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Revue de presse Afrique

A la Une: rebondissement dans l’affaire du bombardement de Bouaké

Audio 03:59
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Avec un nouveau témoignage qui vient s’ajouter à ce dossier déjà épais… Rappel des faits : le 6 novembre 2004, le bombardement du camp français de Bouaké par l’aviation ivoirienne avait coûté la vie à neuf soldats français et un Américain. Douze ans plus tard, on croyait l’instruction de l’affaire Bouaké terminée. Mais en février dernier, la juge avait sollicité le renvoi de trois anciens ministres de Jacques Chirac devant la Cour de justice de la République pour avoir entravé le travail de la justice. Un nouveau témoignage, révélé par RFI, est donc venu grossir le dossier, celui de l’homme d’affaires Jacques Dupuydauby. Ce ressortissant franco-espagnol a raconté à la juge avoir déjeuné en 2007 avec l’ancien ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, une amie de longue date. Et elle lui aurait affirmé que dans cette affaire toutes les décisions avaient été prises par son collègue, Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, et qu’en ce qui concernait l’aspect pratique et opérationnel des événements, c’était un grand groupe français qui s’en était chargé, tant en ce qui concernait les armes que les mercenaires. Jacques Dupuydauby assure que cette version lui a été confirmée début juillet 2012 par l’actuel ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Ce témoignage, qui accuse donc directement Dominique de Villepin, est repris dans de nombreux médias du continent ce matin. « Jacques Dupuydauby, ce gestionnaire de port qui veut mouiller Villepin », s’exclame L’Observateur Paalga à Ouagadougou. « Ce nouveau pavé corrobore ce que, depuis une décennie, de nombreuses sources soutenaient ou sous-entendaient, à savoir que l’attaque du camp militaire français de Bouaké n’était autre chose qu’une grossière machination de Paris pour en finir avec Gbagbo, du moins avec son arsenal qui lui permettait de tenir tête à la rébellion qui occupait le Nord de la Côte d’Ivoire. On se rappelle, en effet, la rapidité avec laquelle l’armée hexagonale avait cloué au sol les avions de chasse des forces loyalistes, en représailles à l’attaque de Bouaké. »

Le Pays, toujours au Burkina, renchérit : « il est évident que cette affaire remet au goût du jour le rôle très souvent lugubre de la France dans ses anciennes colonies. (…) Elle est illustrative du micmac, des affaires louches de la Françafrique. Elle traduit également toute l’ambiguïté de la situation de belligérance en Côte d’Ivoire pendant environ une décennie. »

Bolloré perquisitionné

Hasard ou pas ? Le nom de Jacques Dupuydauby apparaît dans une autre affaire… Celle des soupçons de corruption touchant le groupe Bolloré dans l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo. Vendredi dernier, les bureaux du groupe Bolloré, à la Défense, près de Paris, ont été perquisitionnés.

Le site d’information IciLomé rappelle que « la société Progosa de Jacques Dupuydauby avait été évincée en 2010 de la gestion du port autonome de Lomé au profit du groupe Bolloré. La justice togolaise avait même émis un mandat d’arrêt international pour fraudes massives et détournement de fonds contre Jacques Dupuydauby. Et le patron du groupe Progosa avait dû précipitamment quitter le Togo pour s’installer sur sa terre natale à Séville en Espagne. Ses sociétés SE2M et SE3M avaient été placées sous administration provisoire confiée à un proche de… Vincent Bolloré ! »

Alors, s’interroge IciLomé, au vu des révélations tous azimuts de Jacques Dupuydauby, « l’heure de la vengeance a-t-elle sonné pour le franco-espagnol ? A-t-il mis ses menaces à exécution ? En tout cas, l’enquête sur le flou qui entoure les concessions des ports africains à Vincent Bolloré annonce le grand déballage, affirme le site togolais. Cette affaire fera certainement des vagues jusqu’au Palais présidentiel de Lomé. »

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