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Chronique des matières premières

A Madagascar, la vanille blanchit le bois de rose et perd en qualité

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La «Vanilla planifolia», la principale espèce d'orchidée utilisée pour produire la vanille, a besoin d'un climat tropical et de supports ombragés pour pousser.
La «Vanilla planifolia», la principale espèce d'orchidée utilisée pour produire la vanille, a besoin d'un climat tropical et de supports ombragés pour pousser. Domaine public/ Everglades National Park

La vanille est devenue précieuse à Madagascar, d'autant qu'elle sert à blanchir l'argent du bois de rose illégal. Par peur de se faire voler leurs gousses de vanille, les paysans les récoltent trop tôt, la qualité n'est plus au rendez-vous. Une tendance qui pourrait au bout du compte être fatale aux prix.

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A Madagascar la vanille perd en qualité et le gouvernement s'en inquiète. La vanille n'a pourtant jamais été aussi valorisée sur le marché international depuis plus de dix ans : les gousses de qualité gastronomique s'achètent jusqu'à 220 dollars le kilo, deux à trois fois plus qu'il y a un an ! La récolte de Madagascar, qui fournit la moitié de la vanille naturelle mondiale, était moins importante en 2015, ce qui a dopé les prix. La vanille est aussi devenue un produit de spéculation sur la Grande Ile depuis que les vendeurs de bois de rose malgache, exporté illégalement en Chine, blanchissent l’argent qu’ils en tirent en achetant de la vanille. Avec cette envolée des prix ininterrompue depuis 2012, les centaines de milliers de petits producteurs malgaches craignent de se faire voler les gousses vertes, alors ils les récoltent à peine matures et se dépêchent de les vendre mal séchées ; à l'arrivée le taux de vanilline est décevant pour les acheteurs.

Difficile de contrôler la qualité lorsque les gousses sont emballées sous vide, une pratique qui s'est généralisée à Madagascar. Alors le gouvernement vient d'interdire ce type d'emballage à l'export, plusieurs centaines de kilos de gousses vertes ont même été brûlées. Il en va de l'avenir de la vanille malgache, dont la part de marché pourrait dégringoler dans les années à venir. Les prix très élevés ont encouragé le redémarrage de cette culture en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et même en Inde, où elle n'était plus rentable entre 2002 et 2012. Il faut trois ans avant que la vanille puisse produire. 2017 et 2018 pourraient voir débouler une production asiatique supplémentaire de vanille naturelle de très bonne qualité, et donc voir s'effondrer les prix. D'autant que les débouchés mondiaux, fabricants de glace et autres, commencent à se tourner de nouveau non pas vers la vanille synthétique mais des arômes naturels à base de riz qui ressemblent étrangement à la vanille de Madagascar.

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