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Chronique des matières premières

La Chine veut se débarrasser de ses stocks de maïs

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Désormais l'administration chinoise n'achètera plus directement la récolte de maïs, mais elle subventionnera les agriculteurs
Désormais l'administration chinoise n'achètera plus directement la récolte de maïs, mais elle subventionnera les agriculteurs AFP/FRED DUFOUR

Changement majeur dans la stratégie alimentaire de la Chine, Pékin n'achètera plus de maïs aux agriculteurs chinois : les stocks de grains débordent.

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La Chine veut se débarrasser de ses stocks de maïs. A partir de l'automne, Pékin n'achètera plus la production des agriculteurs, c'est la fin d'une longue période de soutien des prix aux paysans chinois, une politique qui avait été menée au nom de la sécurité alimentaire, alors que les prix mondiaux des céréales flambaient. « Jusqu'à présent Pékin n'avait pas regardé à la dépense, mais aujourd'hui l'État chinois a sur les bras des stocks record et vieillissants », commente Pierre Bégoc d'Agritel, il revient de Chine.

Depuis plus de trois ans, en effet, le maïs chinois est délaissé : le prix auquel les autorités l'achètent aux paysans est resté très élevé (le prix chinois du maïs à la bourse de Dalian atteint 1700 yuans, 262 dollars la tonne) alors que le prix mondial s'est effondré (à 3,70 dollars le boisseau à la bourse de Chicago, soit moins de 146 dollars la tonne) ; c'est ce qui a encouragé les fournisseurs chinois d'aliment du bétail à importer massivement l'an dernier du maïs étranger ou des fourrages de substitution (orge, manioc ou sorgho).

Pour Pékin, continuer d'acheter le maïs aux agriculteurs chinois ne ferait que grossir des stocks publics évalués au minimum à 111 millions de tonnes (par les statistiques de l'USDA), plus que ce que la Chine peut consommer de maïs en un an, et plus de la moitié des stocks du monde entier.

Désormais l'administration chinoise n'achètera plus directement la récolte de maïs, mais elle subventionnera les agriculteurs. Un changement qui avait déjà été opéré pour le soja et le coton, mais pas encore pour une céréale de base. Cette stratégie pourrait bientôt s'étendre au blé et au riz. « La volonté de Pékin, c'est de moderniser l'agriculture, observe Pierre Bégoc, les agriculteurs chinois cultivent encore majoritairement sur de toutes petites surfaces, moins d'un hectare, et à grand renfort d'engrais ».

Le marché mondial des céréales s'interroge sur les conséquences de cette mutation agricole chinoise : dans un premier temps, puisque Pékin va devoir brader ses vieux stocks (40 millions de tonnes seront en vente dès le mois prochain), les importations chinoises de maïs devraient chuter. Même si cela ne représente que 3 à 5 millions de tonnes, c'est une mauvaise nouvelle pour les « farmers » américains qui ont encore planté beaucoup de maïs cette année, malgré la faiblesse des prix mondiaux : à Chicago, les cours sont moitié moins élevés qu'en 2012.

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