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Une batterie «origami» en papier

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La batterie en papier s’inspire des techniques de pliage origami que tous les enfants connaissent.
La batterie en papier s’inspire des techniques de pliage origami que tous les enfants connaissent. Ecofolio

Un chercheur américain a mis au point une batterie en papier qui s’inspire des techniques de pliage de l’origami, fonctionnant avec un peu d’eau sale saupoudrée avec des bactéries. L’activité électrogène des microbes permet ainsi d’obtenir un faible courant.

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Rediffusion du 25/07/2014

Qui n’a jamais fabriqué dans sa vie, pour tromper l’ennui, une cocotte en papier ? Ce pliage savant qui est bien connu de tous les enfants et de leurs parents représentait autrefois, symboliquement, une poule. Les premiers pliages, qui étaient destinés à l'emballage des médicaments et des aromates ou utilisés lors des rituels religieux, se sont métamorphosés en art populaire  dans la Chine du VIe siècle. Un passe temps qui a fortement séduit ensuite les Japonais. La grue nipponne origami est même devenue le symbole de paix du pays, et selon la légende, « quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé ».

La technique ancestrale du pliage intéresse depuis longtemps les scientifiques, notamment pour concevoir des batteries de smartphones souples ou des micro-robots capables de se déformer dans tous les sens. L’idée est aujourd’hui reprise par un ingénieur américain de l’université de Binghamton, à New-York, qui a conçu un nouveau type de pile électrique. Entièrement en papier, elle fonctionne avec quelques gouttes d’eaux usées où barbotent des bactéries. 

Une fois pliée, compressée et bien chiffonnée, sa batterie n’est pas plus grosse qu’une boîte d’allumettes. Bon ! Son rendement n’est pas vraiment extraordinaire, et ne délivre que quelques microwatts seulement, assez pour alimenter un biocapteur, également fabriqué à base de papier. Le dispositif servirait de système de dépistage d’urgence pour diagnostiquer différentes maladies dans des régions ne disposant d’aucun accès à une source d’électricité.

100 % naturelle, la batterie n’intègre pas de nanomatériaux, « n’importe quel type de matière organique peut être une source d'un métabolisme microbien » et donc produire du courant, indique le chercheur. Idem pour le capteur qui s’emploie comme du papier buvard et absorbe par capillarité des liquides ou des fluides corporels.

Le coût de fabrication du dispositif est de quelques centimes d’euros, le scientifique espère maintenant mettre au point des modèles plus performants. Son procédé intéresse aussi les industriels pour employer les bactéries que contiennent les tout à l'égout ou les stations d’épuration comme source d’énergie. Reste toutefois un problème de taille, celui de la cocotte en papier géante qu’il faudra soigneusement plier afin de parvenir à générer des mégawatts.


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