Revue de presse Afrique

A la Une: Patrice Talon président

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Avec pratiquement les deux tiers des voix, l’homme d’affaires emporte haut la main le second tour et devient ainsi le nouveau président du Bénin. Patrice Talon a donc balayé son adversaire, l’ex-Premier ministre, Lionel Zinsou. Pourquoi ? Le quotidien La Nouvelle Tribune à Cotonou y voit deux grandes raisons. La première : « le piètre bilan du président sortant Boni Yayi, notamment son deuxième mandat maculé de scandales économico-financiers et sociaux avec des concours de recrutement décriés, a été très préjudiciable à Lionel Zinsou. Les Béninois très déçus par la gouvernance jugée hasardeuse et brouillonne du régime du président Yayi voulaient changer de cap. »

Et puis deuxième raison du succès de Talon : « la France : les entrées de Lionel Zinsou dans le milieu politique français, notamment dans la gauche et ses postes de responsabilité dans l’Hexagone, jadis éléments de fierté, se sont mués en véritables obstacles. Pour la plupart des Béninois, et Patrice Talon l’a dit haut et fort lors du débat télévisé d’entre deux tours, Lionel Zinsou est apparu comme un “gouverneur français” envoyé par la métropole pour surveiller de plus près ses intérêts. Ce sentiment anti-français des Africains, estime La Nouvelle Tribune, notamment des Béninois, a pesé lourd dans les urnes ce dimanche 20 mars. »

L’Observateur Paalga au Burkina a la même analyse : « si donc il n’y a pas eu match, comme on dit, entre Lionel Zinsou et Patrice Talon, c’est que le premier a pris part à la course présidentielle les jambes lestées de divers handicaps aux yeux d’une bonne part de l’électorat. Technocrate débarqué de la France et présenté, à tort ou à raison, comme le candidat de l’Hexagone, candidat imposé par le président sortant, Thomas Yayi Boni, pour contrer un ennemi juré, Talon, considéré par les caciques du parti au pouvoir comme une pièce rapportée : autant de handicaps pour ce Franco-Béninois que même la filiation avec l’ancien président Emile Zinsou, son oncle, n’a pu compenser. Et pour ne rien arranger, il paye par cette défaite les dix années de “yayisme” marqué par la corruption et la mal gouvernance. »

Alors « que va faire à présent Talon de sa victoire ?, s’interrogeAujourd’hui à Ouaga. Donner du travail aux jeunes, circonscrire une corruption devenue un sport national, sous le régime Yayi, et faire bouger les lignes ? […] Plus que des carrières, il doit construire maintenant tout un pays. On verra bien s’il parviendra à réduire les innombrables problèmes de ses compatriotes en cinq ans. »

Mais « quelle mouche les a piqués ? »

A la Une également, l’attaque jihadiste hier contre le quartier général de la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM).

« Des échanges de tirs nourris en plein cœur de Bamako, s’exclame Le Républicain. C’est arrivé hier, vers 18 h à l’hôtel Nord Sud qui abrite l’EUTM. Des assaillants armés ont, en effet, pris d’assaut l’hôtel créant une véritable panique chez les riverains. Les assaillants ont été repoussés par les militaires de l’EUTM. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer du côté de la mission européenne. Côté assaillants, un mort et deux interpellations. »

Mais « quelle mouche les a piqués ? », s’interroge le site d’information guinéen Ledjely.com. « Gagnés par une certaine folie des grandeurs et possédés par leur inextinguible soif d’horribles actions d’éclat, les jihadistes se sont cru permis d’affronter à visage découvert et sans l’effet de surprise des bases armées connues et identifiées. Ainsi, à la différence de ce qui s’est passé au Radisson Blu à Bamako, au Splendid hôtel de Ouagadougou ou à la station balnéaire de Grand-Bassam, cette fois, ce ne sont pas des civils qui sont tombés, mais bien un des assaillants. »

En tout cas, pointe encore Ledjely.com, « les terroristes ne désarment pas, ni ne se laissent impressionner. Ils demeurent déterminés à verser du sang des innocents. Cela appelle tous les pays de cette partie occidentale du continent, particulièrement ciblée ces dernières semaines, à renforcer la vigilance et à rester aux aguets. A la farouche détermination de l’ennemi, il faut opposer une détermination tout aussi farouche. »

Analyse similaire pour Le Pays au Burkina : « l’attaque de ce QG militaire est la preuve que les jihadistes n’entendent pas baisser les bras. Après les hôtels, c’est peut-être les écoles et les bases tenus par les Occidentaux et leurs alliés qui pourraient être systématiquement pris pour cibles. »

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