que les fondateurs et leurs équipes réparties dans une vingtaine de pays à travers le monde ont l'habitude de prendre des paris audacieux, qu'un grand groupe soucieux de ses résultats financiers pourrait bloquer. Pour l'adaptation du jeu Far Cry à la période préhistorique, ils ont par exemple demandé à des linguistes de créer trois langues primitives installées dans la version Far Cry Primal pour rendre l'univers encore plus immersif disent les connaisseurs. L'autre grand reproche fait par Ubisoft à Vivendi c'est sa taille: bien trop petite par rapport aux ambitions de l'éditeur. Les studios Canal sont européens et Ubisoft a besoin d'un acteur de taille mondiale comme la Centuryfox avec qui il vient de réaliser une adaptation cinéma d'Assassin's Creed. Pareil sur internet où Ubisoft en passant par Daily Motion se priverait de YouTube, l'un des canaux préférés des joueurs.

Ubisoft parviendra-t-il à échapper à Vivendi ?

Il lui faut pour cela avoir d'excellents résultats, il s'y emploie chaque jour, mais il y a encore de la route à faire. Les concurrents sont pour le moment beaucoup plus rentables. Il lui faut aussi convaincre ses actionnaires, des fonds américains, de le soutenir. Ou bien trouver un autre puissant chevalier blanc. La bataille est loin d'être finie. Elle a le mérite de faire monter le cours des actions. Et c'est aussi une chance pour Ubisoft, car un prix trop élevé pourrait calmer les ardeurs de Vivendi.

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