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Invité Afrique

Deby réélu au Tchad: Mahamat Hissein (pouvoir)-Madtoïngué Bénelngar (opposition)

Audio 07:12
Un homme se repose devant une affiche de campagne du président tchadien Idriss Déby Itno, à N'djamena, le 12 avril 2016, deux jours après le premier tour de l'élection présidentielle.
Un homme se repose devant une affiche de campagne du président tchadien Idriss Déby Itno, à N'djamena, le 12 avril 2016, deux jours après le premier tour de l'élection présidentielle. ISSOUF SANOGO / AFP
Par : Michel Arseneault Suivre | Madjiasra Nako

Au Tchad, selon les résultats provisoires communiqués par la CENI hier soir, Idriss Deby Itno, le président sortant devrait rempiler pour un nouveau mandat. Il aurait remporté cette élection dès le 1er tour avec 61,56% de voix. Satisfaction et réjouissance pour les partisans de la majorité. Un sentiment que traduit Mahamat Hissein, porte-parole du président Idriss Déby. Dans les rangs de l'opposition tchadienne, la déception est vive. Madtoïngué Bénelngar est le directeur de campagne de Gali Ngoté Gatta, un candidat qui n'a obtenu 1% des voix. Sa première réaction, hier soir, en fut une, dit-il, de surprise. Madtoïngué Bénelngar s‘exprime au micro de Michel Arseneault. Les huit candidats qui avaient dénoncé, avant même la proclamation des résultats, le « hold up » électoral du MPS, le parti au pouvoir, doivent se réunir ce vendredi matin pour décider de la suite des événements.

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Dans le camp de la majorité, c'est bien évidemment la satisfaction...

►Mahamat Hissein, porte-parole du président Idriss Déby Itno

TCHAD/ INVITE AFRIQUE 1 - Mahamat Hissein ( Pouvoir)

RFI : Mahamat Hissein, comment est-ce que vous réagissez à la victoire de votre candidat au premier tour chaos comme annoncé ?

Mahamat Hissein : La joie, quand même. Nous avons programmé cette victoire au premier tour, nous avons conçu une stratégie pour y arriver et notre stratégie a marché. Donc on ne peut qu’être satisfait.

Tout de même, on a vu que sur les scores, le candidat Deby a reculé au vu des scores de 2011 et 2006. Comment est-ce que vous expliquez cela ?

Il a reculé en pourcentage. Mais en nombre de voix, il a plutôt amélioré son score. Parce qu’en 2006 et 2011, il y a eu beaucoup de gens qui se sont retirés de l’élection, on a été avec très peu de candidats et ça a fait une démobilisation de l’électorat. Aujourd’hui, il y a eu de la concurrence, ça nous a stimulés. Ça a stimulé d’abord nos militants et aussi les citoyens qui ne sont pas affiliés au parti politique et ça a donné un plus grand nombre d’électeurs et une forte participation.

Tout de même, comme vous le dites, il y a eu une très, très forte contestation de cette réélection à un 5e mandat. Pour le MPS les semaines à venir ce sera quoi ? Du dialogue politique ou bien du contentieux postélectoral ?

Nous, nous ne provoquons pas de contentieux. Si quelqu’un a un contentieux, il va vers le Conseil constitutionnel. Nous avons un programme que nous voulons mettre en application et après confirmation de notre victoire c’est ce que nous allons faire.

Idriss Deby est battu dans deux bassins électoraux, comme le grand Mayo-Kebbi, et les deux Logones occidentales et orientales.

Ce sont les bastions d’autres candidats. Mais nous avons un score honorable. Dans ces régions, nous avons amélioré notre score. Les candidats, selon leur plan qu’ils ont développé dans des journaux, à la radio, pendant la campagne, ils pensaient qu’on n’allait pas arriver à 11% dans ces régions. Or nous sommes largement au-dessus des 11%. Notre score le plus faible au Logone occidental c’était 16%. Ailleurs, nous avons dépassé les 20%.

L’opposition dit qu’elle s’apprête à mettre en place un gouvernement de salut national parce qu’il était hors de question d’un passage au premier tour. Comment est-ce que vous réagissez à cela ?

Nous n’avons même pas besoin de réagir. Ils vont se rendre compte qu’ils sont dans la l’illégalité d’abord et que personne ne va les suivre. Si avec 30% n’importe qui peut être président, je crois qu’il y aurait beaucoup de présidents en Afrique ! Donc nous, on ne s’inquiète pas du tout de ça. On se dit : c’est un jeu. Ils veulent nous ramener tout le temps dans des négociations, ils veulent tout le temps attirer la communauté internationale au secours. Nous ne tomberons pas dans ce piège.

Pour vous, il n’y aura pas de dialogue politique ?

Dialogue… Ce n’est pas nous qui sommes demandeurs. S’ils sont disponibles pour contribuer, ils n’ont qu’à mettre sur la table ce qu’ils ont à nous proposer. Mais tant que nous n’avons pas de proposition de leur part on ne va pas comme ça, dire : même si on a gagné, on vous donne la moitié. Non. On est parti, on s’est battus à la régulière et on est vainqueurs. Donc le vainqueur a le droit de diriger.

► Madtoïngué Bénelngar est le directeur de campagne du candidat Gali Ngoté Gatta (Opposition)

Tchad / Invité Afrique 2 : Madtoïngué Bénelngar, directeur de campagne du candidat Gali Ngoté Gatta (Opposition)

RFI : RFI : Madtoïngué Bénelngar, comment réagissez-vous à ces résultats ?

Madtoïngué Bénelngar : C’était d’abord un étonnement par rapport aux attentes de la population tchadienne, parce que nous nous attendons au second tour, parce qu’aucun des candidats – les treize pour ne pas dire quatorze, il y en a un qui a jeté l’éponge – aucun de ces treize candidats ne peut se permettre le luxe de dire qu’il peut remporter cette élection au premier tour. Alors que voilà la réalité, le hold-up électoral est là. L’engouement du peuple tchadien pour le changement ne peut être une réalité, dès lors que le MPS a fabriqué à travers sa machine bien huilée, pour obtenir un score de 61%. Quand vous vous rendez compte du vote sanction que le peuple tchadien a fait en élisant dans chaque fief le candidat de l’opposition et que la globalité des résultats devrait normalement les amener au second tour. Deby a peur du second tour et il voulait passer par la force. Il vient de le confirmer aux yeux du monde. Nous nous demandons est-ce que sa visibilité sous-régionale et internationale dont la lutte était soutenue par certains partenaires que je ne pouvais citer, même si j’ai cette audace de les citer, comme la France nous étonne, puisque la France est si silencieuse, que nous lui demandons réellement ce qui se trame en sourdine.

Est-ce que vous regrettez d’avoir participé ? Est-ce que vous regrettez d’avoir fait campagne ?

Nous ne regrettons pas d’avoir participé. Nous avons dit que nous allons continuer puisqu’il y a l’engouement du peuple au changement qui est là et en tant qu’acteur politique il faut l’accompagner. C’est ce que nous avons fait en présentant les douze candidats, ceux qui ont fait des scores dans leurs fiefs, ce qui normalement doit les amener au deuxième tour. Et dans le deuxième tour, mathématiquement, Deby ne devrait même pas figurer parmi les trois premiers. Mais c’est un monsieur qui a trop peur du second tour et il a une machine qui est là, au niveau de la Céni il a ses hommes, au niveau de la Cour constitutionnelle il a ses hommes. Voilà où nous sommes en train de partir. C’est-à-dire après vingt-cinq ans d’essai démocratiques, nous reculons encore de cinquante ans.

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