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Bonjour l'Europe

Le Sida en Russie

Audio 02:30
La Russie est l'un des pays où le nombre de séropositifs continue d’augmenter.
La Russie est l'un des pays où le nombre de séropositifs continue d’augmenter. REUTERS/Jason Lee
Par : Muriel Pomponne
6 mn

A Moscou, ouverture ce 24 mars de la cinquième conférence d'Onusida sur le Sida en Europe de l’Est et en Asie centrale. La Russie est avec l’Ukraine, l’Arabie Saoudite et les Émirats, un des derniers pays où le nombre de séropositifs continue d’augmenter.

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De notre correspondante à Moscou,

D’après les chiffres officiels russes, il y a un million de séropositifs recensés en Russie. Mais beaucoup de gens sont porteurs du HIV sans le savoir. Environ un Russe sur 100 est séropositif. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est que le nombre de séropositifs a doublé en 5 ans ! Et désormais ce sont les jeunes femmes hétérosexuelles - environ 2% des 30-35ans - qui sont les plus touchés.

La moitié des séropositifs sont encore des toxicomanes, mais seulement 1,5% sont des homosexuels. La ministre de la Santé estime que, si rien n’est fait, en 2020, la Russie comptera plus de 3,5 millions de séropositifs pour 150 millions d’habitants !

Le Fond global de lutte contre le sida écarté en Russie

La distribution des antiretroviraux est très variable d’une région à l’autre. Actuellement, seuls 23% des séropositifs recencés reçoivent les médicaments appropriés. Et puis il y a une dizaine d’années, la Russie a décidé de se passer de l’aide du Fond global de lutte contre le Sida. Elle a rendu 200 millions de dollars ! Mais les programmes de prévention que ce fond menait, n’ont pas été remplacés. De plus, le Sida est toujours considéré comme une maladie de marginaux. Pour les toxicomanes, il n’existe pas de programme d’échange de seringues et l’utilisation de la méthadone comme substitut de l’héroïne est interdit. Pas d’éducation sexuelle à l’école. La Russie dépense 3 roubles par personne pour la prophilaxie du Sida !

Abstinence et fidélité prônées

Cette année le budget consacré à la lutte contre le Sida a doublé passant à 40 milliards de roubles, soit environ 500 millions d’euros. La ministre de la Santé veut surtout améliorer le traitement des personnes infectées. Elle a proposé une stratégie nationale de lutte contre le Sida. Une première version du plan a été assailli de critiques. En guise de prévention, ce projet était basé sur les valeurs familiales traditionnelles, telles que l’abstinence et la fidélité.

En revanche, pas un mot sur l’éducation à la sexualité, l’emploi du préservatif ou les programmes de substitution pour les toxicomanes. Rien non plus sur la formation des personnels soignants des établissements non spécialisés, comme les dentistes par exemple. Rien évidemment sur l’information aux migrants ou aux prostitués.

Pour Vadim Pokrovski qui dirige le Centre fédéral de lutte contre le Sida, la Russie refuse de voir ce qui a marché à l’étranger. Impression confirmée par l’avis du Conseil national de sécurité, pour lequel les programmes de substitution constitue « une cinquième colonne qui mine nos méthodes traditionnelles et orthodoxe de lutte contre le sida ».

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